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Reflets de fables 15) La Mort et le Malheureux

Featured Replies

Posté(e)

Ne hélons cependant la Mort à la légère

Car elle est pointilleuse et se veut horlogère :

Un infarctus ici, des hécatombes là,

Comment trouver le temps d’être une messagère ?

La Mort sort donc son agenda,

Avise son carnet, consulte son registre :

« Hum, dit-elle d’un ton sinistre

Tout en mordillant son crayon,

Loin de moi le désir de vous faire un reproche

Mais, au-dessus de moi, gouverne un chefaillon

Qui tourmente son monde et dont on ne s’approche.

Comprenez : je méprise un tel individu

Mais vous devez payer pour votre appel indu.

Ma faux est en commande,

En avez-vous pour régler votre amende ? »

Modifié par Nils Exo

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une réécriture de la fable célèbre qui allège habilement la charge tragique du modèle grâce notamment aux anachronismes !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

La mort a une figure humaine dans ces vers. C'est une bureaucrate subordonnée à un chef tyrannique.

Quelle inventivité dans la personnification de la mort, @Nils Exo !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un appel indu à la mort : non seulement elle arrive, mais en outre elle réclame une amende pour payer la faux ! Un pas de côté plein d’humour noir par rapport à la fable.

(Je suppose qu’il faut ajouter « assez » au dernier vers pour qu’il atteigne douze syllabes).

Posté(e)
  • Auteur
il y a 17 minutes, Jeep a écrit :

Un appel indu à la mort : non seulement elle arrive, mais en outre elle réclame une amende pour payer la faux ! Un pas de côté plein d’humour noir par rapport à la fable.

(Je suppose qu’il faut ajouter « assez » au dernier vers pour qu’il atteigne douze syllabes).

Votre remarque est très juste, @Jeep, car elle me permet de clarifier ce que j'appelle un "reflet". Je ne me contente pas de rédiger une suite aux fables de La Fontaine, je me livre aussi à un exercice de style consistant à refléter, comme avec un miroir, la même structure que la fable d'origine : même nombre de vers, même disposition de ceux-ci, même disposition des rimes... mais en sens inverse. Or La Mort et le Malheureux commence avec un décasyllabe, ce qui m'oblige de mon côté à finir avec un décasyllabe. C'est un exercice un peu ardu mais il n'y a rien de tel que de se mesurer à Jean de La Fontaine pour apprendre : c'est mon poète préféré après tout.

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Il y a 4 heures, Nils Exo a écrit :

N’hélons point cependant la Mort à la légère

ne hélons point me semblerait plus correct, mais si vous comptez vos pieds ...

La Mort est ici dépeinte avec un humour bureaucratique et satirique qui détourne son image traditionnelle.

Elle n'est plus la faucheuse imparable ou la figure tragique, mais une employée surchargée, soumise à une hiérarchie absurde ("un chefaillon").

Le ton est léger, presque voltairien : on y trouve une critique de l'administration, du système, et même une forme de dérision du pouvoir.

Le langage moderne ("agenda", "carnet", "amende") ancre le mythe dans un quotidien administratif, créant un décalage comique.

La Mort "mordillant son crayon" est une image à la fois sinistre et prosaïque, qui humanise (ou désacralise) la figure la plus redoutée.

L'idée sous-jacente est que même la Mort n'est pas libre, qu'elle est empêtrée dans des règlements et des comptes à rendre.

La fatalité devient une question de paperasse, et la faux est "en commande", détail absurde qui désamorce toute terreur.

C'est une fable miniature sur la déshumanisation des systèmes et l'absurdité de la vie et de la mort, vue comme un processus administratif. Bravo !

Posté(e)

Une personnification de la Mort originale et satirique, qui donne au texte un côté burlesque .... j'adore! Bravo @Nils Exo !

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 11 heures, Joailes a écrit :

ne hélons point me semblerait plus correct, mais si vous comptez vos pieds ...

La Mort est ici dépeinte avec un humour bureaucratique et satirique qui détourne son image traditionnelle.

Elle n'est plus la faucheuse imparable ou la figure tragique, mais une employée surchargée, soumise à une hiérarchie absurde ("un chefaillon").

Le ton est léger, presque voltairien : on y trouve une critique de l'administration, du système, et même une forme de dérision du pouvoir.

Le langage moderne ("agenda", "carnet", "amende") ancre le mythe dans un quotidien administratif, créant un décalage comique.

La Mort "mordillant son crayon" est une image à la fois sinistre et prosaïque, qui humanise (ou désacralise) la figure la plus redoutée.

L'idée sous-jacente est que même la Mort n'est pas libre, qu'elle est empêtrée dans des règlements et des comptes à rendre.

La fatalité devient une question de paperasse, et la faux est "en commande", détail absurde qui désamorce toute terreur.

C'est une fable miniature sur la déshumanisation des systèmes et l'absurdité de la vie et de la mort, vue comme un processus administratif. Bravo !

Merci @Joailes, le vers est rectifié et le compte est bon !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Truculent et cynique à souhait! 💫

Posté(e)

La Mort n’est ni cruelle ni juste, elle est prise dans un système qui la dépasse. Une fable grinçante et très actuelle, où l’au-delà ressemble furieusement à un guichet administratif.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Vous nous faites entrevoir, avec grande habilité, les coulisses peu reluisantes de la mort, heureusement tentées d’humour @Nils Exo !

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