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Poésie

173 poèmes dans cette catégorie

  1. Sertorius ·
    Vous vivez lâchement, sans rêve, sans dessein, Plus vieux, plus décrépits que la terre inféconde, Châtrés dès le berceau par le siècle assassin De toute passion vigoureuse et profonde. Votre cervelle est vide autant que votre sein, Et vous avez souillé ce misérable monde D'un sang si corrompu, d'un souffle si malsain, Que la mort germe seule en cette boue immonde. Hommes, tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loin Où, sur un grand tas d'or vautrés dans quelque coin, Ay
    Sertorius
    Sertorius
    Charlie Baudoin
    Charlie Baudoin
    • 1 commentaire
    • 42 736 vues
  2. Sertorius ·
    Hérodiade La Nourrice   N.   Tu vis ! ou vois-je ici l’ombre d’une princesse ? À mes lèvres tes doigts et leurs bagues et cesse De marcher dans un âge ignoré...   H.                                                                       Reculez. Le blond torrent de mes cheveux immaculés, Quand il baigne mon corps solitaire le glace D’horreur, et mes cheveux que la lumière enlace Sont immortels. Ô femme, un baiser me tûrait Si la beauté n’était
    Sertorius
    Sertorius
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    • 881 vues
  3. Sertorius ·
    Un jour, Kanut, à l’heure où l’assoupissement Ferme partout les yeux sous l’obscur firmament, Ayant pour seul témoin la nuit, l’aveugle immense, Vit son père Swéno, vieillard presque en démence, Qui dormait, sans un garde à ses pieds, sans un chien ; Il le tua, disant : « Lui-même n’en sait rien. » Puis il fut un grand roi.                                         Toujours vainqueur, sa vie Par la prospérité fidèle fut suivie ; Il fut plus triomphant que la gerbe des blés 
    Sertorius
    Sertorius
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    • 645 vues
  4. Sertorius ·
    Ravivant les langueurs nacrées De tes yeux battus et vainqueurs, En mèches de parfum lustrées Se courbent deux accroche-cœurs. A voir s'arrondir sur tes joues Leurs orbes tournés par tes doigts, On dirait les petites roues Du char de Mab fait d'une noix ; Ou l'arc de l'Amour dont les pointes, Pour une flèche à décocher, En cercle d'or se sont rejointes A la tempe du jeune archer. Pourtant un scrupule me trouble, Je n'ai qu'un cœur, alors pourquoi, Coquette, u
    Sertorius
    Sertorius
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    • 916 vues
  5. Joailes ·
    Parmi les doux transports d'une amitié fidèle, Je voyais près d'Iris couler mes heureux jours : Iris que j'aime encore, et que j'aimerai toujours, Brûlait des mêmes feux dont je brûlais pour elle :   Quand, par l'ordre du ciel, une fièvre cruelle M'enleva cet objet de mes tendres amours ; Et, de tous mes plaisirs interrompant le cours, Me laissa de regrets une suite éternelle.   Ah ! qu'un si rude coup étonna mes esprits ! Que je versais de pleurs ! que je pouss
    Joailes
    Joailes
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    • 1 571 vues
  6. Sertorius ·
    Angantyr, dans sa fosse étendu, pâle et grave, À l’abri de la lune, à l’abri du soleil, L’épée entre les bras, dort son muet sommeil ; Car les aigles n’ont point mangé la chair du brave, Et la seule bruyère a bu son sang vermeil. Au faîte du cap noir sous qui la mer s’enfonce, La fille d’Angantyr que nul bras n’a vengé Et qui, dans le sol creux, gît d’un tertre chargé, Hervor, le sein meurtri par la pierre et la ronce, Trouble de ses clameurs le héros égorgé.  
    Sertorius
    Sertorius
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    • 1 382 vues
  7. Patricia ·
    Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées, Des montagnes, des bois, des nuages, des mers, Par delà le soleil, par delà les éthers, Par delà les confins des sphères étoilées,   Mon esprit, tu te meus avec agilité, Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde, Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde Avec une indicible et mâle volupté.   Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ; Va te purifier dans l’air supérieur, Et bois, comme une pure et divine l
    Patricia
    Patricia
    • 4 commentaires
    • 3 270 vues
  8. Comité de rédaction ·
    La très-chère était nue, et, connaissant mon coeur, Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores, Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures.   Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur, Ce monde rayonnant de métal et de pierre Me ravit en extase, et j’aime à la fureur Les choses où le son se mêle à la lumière.   Elle était donc couchée et se laissait aimer, Et du haut du divan elle souriait d’aise A mon amour profond et doux
    Comité de rédaction
    Comité de rédaction
    • 2 commentaires
    • 1 457 vues
  9. Joailes ·
    Madame quel est votre mot Et sur le mot et sur la chose ? On vous a dit souvent le mot, On vous a fait souvent la chose. Ainsi de la chose et du mot Vous pouvez dire quelque chose Et je gagerai que le mot Vous plaît beaucoup moins que la chose. Pour moi voici quel est mon mot Et sur le mot et sur la chose : J’avouerai que j’aime le mot, J’avouerai que j’aime la chose. Mais c’est la chose avec le mot, Mais c’est le mot avec la chose. Autrement la chose et le m
    Joailes
    Joailes
    • 3 commentaires
    • 1 300 vues
  10. Vespertile ·
    Tu te tairas, ô voix sinistre des vivants ! Blasphèmes furieux qui roulez par les vents, Cris d'épouvante, cris de haine, cris de rage, Effroyables clameurs de l'éternel naufrage, Tourments, crimes, remords, sanglots désespérés, Esprit et chair de l'homme, un jour vous vous tairez ! Tout se taira, dieux, rois, forçats et foules viles, Le rauque grondement des bagnes et des villes, Les bêtes des forêts, des monts et de la mer, Ce qui vole et bondit et rampe en cet enfer.
    Vespertile
    Vespertile
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    • 7 938 vues
  11. Comité de rédaction ·
    Je me propose, sans être ému, de déclamer à grande voix la strophe sérieuse et froide que vous allez entendre. Vous, faites attention à ce qu’elle contient, et gardez-vous de l’impression pénible qu’elle ne manquera pas de laisser, comme une flétrissure, dans vos imaginations troublées. Ne croyez pas que je sois sur le point de mourir, car je ne suis pas encore un squelette, et la vieillesse n’est pas collée à mon front. Écartons en conséquence toute idée de comparaison avec le cygne, au moment
    Comité de rédaction
    Comité de rédaction
    Comité de rédaction
    Comité de rédaction
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    • 5 494 vues
  12. Joailes ·
    Tant que mes yeux pourront larmes épandre A l'heur passé avec toi regretter, Et qu'aux sanglots et soupirs résister Pourra ma voix, et un peu faire entendre ; Tant que ma main pourra les cordes tendre Du mignard luth, pour tes grâces chanter ; Tant que l'esprit se voudra contenter De ne vouloir rien fors que toi comprendre, Je ne souhaite encore point mourir. Mais, quand mes yeux je sentirai tarir, Ma voix cassée, et ma main impuissante, Et mon esprit en ce mortel
    Joailes
    Joailes
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    • 1 495 vues
  13. Jeep ·
    Tendre, la jeune femme rousse, Que tant d'innocence émoustille, Dit à la blonde jeune fille Ces mots, tout bas, d'une voix douce : « Sève qui monte et fleur qui pousse, Ton enfance est une charmille : Laisse errer mes doigts dans la mousse Où le bouton de rose brille, Laisse-moi, parmi l'herbe claire, Boire les gouttes de rosée Dont la fleur tendre est arrosée, – « Afin que le plaisir, ma chère, Illumine ton front candide Comme l'aube l'azur timide. »
    Jeep
    Jeep
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    • 1 280 vues
  14. Sophie ·
    Toute espérance, enfant, est un roseau. Dieu dans ses mains tient nos jours, ma colombe ; Il les dévide à son fatal fuseau, Puis le fil casse et notre joie en tombe ;      Car dans tout berceau      Il germe une tombe. Jadis, vois-tu, l’avenir, pur rayon, Apparaissait à mon âme éblouie, Ciel avec l’astre, onde avec l’alcyon, Fleur lumineuse à l’ombre épanouie.      Cette vision      S’est évanouie ! Si près de toi quelqu’un pleure en rêvant, Laisse pleurer sans en
    Sophie
    Sophie
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    • 1 412 vues
  15. Joailes ·
    Ma pensée est couleur de lumières lointaines, Du fond de quelque crypte aux vagues profondeurs. Elle a l'éclat parfois des subtiles verdeurs D'un golfe où le soleil abaisse ses antennes. En un jardin sonore, au soupir des fontaines, Elle a vécu dans les soirs doux, dans les odeurs ; Ma pensée est couleur de lumières lointaines, Du fond de quelque crypte aux vagues profondeurs. Elle court à jamais les blanches prétentaines, Au pays angélique où montent ses ardeurs, Et, l
    Joailes
    Joailes
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    • 1 369 vues
  16. Sophie ·
    C’est un trou de verdure où chante une rivière, Accrochant follement aux herbes des haillons D’argent ; où le soleil, de la montagne fière, Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.   Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue, Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.   Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme Sourirait un enfant malade, il fait u
    Sophie
    Sophie
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    • 1 625 vues
  17. Joailes ·
    « — Mon beau chien, mon bon chien, mon cher toutou, approchez et venez respirer un excellent parfum acheté chez le meilleur parfumeur de la ville. » Et le chien, en frétillant de la queue, ce qui est, je crois, chez ces pauvres êtres, le signe correspondant du rire et du sourire, s’approche et pose curieusement son nez humide sur le flacon débouché ; puis, reculant soudainement avec effroi, il aboie contre moi en manière de reproche. « — Ah ! misérable chien, si je vous avais offert un paque
    Joailes
    Joailes
    • 3 commentaires
    • 1 186 vues
  18. Thierry Demercastel ·
    " C'est moi ; - moi qui, du fond des siècles et des âges, Fis blanchir le sourcil et la barbe des sages ; La terre à peine ouverte au soleil souriant, C'est moi qui, sous le froc des vieux rois d'Orient, Avec la tête basse et la face pensive, Du haut de la terrasse et de la tour massive, Jetai cette clameur au monde épouvanté Vanité. vanité, tout n'est que vanité ! C'est moi qui mis l'Asie aux serres d'Alexandre, Qui plus tard changeai Rome en un grand tas de cendre, Et qui,
    Thierry Demercastel
    Thierry Demercastel
    Thierry Demercastel
    Thierry Demercastel
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    • 1 222 vues
  19. Joailes ·
    Ainsi le jeune amant, seul, loin de ses délices, S’assied sous un mélèze au bord des précipices, Et là, revoit la lettre où, dans un doux ennui, Sa belle amante pleure et ne vit que pour lui. Il savoure à loisir ces lignes qu’il dévore ; Il les lit, les relit et les relit encore, Baise la feuille aimée et la porte à son cœur. Tout à coup de ses doigts l’aquilon ravisseur Vient, l’emporte et s’enfuit. Dieux ! il se lève, il crie, Il voit, par le vallon, par l’air, par la prairie
    Joailes
    Joailes
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    • 3 254 vues
  20. Tarentaise ·
    Laborieux valet du plus commode maître Qui pour te rendre heureux ici-bas pouvait naître, Antoine, gouverneur de mon jardin d'Auteuil, Qui diriges chez moi l'if et le chèvrefeuil, Et sur mes espaliers, industrieux génie, Sais si bien exercer l'art de La Quintinie ; Ô ! que de mon esprit triste et mal ordonné, Ainsi que de ce champ par toi si bien orné. Ne puis-je faire ôter les ronces, les épines, Et des défauts sans nombre arracher les racines ! Mais parle : raisonnons. Q
    Tarentaise
    Tarentaise
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    • 880 vues
  21. Sophie ·
    Je respire où tu palpites, Tu sais; à quoi bon, hélas ! Rester là si tu me quittes, Et vivre si tu t'en vas ?   A quoi bon vivre, étant l'ombre De cet ange qui s'enfuit ? A quoi bon, sous le ciel sombre, N'être plus que de la nuit ?   Je suis la fleur des murailles Dont Avril est le seul bien. Il suffit que tu t'en ailles Pour qu'il ne reste plus rien.   Tu m'entoures d'auréoles; Te voir est mon seul souci. Il s
    Sophie
    Sophie
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    • 2 264 vues
  22. Mercoyrol ·
    Très-belle et amoureuse joue  Sur laquelle mon cœur se joue  Et mes yeux prennent leur repas,  Joue faite mieux qu’au compas,  Joue blanche, ou bien claire et brune  Ronde comme un croissant de lune  S’allongeant un peu vers la bouche,  Qu’il me tarde que ne te touche  Et te mesure avec la mienne,  Laquelle chose en bref advienne,  Ainsi que j’en ai le souhait.  Ô joue gaillarde et dehait  De qui tout amoureux fait fête  Contemplant ta beauté parfaite.  Joue de qui le
    Mercoyrol
    Mercoyrol
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    • 1 018 vues
  23. Comité de rédaction ·
    Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage, Traversé çà et là par de brillants soleils ; Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage, Qu’il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.   Voilà que j’ai touché l’automne des idées, Et qu’il faut employer la pelle et les râteaux Pour rassembler à neuf les terres inondées, Où l’eau creuse des trous grands comme des tombeaux.   Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve Trouveront dans ce sol lavé comme une grève Le mystique aliment qui fer
    Comité de rédaction
    Comité de rédaction
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    • 1 552 vues
  24. Joailes ·
    N’écris pas. Je suis triste, et je voudrais m’éteindre. Les beaux étés sans toi, c’est la nuit sans flambeau. J’ai refermé mes bras qui ne peuvent t’atteindre, Et frapper à mon cœur, c’est frapper au tombeau.                         N’écris pas !   N’écris pas. N’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes, Ne demande qu’à Dieu... qu’à toi, si je t’aimais ! Au fond de ton absence écouter que tu m’aimes, C’est entendre le ciel sans y monter jamais.                         N
    Joailes
    Joailes
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    • 991 vues

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