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Le jardin d’amour

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Je m’en étais allé jusqu’au jardin d’amour ;

J’y vis, chose étonnante, une neuve chapelle,

Dressée au beau milieu de la place éternelle

Où jadis se jouait mon printemps sans retour.

La porte était fermée, interdite au séjour

Promis au pèlerin dedans la citadelle,

Et je n’eus plus d’espoir de me rappeler celle

Que j’avais rencontrée en ce jardin d’amour,

N’y trouvais que des fleurs qui veillaient sur les tombes

Autour de la chapelle où, lorsque les jours tombent,

Un prêtre déambule en sinistre habit noir ;

À son geste je sus, quand il montra les ronces,

Qu’il fallait enfouir mes désirs dans le soir

Et qu’ainsi c’est souvent que d’aucuns y renoncent.

D’après The Garden of Love

Willam Blake

I went to the Garden of Love,

And saw what I never had seen :

A Chapel was built in the midst,

Where I used to play on the green.

And the gates of this Chapel were shut,

And 'Thou shalt not' writ over the door ;

So I turn'd to the Garden of Love,

That so many sweet flowers bore.

And I saw it was filled with graves,

And tomb-stones where flowers should be,

And Priests in black gowns, were walking their rounds,

And binding with briars, my joys & desires.

Modifié par Jeep

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un écho intéressant de cette très belle poésie de W. Blake !

Posté(e)

Ce "printemps sans retour" et ces ronces où enfuir les désirs : @Jeep vous tendez Blake encore plus douloureux.

Posté(e)

Tristement beau !

Après avoir lu votre beau poème, j’en ai conclu que les amours interdites n’ont pas droit de cité dans les lieux de culte.  Il semble que la passion amoureuse et la passion religieuse ne fassent pas toujours  bon ménage. Votre personnage peut toujours retrouver en pensée celle pour laquelle il eut le béguin dans ce jardin d’amour transformé en lieu de culte.

Posté(e)
  • Administrateur

Le geste du prêtre, silencieux et définitif, est très fort d'un point de vue symbolique. Il dit sans mots que certains désirs doivent être enterrés pour que l’on puisse continuer à vivre.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Encore de très beaux vers @Jeep … Mais à côté du cimetière, laissons les clochers s’émouvoir des amours…

Modifié par Tarentaise

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Très belle réécriture du poème de William Blake au symbolisme puissant, @Jeep

Posté(e)

Voilà un homme de Dieu qui me semble manquer de compassion et d'amour pour son prochain, il est vrai qu'il a une chapelle toute neuve et que cela doit davantage l'occuper que les individus en quête de sens ou d'écoute.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Au fond, c'est l'exil bis du paradis qui se joue là. Beau tour de force que cette adaptation qui modifie la forme pour lui préférer le sonnet!

Posté(e)

En somme, cette version n'est pas une simple traduction, mais une interprétation.

Elle transpose la critique de Blake de l'institution religieuse étouffante dans un registre plus élégiaque et introspectif.

Elle remplace la fureur prophétique par une mélancolie désenchantée, et l'image frappante des "ronces" lie les joies par une injonction à l'ensevelissement intime.

C'est le même jardin, visité par une sensibilité différente.

Le 03/02/2026 à 11:57, Jeep a écrit :

Un prêtre déambule en sinistre habit noir ;

À son geste je sus, quand il montra les ronces,

Qu’il fallait enfouir mes désirs dans le soir

Et qu’ainsi c’est souvent que d’aucuns y renoncent.

pfff ... j'ai un souffle d’impatience face à l’hypocrisie institutionnalisée et un certain mépris pour celui qui, au lieu d’ouvrir la chapelle, se contente d’en désigner les épines comme une fatalité.

Il est le gardien du renoncement, le prêtre de la résignation.

Son geste n’est pas une révélation, mais une condamnation muette. Et il ne me donne pas envie de renoncer.

Posté(e)

Magnifique hommage à un poète, imprimeur et graveur que je trouve extraordinairement original. Un météore dans le ciel du 18ème. En réalité, en commençant de vous lire, c'est à Guillaume de Lorris que je pensais... Mais en effet, les profondeurs que vous explorez au fil du poème, sont bien les héritières des royaumes métaphysiques et inspirés (parfois sombrement) du poète anglais.

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