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Accents poétiques

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Qu'un dieu vous serve (II, 3 & 4)

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Posté(e)

Scène 3 – Juliette, Julien & Matamore cachés, Caius

 

Juliette, à Julien : C’est Caius, l’agitateur politique, je croyais qu’il était devenu député… Il en a fait tout un discours, d’ailleurs !

 

Julien, à Juliette : Je ne l’aime pas. Je lui dis « Bonjour » quand il sort de l’ascenseur, il me regarde avec mépris sans me répondre et me lance, une fois éloigné : « On dit merci ! » Il m’a totalement choqué, je ne savais pas comment répondre…

 

Juliette, à Julien : Alors chut encore, double idiot ! Lui aussi va t’entendre !

 

Julien, à Juliette : Je m’en moque aussi : un jour, je me vengerai… Il est hautain comme tous ceux qui sont avec lui parce qu’ils sont associés mais là il est seul… Son regard de suffisance, je crois que c’est comme ça qu’on dit, il a un rictus à la bouche, comme si je n’étais rien, il fait ça pour montrer sa supériorité et c’est tout ! Je ne m’y attendais pas, papa m’a toujours dit qu’il fallait être poli avec les gens et qu’il fallait les respecter…

 

Juliette, à Julien : Mais tais-toi !

 

Caius : Je me demande quel est cet échalas qui s’agite avec un air pareil au mien et un casque antique sur la tête ! Et pourquoi donc personne ne semble capable de le voir à part moi ? Pourtant, à nous comparer, n’importe quel idiot verrait en nous deux élus de l’Assemblée ! C’est qu’il semble avoir une telle éloquence ! Je sens comme une force irrésistible qui me pousse vers lui ! Elle m’attire, c’est le moins que l’on puisse dire, aussi férocement que l’approche d’un débat quand, tapi dans l’ombre, à couvert, j’attends de bondir sur l’ennemi ! Quelle douce chaleur m’envahit alors ! Elle me prend à la gorge, me serre la voix tant que je sens un flot de pensées me parvenir jusqu’au cerveau ! Comme cette sensation m’est douce ! Il suffit de savoir parler comme il faut et l’on se sent le meilleur au milieu de la foule ! Et comme je pleure de rage de ne pas être avec les miens ! Cette gêne, qu’elle peut me faire souffrir ! Un simple mal de gorge, pourtant, vous pouvez me croire ! Et j’ai chopé cette crève en sortant hier au petit matin, qui plus est ! Un fieffé imbécile que voilà ! Heureusement que personne n’en sait rien ! Et qu’importe après tout ? J’aurais tôt fait de les faire taire car l’on m’écoute, moi ! Enfin… Il nous faut revenir au temps présent, à l’actualité de cette présence si politique, si attractive, si pleine finalement ! Mes alliés me manquent mais tous savent combien je les soutiens ! Vite, cependant, j’entends du bruit, cachons-nous. (Il découvre la cachette de Matamore.) Que faites-vous là ?

 

Matamore : La même chose que vous, je me cache parce que je veux découvrir l’identité de notre visiteur.

 

Caius : Alors quittez cette place qui ne peut être que mienne.

 

Matamore : J’étais là le premier et je suis soldat.

 

Caius : Et moi politicien. La loi fait la force.

 

Il pousse Matamore qui découvre la cachette de Juliette et Julien.

 

Matamore : Encore vous ? Mais dégagez de là, les mômes, à la fin !

 

Julien : Non !

 

Juliette : Vous faisiez moins le fier avec le politicien il y a deux minutes ! Un peu d’égalité dans le respect, ça vous ferait mal ?

 

Matamore : Certainement car moi, je suis le loup et vous, les petits agneaux. Alors déguerpissez avant que je ne me fâche !

 

Il pousse de nouveau Juliette et Julien qui sont obligés de se trouver une autre cachette.

Scène 4 – Juliette, Julien, Matamore & Caius cachés, Volubile

 

Juliette, à Julien : C’est Volubile, l’écrivain propagandiste, je croyais qu’il était devenu académicien… Il n’a fait que rédiger des affiches à ce sujet, d’ailleurs !

Julien, à Juliette : Je ne l’aime pas. J’écris « ces » au lieu de « ses », je me corrige et il me répond : « Cher Môssieur, vous n’avez qu’à savoir faire la différence entre le possessif et le démonstratif ! » Je lui dis que je me suis justement corrigé et il me répond en criant : « Vous cessez de me répondre ! » Il m’a totalement laissé stupéfait, je ne savais plus comment réfléchir après ça…

 

Juliette, à Julien : Alors chut encore, encore, triple idiot ! Lui aussi va t’entendre !

 

Julien, à Juliette : Je m’en moque aussi, aussi : un jour, je me vengerai… Il est fier comme tous ceux qui sont avec lui parce qu’ils sont à plusieurs mais là il est seul… Sa langue pleine de persiflage, je crois que c’est comme ça qu’on dit, il te toise avec son faciès tout rouge, comme si je n’étais rien, il fait ça pour mépriser les autres et c’est tout ! Je ne m’y attendais pas, papa m’a toujours dit qu’il fallait apprendre de ses erreurs et se corriger…

 

Juliette, à Julien : Mais tais-toi !

 

Volubile : Je me demande quel est cet hurluberlu qui parle avec un bagout pareil au mien et un casque antique sur la tête ! Et pourquoi donc personne ne semble capable de le voir à part moi ? Pourtant, à nous mettre côte à côte, n’importe quel écrivain nous prendrait pour des égaux ! C’est qu’il est si charismatique ! Je sens comme une force irrésistible qui me pousse vers lui ! Elle m’attire, c’est le moins que l’on puisse dire, aussi férocement que l’approche d’une polémique quand, tapi dans l’ombre, à couvert, j’attends de bondir sur l’ennemi ! Quelle douce chaleur m’envahit alors ! Elle me prend par la main, me fait écrire au travers de ma plume les pires billevesées qui soient pour diffamer mon contradicteur ! Comme ces ruminations me sont douces ! Il suffit de dire et d’écrire ce que les gens veulent entendre et l’on devient le centre de tous les intérêts ! Et comme je pleure de rage de ne pas être avec les miens ! Cette paralysie, qu’elle me fait souffrir ! Une paralysie passagère d’un nerf de la main, pourtant, vous pouvez me croire ! Et tout ça en me contentant de jeter à terre une pile de manuscrits, les uns après les autres, qui plus est ! Un fieffé imbécile que voilà ! Heureusement que personne n’en sait rien ! Et qu’importe après tout ? J’aurais tôt fait de les faire taire car c’est que je fais leur carrière, moi ! Enfin… Il nous faut revenir au temps présent, à l’actualité de cette présence si littéraire, si attractive, si épique finalement ! Mes amis de salon me manquent mais tous savent combien je les soutiens ! Vite, cependant, j’entends du bruit, cachons-nous. (Il découvre la cachette de Caius.) Que faites-vous là ?

Caius : La même chose que vous, je me cache parce que je veux découvrir l’identité de notre visiteur.

 

Volubile : Alors quittez cette place qui ne peut être que mienne.

 

Caius : J’étais là le premier et je suis politicien.

 

Volubile : Et moi écrivain. Le discours fait la loi.

 

Il pousse Caius qui découvre la cachette de Matamore.

 

Caius : Encore vous ?

 

Matamore : Encore moi !

 

Caius : Faut-il que nous recommencions ?

 

Matamore : Non, je crois que j’ai compris.

 

Caius pousse Matamore qui découvre la cachette de Juliette et Julien.

 

Matamore : Encore vous ?

 

Juliette & Julien : Encore nous !

 

Matamore : Et donc encore dans mes pattes ? Combien de fois faudra-t-il vous le dire ? Tirez-vous de là, les mômes !

 

Julien : Non !

 

Juliette : Vous faites toujours moins le fier avec le politicien qui lui aussi faisait moins le fier avec l’écrivain ! Le respect dans l’égalité, vous ne savez pas ce que c’est, mais pour le manque de respect dans l’inégalité, vous êtes le meilleur ! Vous allez nous refaire le coup de la fable, peut-être ?

Matamore : Avec plaisir, ma petite ! Car moi, je reste toujours le loup et vous, toujours les petits agneaux. Alors déguerpissez et cette fois, je ne rigole plus ! Que je vous retrouve dans mes pattes et je vous colle une raclée dont vous vous souviendrez !

 

Il pousse encore Juliette et Julien qui sont obligés de se trouver une dernière cachette.

 

Julien, à Juliette : Pourquoi m’as-tu retenu ? Il faut les faire taire, j’en ai assez !

 

Juliette, à Julien : Je n’ai pas le temps de t’expliquer. Allons, calme-toi et regarde, le voilà !

 

A suivre.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une suite trépidante et haute en verbiage.

À suivre avec plaisir !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Des personnages typés pour de drôles de mises en abyme.

Posté(e)
  • Auteur

Je vous remercie pour vos commentaires, @Alba et @Thy Jeanin !

En effet, Caius, Volubile et Matamore sont des caricatures (rien que leur nom en dit déjà long...) et, après un mélange de tragédie et de comédie, on se dirige maintenant vers la farce avec, toutefois, une certaine noirceur qui perdure.

J'espère réussir à maintenir cet équilibre entre ces différents registres et l'intérêt pour cette pièce !

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