Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

Qu'un dieu vous serve (IV, 4)

Featured Replies

Posté(e)

Scène 4 – Arès, Poséidon, Caius, Volubile, Matamore

 

Caius, Volubile et Matamore s’arrêtent à bonne distance d’Arès et de Poséidon pour parler sans être entendus des dieux.

 

Volubile : Je vous l’avais bien dit ! Frappez l’esclave, vous atteindrez le maître !

 

Caius : Ce n’est pas exactement dans ce sens que vous l’entendiez…

 

Matamore : Je plussoie : au lieu d’un dieu, nous en avons deux maintenant… C’est tout un panthéon qu’il vous faut ou quoi ?

 

Volubile : Vous n’y comprenez décidément rien ! Il est évident que Poséidon est descendu de l’Olympe pour punir Arès ! A quoi donc s’attendre de la part d’un dieu sinon à des coups ? Il est de même évident que l’autre là, ce Jacques-la-pagaille, n’aura pas su tenir sa langue… ou plutôt les brides d’un dieu ! Faire balayer une divinité, vous parlez d’un héros ! Et Poséidon est fort mécontent de l’offense faite aux dieux, aussi…

 

Caius : S’il est fort mécontent comme vous dites, pourquoi punirait-il Arès ? Il n’a fait qu’obéir !

 

Matamore : Je suis peut-être plus doué avec une arme qu’avec un cerveau mais je suis d’accord avec Caius ! Où avez-vous vu que l’on punit celui qui obéit ?

 

Volubile : Parce qu’Arès est un dieu humilié, je vous l’ai déjà dit ! Avoir voulu lui redonner sa grandeur, qu’il n’a jamais eue d’ailleurs !, c’était agiter le chiffon rouge sous les yeux du taureau et Poséidon a chargé : Arès d’abord, l’autre après. Faites-moi confiance, mes amis, flattons le dieu le plus fort et la flatterie nous élèvera au rang des plus forts !

 

Caius : Si vous le dites… Mais si l’on échoue, vous réglerez la note !

 

Matamore : Et elle sera salée, croyez-moi : je ne parle pas de pêche, là !

 

Volubile : Ne vous en faites pas, j’ai un autre plan… Suivez-moi, allons !

Tous trois se précipitent auprès de Poséidon, ne prêtant aucune attention à Arès, voire manifestant leur mépris en le poussant d’un revers de la main.

 

Volubile : Seigneur Poséidon, je… (Poséidon le frappe de son trident.) Aïe ! En voilà un qui a un bon coup de fourchette !

 

Caius : Seigneur Poséidon, je… (Poséidon le frappe aussi de son trident.) Aïe ! Ce coup n’était pas dans ma fourchette d’estimations !

 

Matamore : Seigneur Poséidon, je… (Poséidon le frappe également de son trident.) Aïe ! Celui-ci aime travailler à la fourchette !

 

Poséidon, à Arès : Encore une fois, je te repose la question : qui sont ces idiots ?

 

Arès, à Poséidon : Nos exploiteurs : un bavard, un agitateur et un fier-à-bras. Nous autres dieux nous faisons peut-être vieux mais leurs activités, elles, ne vieillissent pas.

 

Poséidon : Par toutes les mers ! On veut profiter de notre divinité pour s’enrichir (il frappe Volubile), pour prendre le pouvoir (il frappe Caius), pour remporter des victoires (il frappe Matamore) !

 

Poséidon veut continuer à les frapper mais les trois courent sur la scène pour lui échapper.

 

Volubile (se cachant derrière Arès) : Finalement, ici, je serai à l’abri !

 

Caius (le poussant pour prendre sa place) : Sans loi, pas de discours !

 

Matamore (le poussant à son tour pour prendre sa place) : Sans force, pas de loi !

 

Arès (le poussant à son tour sans ménagement) : La fureur fait aussi la force !

 

Matamore, Caius et Volubile tombent à terre l’un après l’autre.

 

Caius, Volubile & Matamore : Et le droit alors ?

Arès (dédaigneusement) : Vous l’avez oublié.

 

Volubile : Le dieu de la fureur, du carnage et du massacre déclarer cela ?

 

Arès : Parfois, ce sont les contraires qui disent la vérité.

 

Caius, Volubile et Matamore se relèvent péniblement. Arès les repousse d’un simple revers de la main mais sans les toucher. Tous les trois retombent alors à terre, plus violemment cette fois.

 

Caius, Volubile & Matamore : Aïe !

 

Volubile : Je ne suis pas d’accord, nous avons prêté serment, nous…

 

Arès : Moi pas, que je sache. Je vous ai fait répéter que vous me rendriez la place que je mérite au sein de la mythologie, c’est tout. (Se déplaçant vers Volubile qui recule, effrayé.) Hors de ma vue, tu lèches trop pour être capable d’écrire ! Et ne viens pas me parler de ta parole qui me postillonne au visage ! Tu mélanges à ta guise, en bon barbouilleur que tu es, les beautés de la nature à celles de l’écriture et tu n’en offres que le plus triste des tableaux ! Rapin que tu es, rapine donc à la face de la larve car ta langue, encre de boue, reflète ta triste incompétence !

 

Caius : Nous n’oublions jamais le droit, ce mot nous accompagne sans cesse !

 

Arès : Tous les trois, vous venez de l’oublier, c’est qu’il ne vous accompagne pas toujours. (Se déplaçant cette fois vers Caius qui, comme Volubile, recule, effrayé.) Hors de ma vue également, tu me mets martel en tête ! Et cesse donc de te cacher derrière ce que tu méprises ! Tu mélanges à ta guise, en bon politiste que tu es, la légitimité à commander au droit d’insulter pour n’offrir que de toi le plus effrayant des portraits ! En homme publique que tu es, publie donc à la face du poliste car ta langue, gonflée d’arrogance, reflète ta triste médisance ! Et à vous deux (il regarde Caius et Volubile), vous donnez naissance aux pires piqûres qui soient, alors allez donc vous piquer ensemble, cela changera !

 

Matamore : J’ai toujours défendu le droit les armes à la main, reconnaissez-moi cela !

Arès : Ne me parle pas de ce que tu ne connais pas car tu ne combats qu’à l’arrière ! (Se déplaçant une nouvelle fois mais avec une attitude plus menaçante à chaque phrase, ce qui fait que Matamore recule à chacune d’elles.) Hors de ma vue également, je préfère le groin du sanglier à sa queue ! Et ne t’amuse donc plus à jouer les bravaches ! Tu mélanges à ta guise, en bon camouflé que tu es, l’horreur de la guerre à la gloriole des médailles et c’est avec cela que tu rêves de t’orner des plus grands honneurs ! Lâche que tu es, lâche-toi donc à la face d’un dieu car ta langue, ton unique breloque, reflète ta triste suffisance !

 

Matamore : Je…

 

Arès : Tu parles ? Tu acceptes donc le défi ?

 

Matamore : Je…

 

Arès : Cela suffit : parler, c’est accepter ! Alors affronte un dieu, alors affronte-moi !

 

Matamore : Je…

 

Arès : Je quoi ? Crois-tu que la guerre soit un jeu ? Ou peut-être cherches-tu à me faire comprendre qu’il y a une trop grande différence entre nous ? Ton « je », ne serait-ce pas celui de l’humanité veule et lâche devant son destin ?

 

Matamore : Je…

 

Arès : A te voir ramper, j’ai l’impression qu’il faut te rebaptiser ! Allons, désormais, tu ne seras plus Matamore mais Serpent ! Quel beau nom, n’est-ce pas ? Sa consonance rappelle « serment », ne trouves-tu pas ?

 

Matamore : Je…

 

Arès : Non, je ne crois pas que tu trouves cela très drôle. Aussi vais-je te proposer un défi qui sera plus adapté à tes capacités. Regarde mes armes là-bas (il désigne sa lance et son bouclier qui reposent dans un coin) et prends-les ! Allons ! Va chercher ! Aurais-tu oublié ? Elles sont adaptées à ta force, si tant est que tu en possèdes, évidemment !

Matamore : Je…

 

Arès : N’est-ce pas suffisant ? Ne suis-je pas assez bon pour toi ? Alors voilà un marché que tu ne pourras pas refuser ! (Il retire son casque et pose un genou à terre.) Je te remets toute ma divinité, toute ma force, ma vie même puisque je deviens mortel !

 

Poséidon : Tout doux, dieu de la guerre : à trop semer le chaos, c’est ce monde que tu risques de détruire.

 

Matamore : Je…

 

Arès : Je dois confondre ! Tu jappes, voilà tout ! Alors hors de ma vue, vous trois ! Je vous l’ai déjà dit et je n’aime pas me répéter !

 

Caius, Volubile et Matamore se relèvent, non sans difficulté ni appréhension. Ils quittent la scène en faisant bien attention de ne pas tourner le dos à Arès et Poséidon. Ils en profitent aussi pour s’entretenir, pensant que les dieux ne les entendent pas.

 

Caius : Nous voilà fiers, Volubile ! Des chiffons soufflés par le vent !

 

Matamore : Je…

 

Volubile : Je ne suis pas très fier de moi, je dois le reconnaître, mais il y a quelqu’un qui doit payer et celui-là, aucun dieu ne pourra le protéger !

 

Caius : Je suis bien d’accord…

 

Matamore : Je…

 

Une fois qu’ils ont quitté la scène, Arès, qui a remis son casque, et Poséidon reprennent.

 

Poséidon : Je ne te comprends décidément plus, mon neveu ! Tu protèges trois mortels, tu en attaques trois autres ! Ces trios ne me plaisent guère, leur musique annonce des lendemains qui déchantent ! Mais que vois-je encore ? Un duo maintenant !

 

A suivre.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une scène de farce vigoureuse qui remet les choses et les pleutres à leur place !

La suite annoncée est alléchante...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Rien n'est acquis et Arès semble avoir gardé toute sa dignité face aux pantins.

Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.