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<rss version="2.0"><channel><title>Anthologie des po&#xE8;tes disparus</title><link>https://accents-poetiques.com/rss/4-anthologie-des-po%C3%A8tes-disparus.xml/</link><description>Retrouvez des po&#xE8;mes francophones r&#xE9;dig&#xE9;s par des plumes d'auteurs c&#xE9;l&#xE8;bres ayant v&#xE9;cu jusqu'au XIXe si&#xE8;cle</description><language>fr</language><item><title>Le spectre de la rose</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/le-spectre-de-la-rose-r244/</link><description>Soul&#xE8;ve ta paupi&#xE8;re close Qu&#x2019;effleure un songe virginal ; Je suis le spectre d&#x2019;une rose Que tu portais hier au bal. Tu me pris encore emperl&#xE9;e Des pleurs d&#x2019;argent de l&#x2019;arrosoir, Et parmi la f&#xEA;te &#xE9;toil&#xE9;e Tu me promenas tout le soir.  &#xD4; toi qui de ma mort fus cause, Sans que tu puisses le chasser Toute la nuit mon spectre rose A ton chevet viendra danser. Mais ne crains rien, je ne r&#xE9;clame Ni messe, ni De Profundis ; Ce l&#xE9;ger parfum est mon &#xE2;me Et j&#x2019;arrive du paradis.  Mon destin fut digne d&#x2019;envie : Pour avoir un tr&#xE9;pas si beau, Plus d&#x2019;un aurait donn&#xE9; sa vie, Car j&#x2019;ai ta gorge pour tombeau, Et sur l&#x2019;alb&#xE2;tre o&#xF9; je repose Un po&#xE8;te avec un baiser Ecrivit : Ci-g&#xEE;t une rose Que tous les rois vont jalouser.</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2026_02/d6de966f-29d9-44e9-8a23-9c027bcc8505_1024x534.jpg.69db5ede3ca6de4a1d8d0f6ff2cc88be.jpg" length="79651" type="image/jpeg"/><pubDate>Sun, 15 Feb 2026 13:09:38 +0000</pubDate></item><item><title>Mis&#xE8;res</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/mis%C3%A8res-r242/</link><description>Je veux peindre la France une m&#xE8;re afflig&#xE9;e, Qui est entre ses bras de deux enfants charg&#xE9;e. Le plus fort, orgueilleux, empoigne les deux bouts Des t&#xE9;tins nourriciers ; puis, &#xE0; force de coups D&#x2019;ongles, de poings, de pieds, il brise le partage Dont nature donnait &#xE0; son besson l&#x2019;usage : Ce voleur acharn&#xE9;, cet Esa&#xFC; malheureux, Fait d&#xE9;g&#xE2;t du doux lait qui doit nourrir les deux, Si que, pour arracher &#xE0; son fr&#xE8;re la vie, Il m&#xE9;prise la sienne et n&#x2019;en a plus d&#x2019;envie ; Lors son Jacob, press&#xE9; d&#x2019;avoir je&#xFB;n&#xE9; meshui, Ayant dompt&#xE9; longtemps en son c&#x153;ur son ennui, A la fin se d&#xE9;fend, et sa juste col&#xE8;re Rend &#xE0; l&#x2019;autre un combat dont le champ est la m&#xE8;re. Ni les soupirs ardents, les pitoyables cris, Ni les pleurs r&#xE9;chauff&#xE9;s, ne calment leurs esprits ; Mais leur rage les guide et leur poison les trouble, Si bien que leur courroux par leurs coups se redouble. Leur conflit se rallume et fait si furieux Que d&#x2019;un gauche malheur ils se cr&#xE8;vent les yeux. Cette femme &#xE9;plor&#xE9;e, en sa douleur plus forte, Succombe &#xE0; la douleur, mi-vivante, mi-morte ; File voir les mutins tous d&#xE9;chir&#xE9;s, sanglants, Que, ainsi que du c&#x153;ur, des mains se vont cherchant, Quand, pressant &#xE0; son sein d&#x2019;une amour maternelle Celui qui a le droit et la juste querelle. Elle veut le sauver, l&#x2019;autre qui n&#x2019;est pas las, Viole en poursuivant l&#x2019;asile de ses bras. Adonc se perd le lait, le suc de sa poitrine ; Puis, aux derniers abois de sa proche ruine, Elle dit : &#xAB; Vous avez, f&#xE9;lons, ensanglant&#xE9; Le sein qui vous nourrit et qui vous a port&#xE9; ; Or, vivez de venin, sanglante g&#xE9;niture. Je n&#x2019;ai plus que du sang pour votre nourriture. &#xBB;</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2026_01/1920px-Rubens_Peter_Paul_-_Massacre_of_the_Innocents_-_Art_Gallery_of_Ontario.jpg.4d16c1166db9f6b78a0c0245318faaf2.jpg" length="297198" type="image/jpeg"/><pubDate>Sat, 17 Jan 2026 08:50:16 +0000</pubDate></item><item><title>&#xC9;l&#xE9;gie double</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/%C3%A9l%C3%A9gie-double-r241/</link><description>Ami, le hibou pleure o&#xF9; venait la colombe, Et ton sang souterrain a fleuri sur ta tombe, Et mes yeux qui t&#x2019;ont vu sont las d&#x2019;avoir pleur&#xE9; L&#x2019;inexorable absence o&#xF9; tu t&#x2019;es retir&#xE9; Loin de mes bras pieux et de ma bouche triste. Reviens ! le doux jardin myst&#xE9;rieux t&#x2019;invite Et ton pas sera doux &#xE0; sa m&#xE9;lancolie ; Tu viendras, les pieds nus et la face vieillie, Peut-&#xEA;tre, car la route est longue qui ram&#xE8;ne De la rive du Styx &#xE0; notre humble fontaine Qui pleure goutte &#xE0; goutte et rit d&#x2019;avoir pleur&#xE9;.  Ta maison te regarde, ami ! j&#x2019;ai pr&#xE9;par&#xE9; Sur le plateau d&#x2019;argent, sur le plateau d&#x2019;&#xE9;b&#xE8;ne, La coupe de cristal et la coupe de fr&#xEA;ne, Les figues et le vin, le lait et les olives, Et j&#x2019;ai huil&#xE9; les gonds de la porte d&#x2019;une huile  Qui la fera s&#x2019;ouvrir ainsi que pour une ombre ; Mais je prendrai la lampe et par l&#x2019;escalier sombre Nous monterons tous deux en nous tenant la main ; Puis, dans la chambre vaste o&#xF9; le songe divin T&#x2019;a ramen&#xE9; des bords du royaume oublieux, Nous nous tiendrons debout, face &#xE0; face, joyeux De l&#x2019;&#xE9;trange douceur de rejoindre nos l&#xE8;vres, voyageur venu des roseaux de la gr&#xE8;ve Que ne r&#xE9;veille pas l&#x2019;aurore ni le vent ! Je t&#x2019;ai tant aim&#xE9; mort que tu seras vivant Et j&#x2019;aurai soin, n&#x2019;ayant plus d&#x2019;espoir ni d&#x2019;attente, De vider la clepsydre et d&#x2019;&#xE9;teindre la lampe.  &#x2014; Laisse br&#xFB;ler la lampe et pleurer la clepsydre Car le jardin autour de notre maison vide Se fleurira de jeunes fleurs sans que reviennent Mes l&#xE8;vres pour reboire encore &#xE0; la fontaine ; Les baisers pour jamais meurent avec les bouches. Laisse la figue m&#xFB;re et les olives rousses ; H&#xE9;las ! les fruits sont bons aux l&#xE8;vres qui sont chair, Mais j&#x2019;habite un royaume au del&#xE0; de la Mer T&#xE9;n&#xE9;breuse, et mon corps est cendre sous le marbre. Je suis une Ombre, et si mon pas lent se hasarde Au jardin d&#x2019;autrefois et dans la maison noire O&#xF9; tu m&#x2019;attends du fond de toute ta m&#xE9;moire, Tes chers bras ne pourront &#xE9;treindre mon fant&#xF4;me :  Tu pleurerais le souvenir de ma chair d&#x2019;homme, &#xC0; moins que dans ton &#xE2;me anxieuse et fid&#xE8;le Tu m&#x2019;attendes en r&#xEA;ve &#xE0; la porte &#xE9;ternelle, Me regardant venir &#xE0; travers la nuit sombre, Et que ton pur amour soit digne de mon ombre.</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2026_01/whole-no-frame.jpg.177680318956ae0ca92c0cc96d805081.jpg" length="181624" type="image/jpeg"/><pubDate>Sat, 10 Jan 2026 17:33:21 +0000</pubDate></item><item><title>La Religion</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/la-religion-r240/</link><description>Le verbe &#xE9;gal &#xE0; Dieu, splendeur de sa lumi&#xE8;re, Avant que les mortels sortis de la poussi&#xE8;re, Aux rayons du soleil eussent ouvert les yeux ; Avant la Terre, avant la naissance des cieux, &#xC9;ternelle puissance, et sagesse supr&#xEA;me, Le verbe &#xE9;tait en Dieu, fils de Dieu, Dieu lui-m&#xEA;me. Fils de Dieu, cependant fils de l&#x2019;homme &#xE0; la fois, Peut-il toujours &#xE9;gal&#x2026; je m&#x2019;arr&#xEA;te, et je crois. Faible et fi&#xE8;re raison, d&#xE9;pouille ton audace. Le vent souffle : qui peut en d&#xE9;couvrir la trace ? &#xC9;tonn&#xE9;s de son bruit, nous sentons son pouvoir : Notre oreille l&#x2019;entend, notre &#x153;il ne le peut voir. Quelque trouble ici bas que mon &#xE2;me ressente, La foi, fille du ciel, devant moi se pr&#xE9;sente. Sur une ancre appuy&#xE9;e, elle a le front voil&#xE9; ; Et m&#x2019;&#xE9;clairant du feu dont son c&#x153;ur est br&#xFB;l&#xE9;, Viens, dit-elle, sur moi. L&#x2019;&#xE9;clat que je fais luire, Quand tu baisses les yeux, suffit pour te conduire. Est-ce le temps de voir que le temps de la nuit ? En attendant le jour, docile &#xE0; qui t&#x2019;instruit, Tu dois, &#xE0; chaque pas, plus adorer qu&#x2019;entendre, Plus croire que savoir, et plus aimer qu&#x2019;apprendre. Faut-il, dit le d&#xE9;iste, encha&#xEE;ner sa raison ? N&#x2019;est-elle pas du Ciel le plus pr&#xE9;cieux don ? Et pouvons-nous penser qu&#x2019;en nous l&#x2019;&#xCA;tre supr&#xEA;me Veuille &#xE9;touffer un feu qu&#x2019;il alluma lui-m&#xEA;me ? Il l&#x2019;alluma sans doute, et cet heureux pr&#xE9;sent Par son premier &#xE9;clat guidait l&#x2019;homme innocent. Aujourd&#x2019;hui presque &#xE9;teinte, une flamme si belle Ne pr&#xEA;te qu&#x2019;un jour sombre &#xE0; l&#x2019;&#xE2;me criminelle : Mais la foi le ranime avec un feu plus pur. Et d&#x2019;indignes mortels l&#x2019;osent trouver obscur, Quand par bont&#xE9; pour eux un Dieu se manifeste ! Il leur en dit assez : qu&#x2019;ils ignorent le reste. Jusqu&#x2019;au temps prescrit le grand livre est scell&#xE9;. A notre orgueil h&#xE9;las ! Que n&#x2019;a-t-il pas voil&#xE9; ? Pourrons-nous p&#xE9;n&#xE9;trer ses myst&#xE8;res sublimes, Si ses moindres secrets sont pour nous des ab&#xEE;mes ?</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2026_01/A_disputa_do_Sacramento.jpg.ca56563ac6b54971c79d800d6d9c3ea9.jpg" length="401833" type="image/jpeg"/><pubDate>Sat, 10 Jan 2026 08:51:43 +0000</pubDate></item><item><title>L&#x2019;Ant&#xE9;christ, deuxi&#xE8;me table d&#x2019;airain d&#x2019;Idam&#xE9;el</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/lant%C3%A9christ-deuxi%C3%A8me-table-dairain-didam%C3%A9el-r239/</link><description>Mes remparts sont fond&#xE9;s&#x2026;. ville aux larges contours, Quel tremblement de terre &#xE9;branlerait tes tours ! Pour les foyers nouveaux, ainsi qu&#x2019;aux jours antiques, Je taillai de mes mains quelques dieux domestiques ; Puis, afin de savoir s&#x2019;il ne renfermait pas D&#x2019;autres hommes encore &#xE9;chapp&#xE9;s au tr&#xE9;pas, Je voulus, en volant, faire le tour du globe. Aux premi&#xE8;res lueurs que laissa poindre l&#x2019;aube, Devant tous mes sujets je for&#xE7;ai, sans trembler, Le prodige d&#x2019;Icare &#xE0; se renouveler. De son funeste sort je repoussai l&#x2019;augure, De l&#x2019;aigle, comme lui, j&#x2019;empruntai l&#x2019;envergure ; Mais la cire fit place &#xE0; des fibres d&#x2019;airain, Pour affermir mon vol de l&#x2019;Amazone au Rhin, Et pour que du soleil les vives &#xE9;tincelles Ne pussent s&#xE9;parer le dieu de ses deux ailes. Je m&#x2019;&#xE9;lan&#xE7;ai rapide, et mon premier essor Dans l&#x2019;espace aux mortels ouvrit un nouveau sort. De mon aile d&#x2019;abord j&#x2019;&#xE9;tudiai l&#x2019;usage. Du bleu&#xE2;tre &#xE9;l&#xE9;ment je fis l&#x2019;apprentissage ; Sur la plaine atti&#xE9;die et sur les monts neigeux, Je parvins &#xE0; dompter ses souffles orageux. Tant&#xF4;t rasant, l&#xE9;ger, les nopals du rivage, Tant&#xF4;t sous ma grande aile enfermant le nuage, Jouant, comme un nageur, avec les flots de l&#x2019;air, Du soleil, dans mon vol, je renvoyais l&#x2019;&#xE9;clair ; Tant&#xF4;t, sous le rayon que ma poitrine aspire, De cercles redout&#xE9;s j&#x2019;embrassais mon empire. Puis j&#x2019;enflais mon plumage, et semblable au milan, Dans l&#x2019;immobilit&#xE9; j&#x2019;endormais mon &#xE9;lan. Comme une proie offerte &#xE0; mon puissant g&#xE9;nie, Je contemplais d&#x2019;en haut la terre rajeunie ; Je montais, je plongeais, je dominais en roi Ces gouffres de l&#x2019;&#xE9;ther qui n&#x2019;enfermaient que moi. Pour franchir l&#x2019;horizon lointain qui se d&#xE9;voile, Mon aile disposait des vents comme une voile ; Et brisant quelquefois l&#x2019;essor aventureux, De leur fougue ennemie elle s&#x2019;armait contre eux. Je me sentais au c&#x153;ur une joie insens&#xE9;e De pr&#xEA;ter &#xE0; la chair le vol de la pens&#xE9;e : Tournant autour du globe aux changeantes couleurs, Comme une abeille autour d&#x2019;un citronnier en fleurs. L&#x2019;a&#xE9;rostat n&#x2019;a rien de cette immense joie : Suspendu, comme un plomb, sous le globe de soie, Assis dans un esquif que presse un vil r&#xE9;seau, On est un prisonnier et non pas un oiseau. Mais moi, fier, libre, seul, d&#xE9;daignant tout naufrage, J&#x2019;aimais &#xE0; l&#x2019;installer dans le c&#x153;ur d&#x2019;un orage ; J&#x2019;aimais &#xE0; respirer de son air t&#xE9;n&#xE9;breux, Moins ardents que les miens, les esprits sulfureux ; A rafra&#xEE;chir mon front sous les ondes qu&#x2019;il verse, A traverser la nuit que la foudre traverse ; Et je me souvenais &#xE0; ce supr&#xEA;me instant Du chaos de Milton sous le vol de Satan.</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2026_01/William_Blake_-_Satan_Before_the_Throne_of_God.jpg.c0122d452d21c928a38f8602a7655237.jpg" length="606683" type="image/jpeg"/><pubDate>Sat, 03 Jan 2026 10:01:54 +0000</pubDate></item><item><title>Les V&#xE9;nus</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/les-v%C3%A9nus-r238/</link><description>Je revenais du Louvre hier. J&#x2019;avais parcouru les portiques O&#xF9; le ch&#x153;ur des V&#xE9;nus antiques Se range gracieux et fier.  A ces marbres, divins fossiles, D&#xE9;lices de l&#x2019;&#x153;il &#xE9;tonn&#xE9;, Je trouvais bon qu&#x2019;il f&#xFB;t donn&#xE9; Des palais de rois pour asiles.  Comme j&#x2019;allais extasi&#xE9;, Vint &#xE0; passer une pauvresse ; Son regard troubla mon ivresse Et m&#x2019;emplit l&#x2019;&#xE2;me de piti&#xE9; :  - Ah ! m&#x2019;&#xE9;criai-je, qu&#x2019;elle est p&#xE2;le Et triste, et que ses traits sont beaux ! Sa jupe &#xE9;troite est en lambeaux ; Elle croise avec soin son ch&#xE2;le ;  Elle est nu-t&#xEA;te ; ses cheveux, Mal nou&#xE9;s, &#xE9;pars derri&#xE8;re elle, Forment leur onde naturelle : Le miroir n&#x2019;a pas souci d&#x2019;eux.  Des piq&#xFB;res de son aiguille Elle a le bout du doigt tout noir, Et ses yeux au travail du soir Se sont affaiblis&#x2026; Pauvre fille !  H&#xE9;las ! tu n&#x2019;as ni feu ni lieu ; Pleure et mendie au coin des rues : Les palais sont pour nos statues, Et tu sors de la main de Dieu !  Ta beaut&#xE9; n&#x2019;aura point de temple. On te marchandera ton corps ; La forme sans &#xE2;me, aux yeux morts, Seule est digne qu&#x2019;on la contemple.  Dispute aux avares ton pain Et la laine dont tu te couvres : Les femmes de pierre ont des Louvres, Les vivantes meurent de faim !</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2025_12/Alexandre_Cabanel_-_The_Birth_of_Venus_-_Google_Art_Project_2.jpg.25c855f44f4bf036b5a543caa3ffd02f.jpg" length="196952" type="image/jpeg"/><pubDate>Sat, 27 Dec 2025 15:12:05 +0000</pubDate></item><item><title>Le Vase bris&#xE9;</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/le-vase-bris%C3%A9-r237/</link><description>Le vase o&#xF9; meurt cette verveine D&#x2019;un coup d&#x2019;&#xE9;ventail fut f&#xEA;l&#xE9; ; Le coup dut effleurer &#xE0; peine : Aucun bruit ne l&#x2019;a r&#xE9;v&#xE9;l&#xE9;.  Mais la l&#xE9;g&#xE8;re meurtrissure, Mordant le cristal chaque jour, D&#x2019;une marche invisible et s&#xFB;re En a fait lentement le tour.  Son eau fra&#xEE;che a fui goutte &#xE0; goutte, Le suc des fleurs s&#x2019;est &#xE9;puis&#xE9; ; Personne encore ne s&#x2019;en doute ; N&#x2019;y touchez pas, il est bris&#xE9;.  Souvent aussi la main qu&#x2019;on aime, Effleurant le c&#x153;ur, le meurtrit ; Puis le c&#x153;ur se fend de lui-m&#xEA;me, La fleur de son amour p&#xE9;rit ;  Toujours intact aux yeux du monde, Il sent cro&#xEE;tre et pleurer tout bas Sa blessure fine et profonde ; Il est bris&#xE9;, n&#x2019;y touchez pas.</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2025_12/The_Wounded_Man.jpg.f043d0d34026cc98644d35007a9411fa.jpg" length="397253" type="image/jpeg"/><pubDate>Sat, 20 Dec 2025 09:39:49 +0000</pubDate></item><item><title>Le Moulin de Gen&#xE8;se</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/le-moulin-de-gen%C3%A8se-r236/</link><description>C&#x2019;&#xE9;tait un beau moulin que nous avions r&#xEA;v&#xE9;, Qu&#x2019;on entend bien avant de s&#x2019;y voir arriv&#xE9;, Une meuni&#xE8;re fra&#xEE;che &#xE0; la joue arrondie, Et des enfants pareils au fruit de Normandie, Et le ma&#xEE;tre meunier avec ses compagnons &#xD4;tant le traversier ou menant les bignons, Et jetant sur le bord brochet, goujon, anguille, Qui, jusques en tron&#xE7;ons, dans la po&#xEA;le fr&#xE9;tille ; Et les petits poulets et les petits canards Avec leur marcher lourd et leurs cris nasillards, Et le coq d&#x2019;Inde, et l&#x2019;oie &#xE0; l&#x2019;app&#xE9;tit vorace Vers l&#x2019;&#xE9;cluse &#xE0; plein bord menant sa jeune race, Ou venant, furieuse, au mendiant suspect Tourmenter les haillons des ailes et du bec ; Et le coq frappant l&#x2019;air de son hardi ramage, Et le paon &#xE9;talant son soleil de plumage, Et les b&#xEA;lants troupeaux, le sifflet du pasteur Qui dirige leur marche et presse leur lenteur Quand le soleil du soir, dorant leur blanche laine, Leur dit que pour l&#x2019;&#xE9;table il faut quitter la plaine ; Et le chien aux longs poils, au collier h&#xE9;riss&#xE9;, Que le loup le plus fort n&#x2019;a jamais terrass&#xE9; ; Bref, ce qui constitue une ferme opulente. Mais comme le r&#xE9;el d&#xE9;trompa notre attente ! Nous nous imaginions dans notre esprit subtil Qu&#x2019;un mois d&#x2019;avril toujours ressemble au mois d&#x2019;avril, Et nous allions tous deux en parfaite ignorance Si le bien de la terre &#xE9;tait dans la souffrance. Voil&#xE0; qu&#x2019;un paysan portant un sac de peau, Que tu connus et qui nous &#xF4;ta le chapeau, Nous dit : &#xAB; Nous aurions bien besoin d&#x2019;un peu de pluie, Mais on est si m&#xE9;chant que le ciel nous oublie. &#xBB; A quelques pas de l&#xE0; nous v&#xEE;mes trois serpents Dans un foss&#xE9; tari, qui s&#x2019;en allaient rampants. La campagne &#xE9;tait jaune, ext&#xE9;nu&#xE9;e, avide Comme un enfant qui presse une mamelle vide.</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2025_12/Van_Gogh_-_Le_Moulin_de_la_Galette8.jpeg.jpeg.1516f7bca25a7a12833a8e7b59497a40.jpeg" length="582373" type="image/jpeg"/><pubDate>Sat, 13 Dec 2025 15:21:17 +0000</pubDate></item><item><title>Mon apologie</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/mon-apologie-r235/</link><description>Gilbert, de votre c&#x153;ur savez-vous ce qu&#x2019;on pense ? Hypocrite, jaloux, cuirass&#xE9; d&#x2019;impudence, Vous ne l&#x2019;ignorez pas, votre m&#xE9;chancet&#xE9; Donna seule &#xE0; vos vers quelque c&#xE9;l&#xE9;brit&#xE9;, Et l&#x2019;oubli cacherait votre muse hardie, Si vous n&#x2019;aviez m&#xE9;dit de L&#x2019;Encyclop&#xE9;die. Encor si d&#xE9;masquant les pr&#xEA;tres, les d&#xE9;vots, Vous diffamiez leur dieu par d&#x2019;utiles bons mots ; Peut-&#xEA;tre on vous pourrait pardonner la satire : Lorsqu&#x2019;on m&#xE9;dit de Dieu, sans crime on peut m&#xE9;dire. Mais toujours critiquer en vers pieux et froids, Sans daigner seulement endoctriner les rois, Sans qu&#x2019;une fois au moins votre muse en extase Du mot de tol&#xE9;rance attendrisse une phrase ; Blasph&#xE9;mer la vertu des sages de Paris ; De la chute des m&#x153;urs accuser leurs &#xE9;crits ; Tant de fiel corrompt-il un c&#x153;ur si jeune encore ! Infortun&#xE9; censeur, qu&#x2019;un peu d&#x2019;esprit d&#xE9;core, Que vous a donc produit votre go&#xFB;t si tranchant ? Vous payez cher l&#x2019;honneur de passer pour m&#xE9;chant. A-t-on vu votre muse, &#xE0; la cour pr&#xE9;sent&#xE9;e, Pour d&#xE9;crier les rois, du roi m&#xEA;me rent&#xE9;e ? Peut-on citer un duc qui soit de vos amis ? Parmi vos protecteurs comptez-vous un commis ? Vend-t-on votre portrait ? Quel corps acad&#xE9;mique Vous a pensionn&#xE9; d&#x2019;un prix p&#xE9;riodique ? Des quarante Immortels, journaliste adoptif, &#xCA;tes-vous du fauteuil h&#xE9;ritier pr&#xE9;somptif ? Aux cris religieux d&#x2019;un parterre idol&#xE2;tre, En face de vous-m&#xEA;me, au milieu du th&#xE9;&#xE2;tre, Jamais en effigie assis sur un autel, Vous a-t-on couronn&#xE9; d&#x2019;un laurier solennel ? Quelle bourgeoise enfin, quelle actrice discr&#xE8;te Plaignant la nudit&#xE9; de votre humble retraite, De ses dons clandestins meubla votre Apollon, Et vint avec respect visiter votre nom ?</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2025_12/Francisco_Jos_de_Goya_y_Lucientes_-_The_sleep_of_reason_produces_monsters_(No._43)_from_Los_Caprichos_-_Google_Art_Project.jpg.1014303d46814405a47a02d5fae06c6f.jpg" length="646244" type="image/jpeg"/><pubDate>Sat, 06 Dec 2025 18:09:02 +0000</pubDate></item><item><title>Pan&#xE9;gyrique de Jean-Jacques Rousseau</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/pan%C3%A9gyrique-de-jean-jacques-rousseau-r234/</link><description>O&#xF9; repose un grand homme, un dieu vient habiter. Tu me l&#x2019;as fait sentir, j&#x2019;ose t&#x2019;en attester, &#xCE;le des peupliers ; toi, qui m&#x2019;as vu descendre Te demandant Rousseau dont tu gardes la cendre. Oh ! Comme &#xE0; ton aspect s&#x2019;&#xE9;murent tous mes sens ! Quelle douleur muette &#xE9;touffa mes accents ! Combien je v&#xE9;n&#xE9;rai, combien me parut sainte L&#x2019;ombre des verts rameaux qui bordent ton enceinte ! Cette &#xEE;le &#xE9;tait un temple ; et de mes tristes yeux Tandis que s&#x2019;&#xE9;chappaient des pleurs religieux, Rousseau, je crus, pench&#xE9; sur ton urne paisible, Sentir de la vertu la pr&#xE9;sence invisible. Je crus ou&#xEF;r ta voix ; du fond de ton cercueil, Ta voix de l&#x2019;amiti&#xE9; m&#x2019;offrait le doux accueil. A la tombe champ&#xEA;tre accourez donc sans nombre. Vous enfants qu&#x2019;il aima ; ne craignez point son ombre ; Approchez, fol&#xE2;trez sous ces arbres naissants : Il va sourire encor &#xE0; vos jeux innocents. Et vous, que le g&#xE9;nie &#xE9;l&#xE8;ve au minist&#xE8;re De fl&#xE9;trir l&#x2019;imposture et d&#x2019;&#xE9;clairer la terre, Sages, jurez ici qu&#x2019;arm&#xE9;s contre l&#x2019;erreur, Vous mourrez, s&#x2019;il le faut, martyrs de sa fureur De ce beau d&#xE9;vouement Rousseau fut le mod&#xE8;le : A sa noble devise il expira fid&#xE8;le. Je vous appelle aussi, peuples, et vous, bons rois, Dont il a r&#xE9;v&#xE9;l&#xE9; les devoirs et les droits ; Les tyrans sont connus : ils tremblent sur le tr&#xF4;ne. Donc &#xE0; son monument appendez la couronne, Qu&#x2019;au sauveur d&#x2019;un Romain d&#xE9;cernaient les Romains : Rousseau du despotisme a sauv&#xE9; les humains. Mais de ses ennemis le flot bruyant approche. Eh bien ! Tous &#xE0; la fois vomissant le reproche, Profanez de la mort le silence &#xE9;ternel ; J&#x2019;attendais l&#x2019;injustice &#xE0; ce jour solennel. A-t-il pour s&#x2019;agrandir arm&#xE9; la calomnie ? A des soins intrigants raval&#xE9; son g&#xE9;nie ? Il ne mendia point la gloire ; il la conquit. Qui le dira jaloux ? Qu&#x2019;a-t-il fait ? Qu&#x2019;a-t-il dit ? Qui de vous l&#x2019;a surpris, des modernes Orph&#xE9;es, En secret d&#xE9;gradant et minant les troph&#xE9;es ? D&#x2019;un vieillard qui le ha&#xEF;t, du Sophocle fran&#xE7;ais, Au fond de sa retraite il entend le succ&#xE8;s, Il l&#x2019;entend ; et ses yeux en ont pleur&#xE9; de joie. Voil&#xE0; cette &#xE2;me grande ! Et l&#x2019;on veut que je croie Qu&#x2019;ingrate, elle payait de haine un bienfaiteur ! Taisez-vous. Si, peu fait au m&#xE9;tier de flatteur, Il refuse aux bienfaits d&#x2019;ouvrir sa solitude, Le refus des bienfaits n&#x2019;est point l&#x2019;ingratitude ; Non, non : c&#x2019;est la vertu, qui, s&#x2019;armant de fiert&#xE9;, Contre l&#x2019;or corrupteur d&#xE9;fend sa libert&#xE9;. Ce fut sa libert&#xE9; qui fit son &#xE9;loquence. Mais ce qui de Rousseau dira mieux l&#x2019;innocence, C&#x2019;est la profonde paix qui couronne sa fin : M&#xE9;chant, serait-il mort avec ce front serein. Sans trouble r&#xE9;signant ses jours &#xE0; la nature, Laissez-moi voir encor cette belle verdure, Dit-il ; sur moi jamais un si beau jour n&#x2019;a lui ; Je vois Dieu ; je l&#x2019;entends ; ce Dieu m&#x2019;appelle &#xE0; lui.</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2025_12/Jean-Jacques_Rousseau_(painted_portrait).jpg.webp.eb72d2c783ef9326ff5a5a004e56d925.webp" length="136632" type="image/webp"/><pubDate>Sat, 29 Nov 2025 14:35:19 +0000</pubDate></item><item><title>La chasse au cerf</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/la-chasse-au-cerf-r233/</link><description>La discorde, Bellone, ou le dieu de la guerre, Par ces sons &#xE9;clatants menacent-ils la Terre ? De la vaste for&#xEA;t l&#x2019;espace en est rempli ; Dans ses sombres buissons le cerf a tressailli. Au monarque des bois la guerre est d&#xE9;clar&#xE9;e ; Il a vu d&#x2019;ennemis sa demeure entour&#xE9;e, Et des chiens d&#xE9;vorants en groupes dispers&#xE9;s, De distance en distance autour de lui plac&#xE9;s. L&#xE0;, le coursier fougueux l&#xE8;ve sa t&#xEA;te alti&#xE8;re ; D&#x2019;un &#x153;il impatient il parcourt la bruy&#xE8;re ; Le chasseur fatigu&#xE9; de ses vains mouvements, De la course tardive avance les moments, Et sur les pas du cerf dont la terre est empreinte, Il perce, au son du cor, le centre de l&#x2019;enceinte. Le timide animal s&#x2019;&#xE9;pouvante et s&#x2019;enfuit ; Il voit dans chaque objet la mort qui le poursuit ; Sa route sur le sable est &#xE0; peine trac&#xE9;e ; Il devance, en courant, la vue et la pens&#xE9;e. L&#x2019;&#x153;il le suit et le cherche aux lieux qu&#x2019;il a quitt&#xE9;s. Ses cruels ennemis par le cor excit&#xE9;s S&#x2019;&#xE9;l&#xE8;vent sur ses pas au sommet des montagnes, Et sur ses pas encor fondent sur les campagnes ; Effray&#xE9; des clameurs et des longs hurlements, Sans cesse, &#xE0; son oreille apport&#xE9;s par les vents, Vers ces vents importuns il dirige sa fuite : Mais la troupe implacable ardente &#xE0; sa poursuite En saisit mieux alors ses esprits vagabonds ; Il &#xE9;coute, et s&#x2019;&#xE9;lance, et s&#x2019;&#xE9;l&#xE8;ve par bonds ; Il voudrait ou confondre, ou d&#xE9;rober sa trace, Se d&#xE9;tacher du sable, et voler dans l&#x2019;espace ; Il change plus souvent sa route et ses retours ; Dans le taillis obscur il fait de longs d&#xE9;tours ; Il revoit ces grands bois, th&#xE9;&#xE2;tre de sa gloire, O&#xF9; jadis cent rivaux lui c&#xE9;daient la victoire, O&#xF9; couvert de leur sang, consum&#xE9; de d&#xE9;sirs, Pour prix de son courage, il obtint les plaisirs. Il force un cerf plus jeune &#xE0; courir dans la plaine, Pour pr&#xE9;senter sa trace &#xE0; la meute incertaine : Mais le chasseur la guide et pr&#xE9;vient son erreur ; Le cerf est abattu, tremblant, saisi d&#x2019;horreur, Son armure l&#x2019;accable, et sa t&#xEA;te est pench&#xE9;e, Sous son palais br&#xFB;lant sa langue est dess&#xE9;ch&#xE9;e, D&#x2019;une ardente sueur ses flancs sont arros&#xE9;s, Et d&#x2019;esprits agissants ses nerfs sont &#xE9;puis&#xE9;s ; Il s&#x2019;arr&#xEA;te, il chancelle, il tombe, et les fanfares Vont annoncer sa chute &#xE0; ses vainqueurs barbares. Il entend de plus pr&#xE8;s des cris plus mena&#xE7;ants, Il fait pour fuir encor des efforts impuissants, Ses yeux appesantis laissent tomber des larmes, Il se l&#xE8;ve en fureur, il se sert de ses armes ; L&#x2019;exc&#xE8;s du d&#xE9;sespoir le soutient un instant, Et sous l&#x2019;acier funeste il meurt en combattant.</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2025_11/Frans_Snyders_-_Deer_hunt.jpg.33411fc5d00f090ed7f0bed84ee39d06.jpg" length="260224" type="image/jpeg"/><pubDate>Sat, 22 Nov 2025 19:25:32 +0000</pubDate></item><item><title>Ses purs ongles tr&#xE8;s haut...</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/ses-purs-ongles-tr%C3%A8s-haut-r232/</link><description>Ses purs ongles tr&#xE8;s-haut d&#xE9;diant leur onyx, L'Angoisse, ce minuit, soutient, lampadophore, Maint r&#xEA;ve vesp&#xE9;ral br&#xFB;l&#xE9; par le Ph&#xE9;nix Que ne recueille pas de cin&#xE9;raire amphore  Sur les cr&#xE9;dences, au salon vide : nul ptyx, Aboli bibelot d'inanit&#xE9; sonore, (Car le Ma&#xEE;tre est all&#xE9; puiser des pleurs au Styx Avec ce seul objet dont le N&#xE9;ant s'honore.)  Mais proche la crois&#xE9;e au nord vacante, un or Agonise selon peut-&#xEA;tre le d&#xE9;cor Des licornes ruant du feu contre une nixe,  Elle, d&#xE9;funte nue en le miroir, encor Que, dans l'oubli ferm&#xE9; par le cadre, se fixe De scintillations sit&#xF4;t le septuor.</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2025_11/Fernand_Khnopff_-_Caresses_-_Google_Art_Project.jpg.f0a38136d6841aaa345cf5b8558636f8.jpg" length="95801" type="image/jpeg"/><pubDate>Sat, 15 Nov 2025 21:59:42 +0000</pubDate></item><item><title>Cr&#xE9;puscule</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/cr%C3%A9puscule-r231/</link><description>Ainsi qu&#x2019;un malheureux, le corps frileux et gourd, T&#xE2;che de se chauffer en soufflant sur des braises, L&#x2019;amer couchant d&#x2019;octobre, au lointain du faubourg, A fait flamboyer ses fournaises.  Dans les squelettes noirs des arbres nus et droits, Le vent du soir, tout bas, parle d&#x2019;une voix rauque ; Un archipel d&#x2019;&#xEE;lots couleur de feu, mais froids, Nage dans la paix du ciel glauque.  Combien de fois d&#xE9;j&#xE0; par des soirs tout pareils, O&#xF9; l&#x2019;esprit sur lui-m&#xEA;me en souffrant se replie, L&#x2019;adieu rouge et glac&#xE9; des supr&#xEA;mes soleils M&#x2019;a vers&#xE9; sa m&#xE9;lancolie !  Combien de fois ce vent aux sinistres soupirs, Dont le g&#xE9;missement se glisse sous les portes, A fait devant mes yeux tourner mes souvenirs Dans la valse des feuilles mortes !  Automne nostalgique, automne &#xE9;vocateur, Qu&#x2019;ils me font mal, tes ciels qu&#x2019;un dernier rayon moire, Tes purs et tristes ciels, froids comme la douleur Et profonds comme la m&#xE9;moire !</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2025_11/2560px-Landschap_bij_avondschemering_-_s0107V1962_-_Van_Gogh_Museum.jpg.23564a29e54861a68734478adf6252a1.jpg" length="337012" type="image/jpeg"/><pubDate>Sat, 15 Nov 2025 21:45:53 +0000</pubDate></item><item><title>Mon c&#x153;ur vous ajourne, Vieillesse</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/mon-c%C5%93ur-vous-ajourne-vieillesse-r230/</link><description>Mon c&#x153;ur vous ajourne, Vieillesse, Par droit huissier de parlement, Devant Raison qui est ma&#xEE;tresse, Et juge de vrai jugement. Depuis que le gouvernement Avez eu de lui et de moi, Vous nous avez, par tyrannie, Mis sous le joug de M&#xE9;lancolie Sans savoir la cause pourquoi.  Auparavant nous tenait Jeunesse Et nourrissait si tendrement, En plaisir, confort et liesse Et tout joyeux divertissement ; Or vous faites tout autrement. Ce vous est honte, sur ma foi, Car en douleur et maladie Nous faites user notre vie, Sans savoir la cause pourquoi.  De quoi vous sert cette d&#xE9;tresse &#xC0; donner sans all&#xE8;gement ? Croyez-vous pour telle rudesse Avoir honneur aucunement ? Nenni, certes, car vraiment Chacun vous montrera du doigt, Disant : la vieille rassotie Tient tous maux en sa compagnie. Sans savoir la cause pourquoi.  ENVOI AU PRINCE  Ce saint Martin pr&#xE9;sentement, Qu'avocatsfont commencement De plaider les faits de la loi, Prenez bon conseil, je vous prie, Ne faites ni d&#xE9;bat ni partie, Sans savoir la cause pourquoi.</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2025_10/Col_tempo_by_Giorgione.jpg.a0bca9edb919b5306d73fd82df127eab.jpg" length="239188" type="image/jpeg"/><pubDate>Fri, 24 Oct 2025 17:47:48 +0000</pubDate></item><item><title>La tirade en "if"</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/la-tirade-en-if-r229/</link><description>Granger :  Il est vrai qu'&#xE0; l'&#xE2;ge o&#xF9; vous &#xEA;tes, n'avoir point de barbe, vous me portez la mine, aussi bien que le Phoenix, d'&#xEA;tre incapable d'engendrer. Vous n'&#xEA;tes ni masculin, ni f&#xE9;minin, mais neutre : vous avez fait de votre Dactyle un Troch&#xE9;e, c'est-&#xE0;-dire que, par la soustraction d'une br&#xE8;ve, vous vous &#xEA;tes rendu impotent &#xE0; la propagation des individus. Vous &#xEA;tes de ceux dont le sexe femelle,  Ne peut ou&#xEF;r le nominatif A cause de leur g&#xE9;nitif, Et souffre mieux le vocatif De ceux qui n'ont point de datif, Que de ceux dont l'accusatif Apprend qu'ils ont un ablatif. J'entends que le diminutif Qu'on fit de vrai trop excessif Sur votre flasque g&#xE9;nitif, Vous prohibe le conjonctif. Donc, puisque vous &#xEA;tes passif, Et ne pouvez plus &#xEA;tre actif, T&#xE9;moin le poil indicatif Qui m'en est fort persuasif, Je vous fais un imp&#xE9;ratif De n'avoir jamais d'optatif Pour aucun genre subjonctif. De &#xAB; nunc &#xBB; jusqu'&#xE0; l'infinitif, Ou je fais sur vous l'adjectif Du plus effrayant positif Qui jamais eut comparatif : Et si ce rude partitif, Dont je serai distributif Et vous le sujet collectif N'est le plus beau superlatif, Et le coup le plus sensitif Dont homme soit m&#xE9;moratif, Je jure par mon jour natif Que je veux pour ce seul motif Qu'un sale et sanglant vomitif, Surmontant tout confortatif, Tout l&#xE9;nitif, tout restrictif, Et tout bon corroboratif. Soit le ch&#xE2;timent primitif Et l'effroyable exprimitif D'un discours qui serait fautif, Car je n'ai le bras si ch&#xE9;tif, Ni vous le talon si fuitif, Que vous ne fussiez portatif D'un coup bien significatif. &#xD4; visage ! &#xD4; portrait na&#xEF;f ! &#xD4; souverain exp&#xE9;ditif Pour gu&#xE9;rir tout sexe lascif D'amour naissant ou effectif : &#xD4; Genre neutre, genre m&#xE9;tif, Qui n'&#xEA;tes homme qu'abstractif, Gr&#xE2;ce &#xE0; votre copulatif Qu'a rendu fort imperfectif Le cruel tranchant d'un canif ; Si pour soudre ce logogrif Vous avez l'esprit trop tardif, A ces mots soyez attentif : Je fais v&#x153;u de me faire Juif Au lieu d'eau de boire du suif, D'&#xEA;tre mieux damn&#xE9; que Ca&#xEF;phe, D'aller &#xE0; pied voir le Ch&#xE9;rif, De me rendre &#xE0; Tunis captif, D'&#xEA;tre bern&#xE9; comme escogriffe, D'&#xEA;tre plus maudit qu'un tarif, De devenir ladre et poussif, Bref par les mains d'un sort h&#xE2;tif Couronn&#xE9; de cypr&#xE8;s et d'if, Passer dans le mortel esquif Au pays o&#xF9; l'on est oisif : Si jamais je deviens r&#xE9;tif A l'agr&#xE9;able ex&#xE9;cutif Du v&#x153;u dont je suis l'inventif, Et duquel le pr&#xE9;paratif Est, beau Sire, un b&#xE2;ton massif Qui sera le dissolutif De votre demi-substantif : Car c'est mon vouloir d&#xE9;cisif Et mon testament, mort, ou vif.  Le P&#xE9;dant jou&#xE9;, Acte I, sc&#xE8;ne 1</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2025_10/Bemberg_Fondation_Toulouse_-_Le_Charlatan_-_Pietro_Longhi_-_Inv_1029.jpg.350ab40c01f7500b03855712c844bf5c.jpg" length="360432" type="image/jpeg"/><pubDate>Tue, 21 Oct 2025 08:08:53 +0000</pubDate></item><item><title>L'Homme et les Animaux</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/lhomme-et-les-animaux-r228/</link><description>Sire lion &#xE9;tant pass&#xE9; Des soucis du pouvoir et des troubles du monde Au s&#xE9;jour de la nuit profonde, Quand on l'eut dans la tombe et dans l'oubli plac&#xE9;, Les animaux, convoqu&#xE9;s &#xE0; la ronde, Cherchaient un successeur au vieux roi tr&#xE9;pass&#xE9;. Hors un &#xE9;poux, rien n'est peut-&#xEA;tre Plus embarrassant qu'un tel choix, Et l'on y regarde &#xE0; deux fois Quand il s'agit de se donner un ma&#xEE;tre. D'abord on ne voulait plus voir Au pouvoir Ni tigres, ni lions, ni gens de cette esp&#xE8;ce, Qui, montant sur le tr&#xF4;ne avec griffes et dents, N'ont nul souci des lois et r&#xE8;gnent en brigands. Il fallait quelque roi d'une honn&#xEA;te faiblesse, Un soliveau, r&#xE9;alisant Le probl&#xE8;me nouveau d'un pouvoir impuissant, Un &#xEA;tre ind&#xE9;fini, mixte et contradictoire, Enfin quelque chose de tel Qu'un roi constitutionnel : Ces pauvres animaux avaient lu notre histoire ! Mais o&#xF9; trouver ce roi si complaisant ? Car encor voulait-on qu'il e&#xFB;t quelque m&#xE9;rite. L'un &#xE9;tait trop petit, l'autre semblait trop grand ; Le singe &#xE9;tait trop laid, et le b&#x153;uf trop pesant ; Le perroquet parlait trop vite, D'autres parlaient trop lentement. Enfin quelqu'un s'apercevant Qu'ils raisonnaient tous, Dieu sait comme, Et que chaque animal &#xE0; peine pr&#xE9;sent&#xE9; &#xC9;tait mis de c&#xF4;t&#xE9;, Souffla tout bas le nom de l'homme ; On poussa mille cris &#xE0; ce nom d&#xE9;test&#xE9;. Eh quoi ! donner la royaut&#xE9; A cet &#xEA;tre m&#xE9;chant, &#xE0; l'&#xE2;me avide et dure, Qui sous ses orgueilleuses lois, Pr&#xE9;tend asservir la nature, &#xC0; cet ingrat, plus ingrat mille fois Que le serpent qui rampe dans les bois, Et dont il fait &#xE0; tort le symbole des vices ! Car est- il un seul animal Qu'il ne maltraite point pour prix de ses services ? &#xAB; Je l'ai port&#xE9;, dit le cheval, De mes longues sueurs j'ai f&#xE9;cond&#xE9; sa terre, Et maintenant qu'infirme, accabl&#xE9; de mis&#xE8;re, Je languis sous le poids des jours, Il m'oublie, et me laisse expirer sans secours ! &#xBB; La vache vint et dit : &#xAB; Je rempla&#xE7;ai sa m&#xE8;re, Pour lui donner mon lait j'en privai mes enfants, Et quand l'&#xE2;ge a rendu ma mamelle st&#xE9;rile, Il fera d&#xE9;chirer sa nourrice inutile, Pour se nourrir encor de mes membres sanglants, Et son chien pr&#xE8;s de lui broiera mes ossements ! C'est l&#xE0; l'unique prix que re&#xE7;oive ma peine. - Et moi, dit la brebis, captive en ses liens, J'ob&#xE9;is &#xE0; sa voix, j'ob&#xE9;is &#xE0; ses chiens, Pour v&#xEA;tir ses enfants je lui donne ma laine, Et l'ingrat d&#xE9;vore les miens ! Ah ! quel autre animal e&#xFB;t commis un tel crime ?... &#xBB; Et la brebis pleurait ; et quand chaque victime Eut cont&#xE9; tour &#xE0; tour sa mis&#xE8;re et ses maux, L'homme fut reconnu d'une voix unanime Le plus m&#xE9;chant des animaux. Alors, d&#xE9;sesp&#xE9;rant de l'&#xC9;tat monarchique, Le peuple des for&#xEA;ts se mit en R&#xE9;publique. Prenaient-ils le meilleur moyen De se d&#xE9;barrasser d'un pouvoir despotique ? L'histoire n'en dit mot et l'histoire fait bien. C'e&#xFB;t &#xE9;t&#xE9; de la politique Et la meilleure ne vaut rien. Mais qu'ils se soient rendus heureux ou mis&#xE9;rables, Ce n'est pas l&#xE0; le point ; j'ai voulu seulement Montrer ici que l'homme, &#xEA;tre ingrat et m&#xE9;chant, Peut recevoir des le&#xE7;ons profitables Des animaux qu'il traite impitoyablement ; Et c'est l'origine des fables.</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2025_10/Jan_Brueghel_lAncien_-_Entre_dans_lArche_01.jpg.152944102101e16b4b4cedff20573979.jpg" length="243822" type="image/jpeg"/><pubDate>Thu, 16 Oct 2025 13:57:46 +0000</pubDate></item><item><title>La Souris et le Linot</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/la-souris-et-le-linot-r227/</link><description>Comment peut-on tourmenter une femme ? Ne pas se plaire &#xE0; faire son bonheur ? Il est pourtant des maris pleins d&#x2019;humeur Avec aigreur Toujours chantant leur gamme. Que leur opposer ?... La douceur. Sexe charmant ! nature bonne et sage En a fait votre heureux partage, Profitez-en... et songez &#xE0; l&#x2019;adage : La patience vient &#xE0; bout De tout.  Une Souris logeait tout aupr&#xE8;s d&#x2019;une grange : On est bien fort dans l&#x2019;endroit o&#xF9; l&#x2019;on mange ; Mais sentir son d&#xEE;ner &#xE0; travers un gros mur, Pour l&#x2019;app&#xE9;tit, c&#x2019;est un peu dur. La Souris avait du courage, Elle attaque le mur, de ses petites dents ; Elle n&#x2019;y fait pas grand dommage, Mais un grain c&#xE8;de aux coups vifs et tranchants.  Un Linot &#xE0; t&#xEA;te l&#xE9;g&#xE8;re &#xC9;tait l&#xE0; qui la voyait faire : Il raille l&#x2019;ouvrage, et s&#x2019;en va En chantant : Comme elle y viendra ! L&#x2019;oiseau dans un autre h&#xE9;misph&#xE8;re, L&#x2019;&#xE9;t&#xE9;, l&#x2019;automne, avait trouv&#xE9; butin ; Mais l&#x2019;hiver avait fait une rade compl&#xE8;te, Il s&#x2019;en revient &#xE0; la cachette Au grain.  Tout au beau milieu de la grange, Que voit-il ? La Souris qui mange, Grosse et grasse &#xE0; faire plaisir. &#xAB; - Ah ciel ! qui t&#x2019;a fait r&#xE9;ussir A te procurer cette aisance ? - Le travail et la patience. &#xBB;</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2025_10/Nature_morte_avec_deux_oiseaux_morts_une_souris_et_trois_insectes_1712_-Jean-Baptiste_Oudry_-_Muse_des_Beaux-Arts_dAgen.jpg.88620a623594e0bbbb3a549b222aac59.jpg" length="552844" type="image/jpeg"/><pubDate>Tue, 14 Oct 2025 15:15:00 +0000</pubDate></item><item><title>La Fable et la V&#xE9;rit&#xE9;</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/la-fable-et-la-v%C3%A9rit%C3%A9-r226/</link><description>La V&#xE9;rit&#xE9; toute nue Sortit un jour de son puits. Ses attraits par le temps &#xE9;taient un peu d&#xE9;truits. Jeunes et vieux fuyaient sa vue. La pauvre V&#xE9;rit&#xE9; restait l&#xE0; morfondue, Sans trouver un asile o&#xF9; pouvoir habiter. A ses yeux vient se pr&#xE9;senter La Fable richement v&#xEA;tue, Portant plumes et diamants, La plupart faux, mais tr&#xE8;s brillants. &#xAB; Eh ! vous voil&#xE0;, bonjour, dit-elle ; Que faites-vous ici seule sur le chemin ? &#xBB; La V&#xE9;rit&#xE9; r&#xE9;pond : &#xAB; Vous le voyez, je g&#xE8;le. Aux passants je demande en vain De me donner une retraite, Je leur fais peur &#xE0; tous. H&#xE9;las ! je le vois bien. Vieille femme n&#x2019;obtient plus rien. - Vous &#xEA;tes pourtant ma cadette, Dit la Fable, et, sans vanit&#xE9;, Partout je suis fort bien re&#xE7;ue. Mais aussi, Dame V&#xE9;rit&#xE9;, Pourquoi vous montrer toute nue ? Cela n&#x2019;est pas adroit. Tenez, arrangeons-nous ; Qu&#x2019;un m&#xEA;me int&#xE9;r&#xEA;t nous rassemble : Venez sous mon manteau, nous marcherons ensemble. Chez le sage, &#xE0; cause de vous, Je ne serai point rebut&#xE9;e ; A cause de moi, chez les fous, Vous ne serez point maltrait&#xE9;e. Servant par ce moyen chacun selon son go&#xFB;t, Gr&#xE2;ce &#xE0; votre raison et gr&#xE2;ce &#xE0; ma folie, Vous verrez, ma s&#x153;ur, que partout Nous passerons de compagnie. &#xBB;</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2025_10/1024px-Jean_Lon_Gerome_1896_La_Vrit_sortant_du_puits.jpg.9add219fa40336ee0777aae9dec1778a.jpg" length="172727" type="image/jpeg"/><pubDate>Sun, 12 Oct 2025 16:14:27 +0000</pubDate></item><item><title>La Neuvaine de Cyth&#xE8;re</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/la-neuvaine-de-cyth%C3%A8re-r225/</link><description>- &#xC9;loigne-toi, vil souffleur de temp&#xEA;te, Dit Jupiter, ne me romps pas la t&#xEA;te ; Le roi des dieux ne peut &#xEA;tre... vaincu. Junon, piqu&#xE9;e et m&#xEA;me un peu confuse Que son &#xE9;poux e&#xFB;t surpris sa vertu Dans un &#xE9;tat qui n&#x2019;a gu&#xE8;re d&#x2019;excuse, Avec humeur se rel&#xE8;ve, et l&#x2019;accuse De ne jamais la laisser en repos, Et d&#x2019;arriver toujours mal &#xE0; propos. - C&#x2019;est bien &#xE0; vous dit-elle de vous plaindre ! J&#x2019;ai trop souffert, je suis lasse de feindre. Et la voil&#xE0; rappelant tous les tours Qu&#x2019;il lui faisait dans ses folles amours. - Comment dit-il c&#x2019;est elle encor qui gronde ! Elle e&#xFB;t voulu qu&#x2019;&#xE0; son aise, &#xE0; loisir, On la laiss&#xE2;t se donner du plaisir ! Mille carreaux !... Le souverain du monde Fron&#xE7;ait d&#xE9;j&#xE0; ses sourcils orageux, Et la Discorde allait troubler les jeux, Lorsque V&#xE9;nus, descendant de son tr&#xF4;ne, Apr&#xE8;s avoir, d&#x2019;un regard tendre et doux, Du couple auguste apais&#xE9; le courroux, En souriant leur pr&#xE9;sente son faune. - Dieux immortels, je vous demande &#xE0; tous S&#x2019;il est, dit-elle, assez digne de vous. Les faits ou&#xEF;s, la neuvaine d&#xE9;crite, Tous ses rivaux, m&#xEA;me les plus jaloux, En gens d&#x2019;honneur rendent gloire au m&#xE9;rite. - Venez, mon gendre, et soupez avec nous, Dit Jupiter : ce sera chez ma fille. Je veux ce soir m&#x2019;enivrer en famille. Demain matin l&#x2019;Olympe radieux Sera t&#xE9;moin de votre apoth&#xE9;ose ; Car le Destin, dont ma fille dispose, A dit ces mots, consign&#xE9;s dans les cieux : &#xAB; Quand il lui pla&#xEE;t la beaut&#xE9; fait les dieux. &#xBB;</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2025_10/Nicolas_Lancret_-_La_lecon_de_musique_Painting_by_Nicolas_Lancret.jpg.b289e19c22744714f22eeb59bfe0f0ff.jpg" length="248627" type="image/jpeg"/><pubDate>Fri, 10 Oct 2025 12:54:28 +0000</pubDate></item><item><title>Apr&#xE8;s la vendange</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/apr%C3%A8s-la-vendange-r224/</link><description>Avec sa feuille morte, o&#xF9; se glace la rouille, La vigne semble triste ainsi qu&#x2019;une d&#xE9;pouille Une derni&#xE8;re fois &#xE9;tendue au soleil. Hier, qui donc a pris tout son raisin vermeil ? Les oiseaux, en &#xE9;moi, modulent leur surprise. Car la vigne m&#xFB;rit pour que l&#x2019;oiseau se grise. Sournoisement qui donc a vendang&#xE9; sans eux ? Et, sans en avoir l&#x2019;air, les merles soup&#xE7;onneux, Sous les feuilles qui font un bruit de voix plaintives, Regardent de travers l&#x2019;attitude des grives.</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2025_10/c295fc42-981b-433b-bce8-6f6f81f264bf_1_201_a-2.jpeg.ef24cdd7356b5787534e08d96369746c.jpeg" length="258047" type="image/jpeg"/><pubDate>Tue, 30 Sep 2025 19:30:45 +0000</pubDate></item><item><title>Dans le silencieux automne</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/dans-le-silencieux-automne-r222/</link><description>Dans le silencieux automne D&#x2019;un jour mol et soyeux, Je t&#x2019;&#xE9;coute en fermant les yeux, Voisine monotone.  Ces gammes de tes doigts hardis, C&#x2019;&#xE9;tait d&#xE9;j&#xE0; des gammes Quand n&#x2019;&#xE9;taient pas encor des dames Mes cousines, jadis ;  Et qu&#x2019;aux toits noirs de la Rafette, O&#xF9; grince un fer changeant, Les abeilles d&#x2019;or et d&#x2019;argent Mettaient l&#x2019;aurore en f&#xEA;te.</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2025_09/Millais_-_Herbstbltter.jpg.89c7dad7a6c4599f4572c17566012076.jpg" length="118260" type="image/jpeg"/><pubDate>Tue, 23 Sep 2025 18:25:59 +0000</pubDate></item><item><title>Fleur de r&#xEA;ve</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/fleur-de-r%C3%AAve-r220/</link><description>Klop, Klip, Klop, Klop, Klip, Klop, Goutte &#xE0; goutte &#xE9;grenant son rythmique sanglot, Aux vasques du bassin o&#xF9; l'eau r&#xEA;ve immobile, Un jet d'eau trouble seul la grande Nuit tranquille. Quel silence ! On dirait que le monde assoupi Sur des flots de velours roule dans l'infini. L&#xE0;-haut, criblant l'Espace &#xE0; des milliards de lieues, P&#xE8;lerins ennuy&#xE9;s des Solitudes bleues, Enchev&#xEA;trant sans fin leurs orbes indolents, Sans soucis des martyrs qui grouillent sur leurs flancs, Les &#xE9;toiles en ch&#x153;ur circulent vagabondes - Oasis de mis&#xE8;re ou cadavres de mondes. Je veux oublier tout, l&#xE2;cher les r&#xEA;nes d'or Aux contemplations &#xE9;ployant leur essor. Des strophes en mon sein d&#xE9;j&#xE0; battent de l'aile, A quoi bon les plier dans un rythme rebelle? Je ne veux rien savoir, le vertige &#xE9;nervant Me roule dans les plis de son gouffre mouvant. Doucement, je me fonds, je suis mort et je doute Si j'entends le Jet d'eau ponctuer goutte &#xE0; goutte Le silence &#xE9;ternel d'un rythmique sanglot, Klop, Klip, Klop, Klop, Klip, Klop.</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2025_08/Claude_Monet_038.jpg.5e704bd940bb0d11a350d8ecf0993cde.jpg" length="131664" type="image/jpeg"/><pubDate>Tue, 19 Aug 2025 20:31:48 +0000</pubDate></item><item><title>En for&#xEA;t</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/en-for%C3%AAt-r219/</link><description>Dans la for&#xEA;t &#xE9;trange c&#x2019;est la nuit ; C&#x2019;est comme un noir silence qui bruit ;  Dans la for&#xEA;t, ici blanche et l&#xE0; brune, En pleurs de lait filtre le clair de lune.  Un vent d&#x2019;&#xE9;t&#xE9;, qui souffle on ne sait d&#x2019;o&#xF9;, Erre en r&#xEA;vant comme une &#xE2;me de fou,  Et, sous des yeux d&#x2019;&#xE9;toile &#xE9;panouie, La for&#xEA;t chante avec un bruit de pluie.  Parfois il vient des g&#xE9;missements doux Des lointains bleus pleins d&#x2019;oiseaux et de loups ;  Il vient aussi des senteurs de repaires ; C&#x2019;est l&#x2019;heure froide o&#xF9; dorment les vip&#xE8;res,  L&#x2019;heure o&#xF9; l&#x2019;amour s&#x2019;&#xE9;peure au fond du nid, O&#xF9; s&#x2019;&#xE9;labore en secret l&#x2019;aconit ;  O&#xF9; l&#x2019;&#xEA;tre qui garde une ch&#xE8;re offense, Se sentant seul et loin des hommes, pense.  &#x2014; Pourtant la lune est bonne dans le ciel Qui verse, avec un sourire de miel,  Son &#xE2;me calme et ses p&#xE2;leurs amies Au troupeau roux des roches endormies.</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2025_08/Forest_of_Fontainebleau-1830-Jean-Baptiste-Camille_Corot.jpg.b2fd45ed8552f977749ce7a4737894a2.jpg" length="248185" type="image/jpeg"/><pubDate>Tue, 19 Aug 2025 19:58:07 +0000</pubDate></item><item><title>Impressionnisme</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/impressionnisme-r218/</link><description>Je vais parfois revoir, tout seul, un petit coin Obscur du boulevard Montparnasse, t&#xE9;moin De mon premier amour pour une &#xAB; fleurs et plumes &#xBB; Aux cheveux d'or. C'est dans ce lieu que nous nous pl&#xFB;mes. Aussi me produit-il un effet singulier : Il me semble que mon &#xE2;me est comme un clavier, Et que le doigt furtif du souvenir la fr&#xF4;le. Pareil au bruit du vent dans les feuilles d'un saule, Il s'en d&#xE9;gage un son lumineusement doux, &#x2014; Une esp&#xE8;ce de la b&#xE9;mol, qui serait roux.</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2025_08/Camille_Pissarro_009.jpg.4a88354b10e0e7fcb6f5abdfa39c3a75.jpg" length="437748" type="image/jpeg"/><pubDate>Tue, 19 Aug 2025 19:51:00 +0000</pubDate></item><item><title>Ce qu&#x2019;on dit au Po&#xE8;te &#xE0; propos de fleurs</title><link>https://accents-poetiques.com/le-pantheon/poesie/ce-quon-dit-au-po%C3%A8te-%C3%A0-propos-de-fleurs-r217/</link><description>&#xC0; Monsieur Th&#xE9;odore de Banville  I  Ainsi, toujours, vers l&#x2019;azur noir O&#xF9; tremble la mer des topazes, Fonctionneront dans ton soir Les Lys, ces clyst&#xE8;res d&#x2019;extases !  &#xC0; notre &#xE9;poque de sagous, Quand les Plantes sont travailleuses, Le Lys boira les bleus d&#xE9;go&#xFB;ts Dans tes Proses religieuses !  &#x2014; Le lys de monsieur de Kerdrel, Le Sonnet de mil huit cent trente, Le Lys qu&#x2019;on donne au M&#xE9;nestrel Avec l&#x2019;&#x153;illet et l&#x2019;amarante !  Des lys ! Des lys ! On n&#x2019;en voit pas ! Et dans ton Vers, tel que les manches Des P&#xE9;cheresses aux doux pas, Toujours frissonnent ces fleurs blanches !  Toujours, Cher, quand tu prends un bain, Ta Chemise aux aisselles blondes Se gonfle aux brises du matin Sur les myosotis immondes !  L&#x2019;amour ne passe &#xE0; tes octrois Que les Lilas, &#x2013; &#xF4; balan&#xE7;oires ! Et les Violettes du Bois, Crachats sucr&#xE9;s des Nymphes noires !&#x2026;  II  &#xD4; Po&#xE8;tes, quand vous auriez Les Roses, les Roses souffl&#xE9;es, Rouges sur tiges de lauriers, Et de mille octaves enfl&#xE9;es !  Quand BANVILLE en ferait neiger, Sanguinolentes, tournoyantes, Pochant l&#x2019;&#x153;il fou de l&#x2019;&#xE9;tranger Aux lectures mal bienveillantes !  De vos for&#xEA;ts et de vos pr&#xE9;s, &#xD4; tr&#xE8;s paisibles photographes ! La Flore est diverse &#xE0; peu pr&#xE8;s Comme des bouchons de carafes !  Toujours les v&#xE9;g&#xE9;taux Fran&#xE7;ais, Hargneux, phtisiques, ridicules, O&#xF9; le ventre des chiens bassets Navigue en paix, aux cr&#xE9;puscules ;  Toujours, apr&#xE8;s d&#x2019;affreux desseins De Lotos bleus ou d&#x2019;H&#xE9;lianthes, Estampes roses, sujets saints Pour de jeunes communiantes !  L&#x2019;Ode A&#xE7;oka cadre avec la Strophe en fen&#xEA;tre de lorette ; Et de lourds papillons d&#x2019;&#xE9;clat Fientent sur la P&#xE2;querette.  Vieilles verdures, vieux galons ! &#xD4; croquignoles v&#xE9;g&#xE9;tales ! Fleurs fantasques des vieux Salons ! &#x2014; Aux hannetons, pas aux crotales,  Ces poupards v&#xE9;g&#xE9;taux en pleurs Que Grandville e&#xFB;t mis aux lisi&#xE8;res, Et qu&#x2019;allait&#xE8;rent de couleurs De m&#xE9;chants astres &#xE0; visi&#xE8;res !  Oui, vos bavures de pipeaux Font de pr&#xE9;cieuses glucoses ! &#x2014; Tas d&#x2019;&#x153;ufs frits dans de vieux chapeaux, Lys, A&#xE7;okas, Lilas et Roses !&#x2026;  III  &#xD4; blanc Chasseur, qui cours sans bas &#xC0; travers le P&#xE2;tis panique, Ne peux-tu pas, ne dois-tu pas Conna&#xEE;tre un peu ta botanique ?  Tu ferais succ&#xE9;der, je crains, Aux Grillons roux les Cantharides, L&#x2019;or des Rios au bleu des Rhins, Bref, aux Norw&#xE8;ges les Florides :  Mais, Cher, l&#x2019;Art n&#x2019;est plus, maintenant, &#x2014; C&#x2019;est la v&#xE9;rit&#xE9;, &#x2014; de permettre &#xC0; l&#x2019;Eucalyptus &#xE9;tonnant Des constrictors d&#x2019;un hexam&#xE8;tre ;  L&#xE0; !&#x2026; Comme si les Acajous Ne servaient, m&#xEA;me en nos Guyanes, Qu&#x2019;aux cascades des sapajous, Au lourd d&#xE9;lire des lianes !  &#x2014; En somme, une Fleur, Romarin Ou Lys, vive ou morte, vaut-elle Un excr&#xE9;ment d&#x2019;oiseau marin ? Vaut-elle un seul pleur de chandelle ?  &#x2014; Et j&#x2019;ai dit ce que je voulais ! Toi, m&#xEA;me assis l&#xE0;-bas, dans une Cabane de bambous, &#x2014; volets Clos, tentures de perse brune, &#x2014;  Tu torcherais des floraisons Dignes d&#x2019;Oises extravagantes !&#x2026; &#x2014; Po&#xE8;te ! ce sont des raisons Non moins risibles qu&#x2019;arrogantes !&#x2026;  IV  Dis, non les pampas printaniers Noirs d&#x2019;&#xE9;pouvantables r&#xE9;voltes, Mais les tabacs, les cotonniers ! Dis les exotiques r&#xE9;coltes !  Dis, front blanc que Ph&#xE9;bus tanna, De combien de dollars se rente Pedro Velasquez, Habana ; Incague la mer de Sorrente  O&#xF9; vont les Cygnes par milliers ; Que tes strophes soient des r&#xE9;clames Pour l&#x2019;abatis des mangliers Fouill&#xE9;s des hydres et des lames !  Ton quatrain plonge aux bois sanglants Et revient proposer aux Hommes Divers sujets de sucres blancs, De pectoraires et de gommes !  Sachons par Toi si les blondeurs Des Pics neigeux, vers les Tropiques, Sont ou des insectes pondeurs Ou des lichens microscopiques !  Trouve, &#xF4; Chasseur, nous le voulons, Quelques garances parfum&#xE9;es Que la Nature en pantalons Fasse &#xE9;clore ! &#x2014; pour nos Arm&#xE9;es !  Trouve, aux abords du Bois qui dort, Les fleurs, pareilles &#xE0; des mufles, D&#x2019;o&#xF9; bavent des pommades d&#x2019;or Sur les cheveux sombres des Buffles !  Trouve, aux pr&#xE9;s fous, o&#xF9; sur le Bleu Tremble l&#x2019;argent des pubescences, Des calices pleins d&#x2019;Oeufs de feu Qui cuisent parmi les essences !  Trouve des Chardons cotonneux Dont dix &#xE2;nes aux yeux de braises Travaillent &#xE0; filer les n&#x153;uds ! Trouve des Fleurs qui soient des chaises !  Oui, trouve au c&#x153;ur des noirs filons Des fleurs presque pierres, &#x2014; fameuses ! &#x2014; Qui vers leurs durs ovaires blonds Aient des amygdales gemmeuses !  Sers-nous, &#xF4; Farceur, tu le peux, Sur un plat de vermeil splendide Des rago&#xFB;ts de Lys sirupeux Mordant nos cuillers Alf&#xE9;nide !  V  Quelqu&#x2019;un dira le grand Amour, Voleur des sombres Indulgences : Mais ni Renan, ni le chat Murr N&#x2019;ont vu les Bleus Thyrses immenses !  Toi, fais jouer dans nos torpeurs, Par les parfums les hyst&#xE9;ries ; Exalte-nous vers les candeurs Plus candides que les Maries&#x2026;  Commer&#xE7;ant ! colon ! m&#xE9;dium ! Ta Rime sourdra, rose ou blanche, Comme un rayon de sodium, Comme un caoutchouc qui s&#x2019;&#xE9;panche !  De tes noirs Po&#xE8;mes, &#x2014; Jongleur ! Blancs, verts, et rouges dioptriques, Que s&#x2019;&#xE9;vadent d&#x2019;&#xE9;tranges fleurs Et des papillons &#xE9;lectriques !  Voil&#xE0; ! c&#x2019;est le Si&#xE8;cle d&#x2019;enfer ! Et les poteaux t&#xE9;l&#xE9;graphiques Vont orner, &#x2014; lyre aux chants de fer, Tes omoplates magnifiques !  Surtout, rime une version Sur le mal des pommes de terre ! &#x2014; Et, pour la composition De po&#xE8;mes pleins de myst&#xE8;re  Qu&#x2019;on doive lire de Tr&#xE9;guier &#xC0; Paramaribo, rach&#xE8;te Des Tomes de Monsieur Figuier, &#x2014; Illustr&#xE9;s ! &#x2014; chez Monsieur Hachette !</description><enclosure url="https://accents-poetiques.com/uploads/monthly_2025_08/2560px-Courbet_LAtelier_du_peintre.jpg.c12d6227f704818cdee6bdad6c13da69.jpg" length="247060" type="image/jpeg"/><pubDate>Sun, 17 Aug 2025 21:38:20 +0000</pubDate></item></channel></rss>
