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Le temps de passer...

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

 

          C’est ainsi : où que je place les choses, je ne les retrouve jamais. A leur place, je trouve autre chose. Il en est de même de moi-même : la psyché me dérobe ma psyché. A ma place, j’en vois un autre et il me faut avaler cette couleuvre : c’est moi ?! Mais hier, il me manquait ce cheveu blanc… Aurait-il neigé ? Car je n’étais pas là, même si je croyais y être. N’en faisons pas une omelette ni n’en mâchons une miette, mais que tout cela n’est pas net ! Naître n’est pas être, certes, et qui dit : j’étais là, parle de ce qui n’est plus, l’usurpateur ! Quant à prétendre que j’y serai, cette bonne blague ! Un coup de Mistral, couillon, et tu n’existes plus !

 

          Un jour, j’en ai eu assez. Assez de dire « je », assez de me forcer l’âme à assurer la continuité de cette breloque qu’est ma carcasse. Après tout, la génétique y suffit. Parle à mon génome, ma raison est malade. Elle a fui dans un pli dérobé du passé (cet étincelant massif inaccessible devenu) et – qui sait – réapparaîtra peut-être demain dans une bouteille échouée sur la plage du temps. La vois-tu, ô vigie, herméneute des flots ?

 

          Et de faire n’importe quoi, à commencer par rien du tout et son contraire. J’appliquai, au gré de mes caprices, un « quoi qu’il en coûte » existentiel si déplorable que la justice des hommes fut à un cheveu (bleu – je me les étais teints) de me chercher noise en mer d’Iroise, alors que j’avais perdu toutes mes noisettes, dormi dans la rue puis dans le ru, jamais deux fois dans les mêmes eaux, sous une mauvaise étoile qui clignait de l’œil (torve), quand la lune tournait du sien, je crus me trouver mal, fort mal en point, à la pointe de Sein, dans cette auberge espagnole qu’est le vide de la vie, salle des pas perdus pour tout le monde… Récit d’un naufrage, naufrage du récit.

 

          Et tu vins me chercher, prêtresse de l’Amour… Alors, je vis bien que Montaigne avait raison qui plaçait à sauts et à gambades sur le trône de ce « branle pérenne » la conscience que nous en avons. C’était la maîtresse que j’avais égarée ici et voilà qu’elle revenait en glorieuse servante de son ex-ami, qu’elle avait quitté ci et qu’elle retrouvait là en piteux avatar, - heureuse heuristique.

 

          Dont je déduis qu’il n’est jamais trop tard ni trop tôt pour ne rien faire si le temps se donne  – car ce fantôme à trois têtes, sitôt qu’il nous a tirés de son chapeau, ne nous lâche plus jusqu’à ce que nous ayons passé. Le temps de passer la tête et de dire : olé ! le monstre nous a coupé l’oreille.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une lecture fort plaisante et un final brillant quoique essorillé !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Ton texte, par sa densité et ses jeux de langage, s'apparente à une méditation existentialiste menée sur un rythme de jazz.

Tu explores la fragmentation du moi, l'étrangeté d'exister dans un corps qui change, et la possibilité d'une rédemption par la rencontre amoureuse. C'est du moins ce que j'ai interprété à ma façon !

Encore une petite merveille de prose poétique.

Tu manies l'humour, le jeu de mots, la référence savante et l'émotion avec une aisance confondante pour explorer l'angoisse fondamentale de l'identité.  🌟

Posté(e)

"Je est un autre", vous transposez à merveille la phrase de Rimbaud avec votre langage plein de verve sans oublier le temps qui passe, et si inaccessible à n'importe quel "je"...

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