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En chemin

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

 

          Au désert, il était un manteau vert, à partager entre nous, entre nus, qu’on avait perdu – nous étions perdus

 

          vêtus d’une peau de soleil, j’allais, elle allait vers la mer, des hautes dunes accourus, solitaires de pauvre lune, et perclus

 

          je l’avais croisée autrefois, parfois, c’était à chaque fois sur l’estran las de danser, entre deux temps passés et l’avenir, ressassés

 

          l’état de grâce, d’alerte puis d’urgence, pieds mains et tête découverts, et cette errance qui prenait enfin sens

 

          j’avais jeté mon cœur, elle l’avait ramassé qui battait encore, me rendait mon or

 

          le sien en son sein, c’était coquillage, nous étions sans âge, loin, trop loin des plages

 

         on l’avait vu faire, on écoutait la mer

 

          puis il y eut de l’orage, une eau violente qui rage, ô désespoir ennemi

 

          alors il chut des glaçons, nous gelâmes en été, contemplant nos gerçures au jusant des nuages, pantelants

 

          nous avons contemplé, sans bouger, grands brûlés, le tourbillon de la neige floconner

 

          sur nos nudités désormais séparées

transies

 

          trahies

 

          trahis.

Modifié par Thy Jeanin

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un très beau conte symbolique, ou une allégorie, qui met en évidence de façon frappante la fragilité, la fugacité, du lien entre les êtres.

Quelle subtilité ! D'autant plus frappante que l'expression reste sobre et allusive, l'environnement juste esquissé.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Je pense, te lisant, à Yves Bonnefoy  : même hantise du "lieu réel " qui se dérobe, même dialogue entre la lumière et l’absence, avec cette "errance qui prenait enfin sens " aussitôt reprise par la rupture.

Mais aussi, par la nudité désertique et l’amour comme coquillage battant, à un René Char plus élégiaque : la fulgurance de l’image " j’avais jeté mon cœur, elle l’avait ramassé qui battait encore " et la marche vers la mer comme destinée trahie par l’orage, convoquent l’ardeur et le désastre des Fureurs et mystères.

Une voix singulière, cependant, par son rythme haletant et sa fragmentation presque clinique : celle de Thy Jeanin !!


Posté(e)
  • Semeur d’échos

C'est un très beau texte, Thy Jeanin. La poésie est partout. Bravo !

Posté(e)
Le 23/04/2026 à 19:52, Thy Jeanin a écrit :

 

          Au désert, il était un manteau vert, à partager entre nous, entre nus, qu’on avait perdu – nous étions perdus

 

          vêtus d’une peau de soleil, j’allais, elle allait vers la mer, des hautes dunes accourus, solitaires de pauvre lune, et perclus

 

          je l’avais croisée autrefois, parfois, c’était à chaque fois sur l’estran las de danser, entre deux temps passés et l’avenir, ressassés

 

          l’état de grâce, d’alerte puis d’urgence, pieds mains et tête découverts, et cette errance qui prenait enfin sens

 

          j’avais jeté mon cœur, elle l’avait ramassé qui battait encore, me rendait mon or

 

          le sien en son sein, c’était coquillage, nous étions sans âge, loin, trop loin des plages

 

         on l’avait vu faire, on écoutait la mer

 

          puis il y eut de l’orage, une eau violente qui rage, ô désespoir ennemi

 

          alors il chut des glaçons, nous gelâmes en été, contemplant nos gerçures au jusant des nuages, pantelants

 

          nous avons contemplé, sans bouger, grands brûlés, le tourbillon de la neige floconner

 

          sur nos nudités désormais séparées

transies

 

          trahies

 

          trahis.

Les éléments sont là pour « habiller » le récit

Une effervescence de climats que subissent deux êtres mis à nu qui se protègent ensemble… un environnement hostile qui rapproche et une écriture très poétique sur tout l’ensemble du texte ! 💫

Posté(e)

Saint Martin serait-il passé sur ce texte ? C'est ce que j'ai cru tout d'abord avec la première phrase puis, au fil de la lecture, j'avais l'impression qu'une même âme se déchirait au milieu des éléments.

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Une même âme... C'est ce que l'amour nous fait croire, le méchant farceur!

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