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La Communauté des Bannis [Première partie]

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

La Communauté des Bannis

Fiction historique

 

Première partie

 

La préhistoire est une période qui cache encore de nombreux secrets. C’est à coup sûr un moment charnière, crucial pour l’humanité. En qualité de chercheur associé au Musée de l’Homme, à Paris, j’ai eu accès à de nombreux spécimens dissimulés encore au grand public et à bien des travaux, que tous ignorent. Les dernières hypothèses en cours sont stupéfiantes. Les hommes d’antan semblent dépasser en réalisations et en potentialités toutes les histoires de science-fiction qui fascinent les jeunes générations d'aujourd’hui.

Il faut bien savoir que de nombreuses peuplades, vivant à cette époque, présentaient des caractéristiques, des coutumes, des pratiques et, pourrait-on dire, un art de vivre dont nul n’a idée aujourd’hui. Tout cela a disparu ou reste dans les placards des bibliothèques et les rayonnages des musées. Un peuple, en particulier, m’a particulièrement intéressé. Naturellement, nul ne s’en doute mais des travaux approfondis m’ont permis de dissiper bien des mystères le concernant. Ce peuple peu connu et qui le restera, à l’évidence, pour un moment, c’est la Communauté des Bannis.

Voici un écrit qui restera privé pour l’instant et qui résume le devenir et les aléas de ces peuplades de l’ombre. J’ai choisi le genre narratif pour les exhumer de leur tombeau temporel. C’est la forme qui leur convient le mieux. En effet, ces peuples étaient humains et ses membres, nos semblables. C’est un peu de leur âme que je veux ressusciter.

......

Le jour se levait sur le peuple des Noöujs. C’était un groupe d’individus nomades de la préhistoire qui se déplaçait sans cesse dans les vastes plaines qui constituaient son habitat. Leurs tentes de fortune battaient dans le vent froid. La mauvaise saison commençait. La vie deviendrait encore plus difficile que d’ordinaire. Les privations seraient insupportables pour beaucoup et le groupe s’étiolerait irrésistiblement, perdant ses forces vives.

Il était donc nécessaire, comme chaque année, de prendre ses précautions et d’éliminer sans attendre et sans pitié les bouches inutiles qui deviendraient encore plus lourdes à porter par tous. Le dieu Hiver ne connaissait pas la pitié. Il fallait l’imiter. Le grand UlioR, chef naturel du groupe, convoqua l’Assemblée des Forts. De leur côté, le conseil des Sages se réunit dans le plus grand secret pour décider qui devait être exclu. Quatre noms furent cités, quatre membres du groupe seraient rejetés du fait de leur faiblesse ou de leur inutilité à la collectivité : trois hommes et une femme.

Les hommes étaient UliR, MonG et JauTris. Les deux premiers devenaient trop vieux pour se rendre utiles, le troisième, jeune encore, s’était blessé à la chasse et n’avait plus de mobilité : il perdait l’usage de ses jambes. La femme, BiGeïaa, stérile depuis toujours, se rendait maintenant en plus coupable de manquer à ses devoirs les plus élémentaires : elle devenait progressivement aveugle. Au cours d’une brève cérémonie de purification, les bannis furent officiellement exclus du groupe. Il leur fut recommandé de se laisser mourir sous un arbre sans résister. La nature leur pardonnerait peut-être d’encombrer le monde des Forts. Ces poids morts furent menés aux quatre coins de la contrée et abandonnés, nus, sans la moindre ressource ni vêtement.

Ce soir-là, les bannis connurent l’effroi de l’abandon et la peur de la mort. Chacun de son côté, isolés, tremblants, ils virent les étoiles se lever sur leur désespoir. Le matin ne leur apporta nul répit. Comment aurait-il pu en être autrement ? Ils se mirent à errer dans le froid de l’aube à la recherche d’un peu d’eau ou de nourriture, proies parmi les proies. Au bout d’une heure d’errance environ, UliR eut la surprise de se trouver face à quelques humains qui lui souriaient avec gentillesse et compréhension. Après la première minute de terreur et quelques explications, il comprit la situation : il avait en face de lui d’anciens bannis du peuple des Noöujs. Ils s’étaient regroupés et avaient constitués une nouvelle communauté, fièrement nommée l’Assemblée des Bannis.

 

(À suivre…)

Modifié par Alba

Posté(e)
  • Semeur d’échos

J'ai beaucoup aimé cette fiction historique, Alba. Il est vrai qu'il y avait des bannissements dans les sociétés de chasseurs - cueilleurs. Cependant, l'exclusion pour faiblesse physique ou handicap n'était pas la règle. ( bien, heureusement)

Des squelettes de Néandertal avec des fractures ou des maladies graves ont été retrouvés. Les individus ont été soignés et ont survécu longtemps alors qu'ils n'auraient pas pu vivre seuls. L'humanité était déjà là.

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci, Sophie, pour ta lecture et ton commentaire intéressant !

Ce texte est une fiction, quoique, à la réflexion, nos sociétés sont toutes composées d'individus doués et d'autres moins privilégiés. Les uns soutiennent les autres, à moins que ce ne soit l'inverse...

L'entraide, sociétale ou familiale, existe encore un peu, heureusement (je suis bien placée pour le savoir, je suis aidante à temps plein !).

(¬‿¬)

Finalement, l'utopie est partout !

( ͡°_ʖ ~)

Modifié par Alba

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Je crois aux actions individuelles.... elles permettent de croire encore à l'humain.

Heureusement qu'elles existent.... Elles sont si nécessaires et ces actions comblent bien des inactions ou des manques de la société.

Modifié par Sophie

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

"Inactions ou manques", dis-tu, Sophie. Hélas ! À travers les mailles des états démocratiques, se faufilent bien des méfaits et germent bien des fléaux...

Les états totalitaires ont un meilleur contrôle sur leurs membres, c'est certain, oui, mais voilà, ce sont des états totalitaires. Et qui en voudra, raisonnablement ? Les matins bruns sont de tristes matins.

Chaque médaille a son revers...

ヘ(* 。* ヘ)

Posté(e)
Il y a 20 heures, Alba a écrit :

La Communauté des Bannis

Fiction historique

 

Première partie

 

La préhistoire est une période qui cache encore de nombreux secrets. C’est à coup sûr un moment charnière, crucial pour l’humanité. En qualité de chercheur associé au Musée de l’Homme, à Paris, j’ai eu accès à de nombreux spécimens dissimulés encore au grand public et à bien des travaux, que tous ignorent. Les dernières hypothèses en cours sont stupéfiantes. Les hommes d’antan semblent dépasser en réalisations et en potentialités toutes les histoires de science-fiction qui fascinent les jeunes générations d'aujourd’hui.

Il faut bien savoir que de nombreuses peuplades, vivant à cette époque, présentaient des caractéristiques, des coutumes, des pratiques et, pourrait-on dire, un art de vivre dont nul n’a idée aujourd’hui. Tout cela a disparu ou reste dans les placards des bibliothèques et les rayonnages des musées. Un peuple, en particulier, m’a particulièrement intéressé. Naturellement, nul ne s’en doute mais des travaux approfondis m’ont permis de dissiper bien des mystères le concernant. Ce peuple peu connu et qui le restera, à l’évidence, pour un moment, c’est la Communauté des Bannis.

Voici un écrit qui restera privé pour l’instant et qui résume le devenir et les aléas de ces peuplades de l’ombre. J’ai choisi le genre narratif pour les exhumer de leur tombeau temporel. C’est la forme qui leur convient le mieux. En effet, ces peuples étaient humains et ses membres, nos semblables. C’est un peu de leur âme que je veux ressusciter.

......

Le jour se levait sur le peuple des Noöujs. C’était un groupe d’individus nomades de la préhistoire qui se déplaçait sans cesse dans les vastes plaines qui constituaient son habitat. Leurs tentes de fortune battaient dans le vent froid. La mauvaise saison commençait. La vie deviendrait encore plus difficile que d’ordinaire. Les privations seraient insupportables pour beaucoup et le groupe s’étiolerait irrésistiblement, perdant ses forces vives.

Il était donc nécessaire, comme chaque année, de prendre ses précautions et d’éliminer sans attendre et sans pitié les bouches inutiles qui deviendraient encore plus lourdes à porter par tous. Le dieu Hiver ne connaissait pas la pitié. Il fallait l’imiter. Le grand UlioR, chef naturel du groupe, convoqua l’Assemblée des Forts. De leur côté, le conseil des Sages se réunit dans le plus grand secret pour décider qui devait être exclu. Quatre noms furent cités, quatre membres du groupe seraient rejetés du fait de leur faiblesse ou de leur inutilité à la collectivité : trois hommes et une femme.

Les hommes étaient UliR, MonG et JauTris. Les deux premiers devenaient trop vieux pour se rendre utiles, le troisième, jeune encore, s’était blessé à la chasse et n’avait plus de mobilité : il perdait l’usage de ses jambes. La femme, BiGeïaa, stérile depuis toujours, se rendait maintenant en plus coupable de manquer à ses devoirs les plus élémentaires : elle devenait progressivement aveugle. Au cours d’une brève cérémonie de purification, les bannis furent officiellement exclus du groupe. Il leur fut recommandé de se laisser mourir sous un arbre sans résister. La nature leur pardonnerait peut-être d’encombrer le monde des Forts. Ces poids morts furent menés aux quatre coins de la contrée et abandonnés, nus, sans la moindre ressource ni vêtement.

Ce soir-là, les bannis connurent l’effroi de l’abandon et la peur de la mort. Chacun de son côté, isolés, tremblants, ils virent les étoiles se lever sur leur désespoir. Le matin ne leur apporta nul répit. Comment aurait-il pu en être autrement ? Ils se mirent à errer dans le froid de l’aube à la recherche d’un peu d’eau ou de nourriture, proies parmi les proies. Au bout d’une heure d’errance environ, UliR eut la surprise de se trouver face à quelques humains qui lui souriaient avec gentillesse et compréhension. Après la première minute de terreur et quelques explications, il comprit la situation : il avait en face de lui d’anciens bannis du peuple des Noöujs. Ils s’étaient regroupés et avaient constitués une nouvelle communauté, fièrement nommée l’Assemblée des Bannis.

 

(À suivre…)

Un début très intéressant qui stimule l’esprit et l’envie de connaître la suite 🤪 … mais la voici dans la foulée 😉 j’y vais de ce pas 😅 merci Alba 😃

Posté(e)

Ayant un faible pour les héros rejetés et exilés (Philoctète...), j'ai beaucoup apprécié la lecture de votre texte et j'ai hâte d'en connaître la suite.

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci beaucoup, Nâau et Nils pour vos lectures et vos commentaires!

Je suis ravie que ma fiction historique ait retenu votre attention. Le bannissement puis le sauvetage... Un début palpitant.

Quelle horrible société préhistorique que celle des Noöujs ! L'eugénisme au pouvoir... Heureusement, l'histoire n'est pas terminée...

(¬‿¬)

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Hi hi hi! Je subodore une fabuleuse claque idéologique aux nitzschéens!

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Tu subodores bien, Thierry, c'est le cas, en moins brutal mais en plus visionnaire !

La préhistoire est une planète éloignée qui accueille volontiers nos rêves, nos fantasmes et nos craintes. Certains se plaisent à imaginer une humanité d'avant très primitive, d'autres (un peu poètes) la dote d'une rose dans la main.

J'ai choisi la fragrance des roses...

( ͡~ ͜ʖ ͡° )

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