Posté(e) 22 janvier22 janv. comment_213328 Le laurier, cet arbre au feuillage si vert,En été, en hiver, au printemps, en automne,Sous un soleil de plomb ou quand Jupiter tonne,A perdu son éclat ; il était beau naguère. Pourquoi ? me diriez-vous. Mais pardi ! devinez !Sont légion les tricheurs au baccalauréat.Je le dis haut et fort, on est tombé bien bas !Le si sacré diplôme est foulé aux pieds. On fait feu de tout bois pour avoir le sésame.La vile tricherie, érigée en système,Constitue désormais un épineux problème.On ne peut qu’avoir honte, on a perdu son âme. Le noble laurier dont on ceignait la têteDe ces grands érudits, nourris de connaissances,A donc un teint si terne. On avilit la science.On est tombé bien bas. Eh oui ! je le répète. Le bon grain et l’ivraie sont désormais mêlés.Presque partout, on vit ainsi un mauvais rêve ;Le cancre côtoie donc le studieux élèveSur les prestigieux bancs des universités. Mais, je mets un bémol à mes dures paroles :Il est encor partout de sérieux potaches,Ils font preuve d’ardeur et œuvrent sans relâche.Tout ne va pas si mal dans la si belle École. Envoyer une note adhésive
Posté(e) 22 janvier22 janv. comment_213335 C'est un plaidoyer pour l'intégrité académique, une lamentation sur la perte du mérite, mais aussi un hommage réservé à ceux qui persistent dans le travail honnête. Le poème équilibre habilement l'indignation et l'espoir, la dénonciation et la confiance résiduelle en l'institution.Aujourd’hui, avec le numérique, la triche prend de nouvelles formes (copier-coller, intelligence artificielle non déclarée ...). Elle pose des questions inédites :Où commence et où finit la collaboration légitime ?Comment évaluer réellement une pensée personnelle ?Que vaut un diplôme dans un monde où l’information est accessible mais le jugement rare ?Ton poème, justement, tient les deux bouts : la colère contre la fraude, et l’hommage à l’honnêteté persistante. C’est peut-être là sa plus belle leçon : dénoncer sans désespérer.il y a une heure, Ouintenabdel a écrit :Mais, je mets un bémol à mes dures paroles :Il est encor partout de sérieux potaches,Ils font preuve d’ardeur et œuvrent sans relâche.Tout ne va pas si mal dans la si belle École. Envoyer une note adhésive
Posté(e) 23 janvier23 janv. Semeur d’échos comment_213340 Les tricheurs sont légion et le talent est rare, ceci compense cela.Cela dit, l'important à présent n'est plus d'être "nourri" (gavé ?) de connaissances, mais de savoir en faire bon usage. La donne a changé.Plus que jamais, "science sans conscience n'est que ruine de l'âme". Modifié 23 janvier23 janv. par Alba Envoyer une note adhésive
Posté(e) 23 janvier23 janv. Semeur d’échos comment_213351 Jadis le bac était un diplôme rare, réservé à une élite sociale . Aujourd’hui il est démocratisé, obtenu par le plus grand nombre, modifié par le contrôle continu, entaché de soupçons de fraude et de recours à l’IA. Faut-il le déplorer ? Finalement c’est toujours la vie et la sociologie qui font la sélection réelle. Ces considérations nous éloignent peut-être de la poésie … Modifié 23 janvier23 janv. par Jeep Envoyer une note adhésive
Posté(e) 23 janvier23 janv. comment_213358 Il y a 5 heures, Jeep a écrit :Jadis le bac était un diplôme rare, réservé à une élite sociologique. Aujourd’hui il est démocratisé, obtenu par le plus grand nombre, modifié par le contrôle continu, entaché de soupçons de fraude et de recours à l’IA. Faut-il le déplorer ? Finalement c’est toujours la vie et la sociologie qui font la sélection réelle. Ces considérations nous éloignent peut-être de la poésie …Vous semblez vouloir dire "sociale" ; je ne vois guère d'élite sociologique que les sociologues... Pour ce qui est de la démocratisation, elle se fait plus en quantité qu'en qualité : les membres des classes supérieures se distinguent encore par la longueur et la sélectivité des parcours. L'intelligence artificielle ne prédate pas la démocratisation du baccalauréat qui n'a pas eu besoin de triche pour exister. C'est peut-être le sens de la chute du poème où le discours alarmiste carricatural est balayé en quatre vers. C'en est une belle dénonciation, bien rédigée. Envoyer une note adhésive
Posté(e) 23 janvier23 janv. Administrateur comment_213365 On sent une véritable inquiétude derrière ce pamphlet, sur la valeur du savoir et ce que représente symboliquement l’École. Mais au-delà de la dénonciation, vous sauvez tout de même les « sérieux potaches » qui travaillent encore avec ardeur. Votre poème évite ainsi de de sombrer dans le désenchantement total. Il y a 7 heures, Jeep a écrit :entaché de soupçons de fraude et de recours à l’IAHélas oui et nul forum aujourd'hui ne peut s'en déclarer exempt... Les personnes s'y adonnant en sous-main sont bien peu estimables. Envoyer une note adhésive
Posté(e) 23 janvier23 janv. comment_213385 Un diplôme n'est que la validation, à l'instant T, de certaines connaissances ; on peut en déplorer les manières (j'en sais quelque chose avec tout ce que je vois) mais, fort heureusement, il n'augure rien, ni en bien ni en mal, de ce qui se passera après, ce que votre dernière strophe met très bien en valeur : le travail et la patience priment. Envoyer une note adhésive
Posté(e) 23 janvier23 janv. Auteur comment_213420 Il y a 21 heures, Joailes a écrit :C'est un plaidoyer pour l'intégrité académique, une lamentation sur la perte du mérite, mais aussi un hommage réservé à ceux qui persistent dans le travail honnête.Le poème équilibre habilement l'indignation et l'espoir, la dénonciation et la confiance résiduelle en l'institution.Aujourd’hui, avec le numérique, la triche prend de nouvelles formes (copier-coller, intelligence artificielle non déclarée ...).Elle pose des questions inédites :Où commence et où finit la collaboration légitime ?Comment évaluer réellement une pensée personnelle ?Que vaut un diplôme dans un monde où l’information est accessible mais le jugement rare ?Ton poème, justement, tient les deux bouts : la colère contre la fraude, et l’hommage à l’honnêteté persistante.C’est peut-être là sa plus belle leçon : dénoncer sans désespérer.Un grand merci Joailes pour ta lecture détaillée qui a dû te prendre un peu de ton temps si précieux. Elle résume parfaitement ma pensée.Personnellement, je me méfie des nouveaux moyens de communication, ils ouvrent la voie à tous les excès, à tous les dérapages possibles. Ce n’est guère de bon augure. Si on ne s’en sert pas on n’en meurt pas. Avec l’intelligence artificielle, bonjour les gros dégâts.Il y a 13 heures, Alba a écrit :Les tricheurs sont légion et le talent est rare, ceci compense cela.Cela dit, l'important à présent n'est plus d'être "nourri" (gavé ?) de connaissances, mais de savoir en faire bon usage. La donne a changé.Plus que jamais, "science sans conscience n'est que ruine de l'âme".Merci de ta fidélité Alba.Montaigne disait : « Mieux vaut tête bien faite que tête bien pleine. » On a tellement insisté là-dessus qu’aujourd’hui nos chères petites têtes brunes et blondes souffrent d’une ignorance crasse.Poétiquement vôtre. Envoyer une note adhésive
Posté(e) 23 janvier23 janv. Semeur d’échos comment_213421 Avec l'émergence de l'IA, les choses ne se sont pas arrangées! Satire qui ne donne pas dans la généralité toute faite, si j'en juge par la nuance finale. Envoyer une note adhésive
Posté(e) 23 janvier23 janv. Auteur comment_213422 Il y a 10 heures, Jeep a écrit :Jadis le bac était un diplôme rare, réservé à une élite sociale . Aujourd’hui il est démocratisé, obtenu par le plus grand nombre, modifié par le contrôle continu, entaché de soupçons de fraude et de recours à l’IA. Faut-il le déplorer ? Finalement c’est toujours la vie et la sociologie qui font la sélection réelle. Ces considérations nous éloignent peut-être de la poésie …Merci de ta fidélité Jeep.Certes, il y a « l’art pour l’art », la doctrine des Parnassiens, Théophile Gauthier, Leconte de Lisle, etc. Ce courant esthétique fait fi de toutes considérations utilitaires. Mais la poésie peut servir de moyens aussi, elle est souvent au service d’une cause. Comme on peut célébrer la beauté d’un paysage, on peut dénoncer toutes formes de bêtises. La tricherie aux examens et concours en est une.Poétiquement vôtre. Envoyer une note adhésive
Posté(e) 24 janvier24 janv. Semeur d’échos comment_213444 Ce diplôme n'a plus l'aura qu'il avait, c'est juste... Il est en quelque sorte devenu une validation du cursus scolaire et un sésame permettant aux lycéens d'accéder aux études supérieures.Faut-il le déplorer? Je ne sais pas... il n'a plus la même fonction.Tout outil doit être utilisé intelligemment. Celui qui triche vit dans l'illusion. La "sentence" interviendra plus tard. Tant d'étudiants sont confrontés à la réalité des études supérieures par la suite et échouent. Les habitudes de travail se forgent avant.N'y-at-il pas une responsabilité autre qu'individuelle dans tout cela ? Envoyer une note adhésive