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Accents poétiques

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Derniers messages

  • Joailes
    Il avait vachement plu cette nuit-là et c'est pour ça qu'une expression m'est venue "il pleut comme vache qui pisse" ; c'est assez représentatif. Il tombait des cordes, des hallebardes et, pelotonnée dans ma mansarde, je me suis dit qu'il y avait de la colère dans l'air mais je n'ai rien dit, à quoi bon ? Des gens bien plus scientifiques que moi mettaient en garde chaque jour contre toutes les dégradations que l'homme commet en toute insouciance. J'en aurais trop à dire sur le sujet et quoi ? J'écrirais un énième pamphlet qui recevrait quelques lauriers mais l'inéluctable continuerait.
    Je ne peux rien faire sinon regarder la terre se fendiller, les forêts brûler ; les océans pollués me donnent le mal de mer, le mal de terre contre lequel je ne peux rien.

    Je vais au cimetière, la pluie a cessé et nous sommes d'accord, on était un peu fous sur les bords, je dois te dire encore que rien ne va plus. La folie est partout, ce n'est pas nous qui étions fous.
    Il a plu j'ai regardé l'orage seule dans ma cage, nous aimions tant la pluie ! Chaque matin quand je me lève je mets sur tes lèvres un baiser et j'enlève une à une les hallebardes plantées comme des échardes sur une terre mourante. Je t'ai apporté un peu de menthe, les acanthes ont poussé, arrosées de mes pleurs ; plus rien ne m'enchante sur les chemins de douleur.
    Le ciel redevient noir, les nuages crèvent ; là-bas sur la grève flottent des détritus et la terre n'en peut plus. Il faut que je m'apaise, tout ceci me pèse, j'ai apporté des fraises du jardin.
    Il pleut comme vache qui pisse, j'entends les sirènes de la police, il n'est point de trêve.
    Je t'ai écrit un poème, j'ai jeté les chrysanthèmes, mangeons des petits fours, je ne sais pas le jour où l'on me couchera à côté de toi, mon amour.
    Y a-t-il une vie après serons-nous moins sourds ?
    As-tu la réponse, toi qui m'a devancée ?
    Je me tue à répéter et suis toujours vivante les hommes mentent et se vantent mais sont sur les pentes du déclin.
    Prends ma main ...
    (joailes -) 13 juillet 2026 -


    Par Joailes, · Posté(e)

  • Alba
    Merci beaucoup pour cette lecture et ce commentaire si détaillé, Thierry !

    Le sonnet est une forme brève mais très exigeante, il doit déployer ses effets avec un minimum de mots.

    La disposition des rimes, l'opposition et la complémentarité entre quatrains et tercets, l'importance de la chute, éclairent sur ses ambitions : nous avons affaire à un concentré de sens et d'effets où le jeu des symétries et des échos est essentiel.

    C'est un diamant aux mille facettes et un défi pour le poète qui le pratique. C'est pour cela que cette forme poétique difficile est aussi ma forme poétique préférée.
    ( ͡^ ͜ʖ ͡^ )


    Par Alba, · Posté(e)

  • Jeep
    Toute la difficulté de la séparation se lit dans les derniers vers d’un poème consacré au souvenir d’un amour passé, mais ce résumé ne dit pas la haute poésie de l’ensemble du texte.

    Par Jeep, · Posté(e)

  • Joailes
    J'ai savouré chaque mot, je suis restée sans voix. Bravo !

    Par Joailes, · Posté(e)

  • Alcyon
    1. Nature du texte
    Ce poème semble être un texte en vers libre, avec une forte dimension lyrique et introspective. Il évoque des souvenirs et des émotions à travers des images sensorielles et métaphoriques. Le mouvement général est celui de la nostalgie et de la quête.

    2. Impression de lecture
    Le poème produit une impression de mélancolie et de richesse sensorielle. Les images évoquées sont à la fois précises et évocatrices, créant une atmosphère de souvenir et de contemplation. La juxtaposition de ces images donne une impression de densité et de profondeur.

    3. Points d’appui du poème
    - **Images évocatrices** : Les "escaliers de bois", "cuisines comme des atlas", et "routes sans fin" créent un univers sensoriel riche et varié.
    - **Métaphores originales** : L'idée des "poèmes mosaïques" et des "mots fossiles" suggère une réflexion sur l'écriture et la mémoire.
    - **Cohérence thématique** : La nostalgie et la quête d'un ailleurs sont des fils conducteurs qui unifient le texte.

    4. Points de fragilité possibles
    - **Accumulation d'images** : L'enchaînement rapide d'images et de métaphores peut parfois donner une impression de saturation, risquant de perdre le lecteur (degré de confiance : moyen).
    - **Ambiguïté de certaines expressions** : Des expressions comme "nuit jaunes" ou "coeur de l'immédiat" peuvent être perçues comme énigmatiques, ce qui peut enrichir ou dérouter selon le lecteur (degré de confiance : faible).

    5. Synthèse de lecture
    Ce poème en vers libre déploie un univers riche en images et en métaphores, explorant la nostalgie et la quête d'un ailleurs. Les images sensorielles et la cohérence thématique donnent au texte une densité évocatrice, bien que l'accumulation rapide de ces éléments puisse parfois dérouter. L'ensemble laisse une impression de mélancolie réfléchie, où l'écriture devient un moyen de questionner la mémoire et le passage du temps.

    Par Alcyon, · Posté(e)

Le panthéon des poètes disparus

Derniers ajouts au panthéon

  • Sophie ·
    L’étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles, L’infini roulé blanc de ta nuque à tes reins La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles Et l’Homme saigné noir à ton flanc souverain.
    Sophie
    Sophie
    • 2 commentaires
    • 111 vues
  • Nils Exo ·
    A Madame Élisabeth R. À présent, le pantin est accroché devant Votre table. Il est là, bien tranquille, et souvent Il sourit. On l’a fait avec une poupée Habillée en Pierrot. Sa taille est bien drapée ; Puis il est gracieux comme le jour qui naît. Il songe, avec des yeux bleu sombre. Si ce n’est Que les rubans, les nœuds d’amour et les bouffettes De son habit sont bleus, et ses deux lèvres faites En vermillon, il est tout blanc, comme l’hiver. A son petit chapeau tient un anneau de fer Pour qu’
    Nils Exo
    Nils Exo
    • 1 commentaire
    • 87 vues
  • Sophie ·
    Soulève ta paupière close Qu’effleure un songe virginal ; Je suis le spectre d’une rose Que tu portais hier au bal. Tu me pris encore emperlée Des pleurs d’argent de l’arrosoir, Et parmi la fête étoilée Tu me promenas tout le soir. Ô toi qui de ma mort fus cause, Sans que tu puisses le chasser Toute la nuit mon spectre rose A ton chevet viendra danser. Mais ne crains rien, je ne réclame Ni messe, ni De Profundis ; Ce léger parfum est mon âme Et j’arrive du paradis. Mon destin fut digne d’envie
    Sophie
    Sophie
    • 2 commentaires
    • 1 549 vues
  • Nils Exo ·
    Je veux peindre la France une mère affligée, Qui est entre ses bras de deux enfants chargée. Le plus fort, orgueilleux, empoigne les deux bouts Des tétins nourriciers ; puis, à force de coups D’ongles, de poings, de pieds, il brise le partage Dont nature donnait à son besson l’usage : Ce voleur acharné, cet Esaü malheureux, Fait dégât du doux lait qui doit nourrir les deux, Si que, pour arracher à son frère la vie, Il méprise la sienne et n’en a plus d’envie ; Lors son Jacob, pressé d’avoir jeûn
    Nils Exo
    Nils Exo
    • 2 commentaires
    • 1 461 vues
  • Alba ·
    Ami, le hibou pleure où venait la colombe, Et ton sang souterrain a fleuri sur ta tombe, Et mes yeux qui t’ont vu sont las d’avoir pleuré L’inexorable absence où tu t’es retiré Loin de mes bras pieux et de ma bouche triste. Reviens ! le doux jardin mystérieux t’invite Et ton pas sera doux à sa mélancolie ; Tu viendras, les pieds nus et la face vieillie, Peut-être, car la route est longue qui ramène De la rive du Styx à notre humble fontaine Qui pleure goutte à goutte et rit d’avoir pleuré. Ta m
    Alba
    Alba
    • 5 commentaires
    • 1 138 vues
  • Nils Exo ·
    Le verbe égal à Dieu, splendeur de sa lumière, Avant que les mortels sortis de la poussière, Aux rayons du soleil eussent ouvert les yeux ; Avant la Terre, avant la naissance des cieux, Éternelle puissance, et sagesse suprême, Le verbe était en Dieu, fils de Dieu, Dieu lui-même. Fils de Dieu, cependant fils de l’homme à la fois, Peut-il toujours égal… je m’arrête, et je crois. Faible et fière raison, dépouille ton audace. Le vent souffle : qui peut en découvrir la trace ? Étonnés de son bruit, n
    Nils Exo
    Nils Exo
    • 1 commentaire
    • 952 vues
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