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Mon amour

Featured Replies

Posté(e)

Mon amour,

Rien ici n’a jamais commencé

Tout s’est seulement répété

Je traversais un système, pas un lieu

 

Je ne t’ai jamais aimée

Et toi, tu m’as toléré

Comme on tolère une fonction inutile

 

Les immeubles dressaient leurs vertèbres malades

Fenêtres crevées d’yeux morts

Aucune hauteur, seulement de la répétition

 

Nous avons grandi sous des consignes

Parlant bas pour ne pas déranger l’absurde

Apprenant à appeler choix ce qui n’en était pas

Dans nos poches : des preuves de passage

Rien qui mérite d’être gardé.

 

Tu as formé nos corps à l’endurance molle

Tu as limé les colères jusqu’à l’inoffensif

Remplacé le désir par la gestion

L’élan par la prudence

La rage par le sarcasme

 

Souviens-toi  mon amour

Tu n’as jamais offert

Tu as prélevé

 

Les premières nuits sentaient la sueur recyclée

L’alcool tiède

La fatigue déguisée en fête

Nous confondions chute et apprentissage

Parce qu’il fallait bien nommer la chute

 

Aujourd’hui je te traverse comme un chantier abandonné

Sans haine

La haine demande encore de l’énergie

 

Je sais maintenant mon amour

Tu ne détruis pas

Tu uses

 

Et rester

C’était accepter

De devenir compatible

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une lettre ouverte à un amour entre guillemets, emplie d'une analyse lucide et d'un constat sans appel.

Un poème sobre en dépit de son intensité, le regard est précis et ne se livre à aucun auto-apitoiement.

Un bilan désolant en définitive, une relation durable sans authentique amour.

Posté(e)

Un terrible constat d'une impasse, le déroulé chirurgical et résigné d'une usure du couple, le tout sans illusions, bouleversant !

Posté(e)

À la lecture de votre poème, je pense que vous parlez de Paris. Vous faites preuve d'une lucidité sans colère, ce "sans haine / car la haine demande de l'énergie". Il y a quelque chose de très juste dans ce que vous décrivez, cette usure plutôt que la destruction. Le dernier mot, "compatible" est glaçant. On sent tout le renoncement qu'il contient.. Vous transmettez cette lucidité résignée, sans pathos, avec votre ton si particulier. Bravo!

Posté(e)
Il y a 10 heures, Eathanor a écrit :

Je ne t’ai jamais aimée

Et toi, tu m’as toléré

Comme on tolère une fonction inutile

Toute la désespérance d'un amour amer, stérile, voué à l'échec dès le départ chaotique suggéré dans la première strophe.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

L’amour à contre-emploi, pire que la détestation, l’indifférence de l’´habitude.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Poème d'une grande densité aux métaphores filées, @Eathanor Bouleversant.

Posté(e)

Votre poème me fait penser aux mariages arrangés où tout est calculé si bien qu'il ne reste plus de place... pour l'amour.

Posté(e)

Le plus fort de ce poème, ce "Mon amour" qui vient démentir la noirceur du constat.

Brrr ! Il y a quelque chose de glaçant à observer la faculté de l'humain à poursuivre une histoire dont toutes les issues sont condamnées, avec froideur (ou résignation), sans élan pour un ailleurs, un autre part. Sans volonté de dépasser le marasme pour tourner la page...

Posté(e)

Une analyse terriblement lucide, sans concession, d'un "amour" que tout dément.. Un grand désastre auquel cependant le poète a décidé d'échapper !

Posté(e)

Très beau texte. La troisième strophe symbolise parfaitement cet  amour qui  semble n’en  être  pas un, un amour que l’on rafistole, que l’on ravaude comme une maison  décrépite, presque en ruine  qui ne peut tenir longtemps debout. Sa charpente : « vertèbres malades »,

est instable, elle est  rongée par la mérule. Cet amour, qui n’en est pas un est,  est aveugle  aussi. Il est atteint de cécité : « Fenêtres crevées d’yeux morts ».

La fin du poème apporte un brin d’espoir.  Il n’y a pas de  réelle rupture. Et c’est tant mieux ! On peut finir par s’entendre.  Comme on peut faire du neuf avec du vieux, on peut faire du durable avec de l’instable. Le destin veut qu’on lui force parfois  la main.   Le sentiment amoureux naît et croît  avec le temps. Cet amour approximatif peut se muer en  un amour fou !

Belle réussite !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une lucidité radicale qui s'exprime à travers des images précises et acérées. Je n'ai pas pu m'empêcher de voir, au-delà d'une personne intime, une déclaration de rejet du monde lui-même, tel qu'il est. Mais sans doute je me projette un peu. Il est certain que s'il n'est pas de salut, il est un minimum : se séparer de ce qui n'est pas compatible.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le titre, te connaissant, m'a rendue curieuse. Toi, parler d'amour ..?

Mais tout va bien, je fus vite rassurée : c'est très eathanorien.

"Mon amour" devient, à chaque répétition, de plus en plus ironique et cinglante.

Il n'y a pas de colère, mais un constat d'une froideur chirurgicale.

"Sans haine. La haine demande encore de l'énergie" : cette ligne est un chef-d'œuvre de désengagement résigné.

La tristesse ne vient pas de ce qui a explosé, mais de ce qui s'est usé en silence.

C'est une réflexion puissante et moderne sur l'aliénation affective.

Bravo pour ce morceau de lucidité sans fard, quelque peu en dehors de tes clous habituellement plus morbides, mais le vocabulaire technocratique appliqué à l'intimité est glaçant et parfaitement efficace.


Posté(e)
  • Semeur d’échos

Tant de choses sont mises entre guillemets dans le monde et dans nos vies… un texte dont le ton interroge…

Le 27/12/2025 à 08:10, Eathanor a écrit :

Nous avons grandi sous des consignes

Parlant bas pour ne pas déranger l’absurde

Apprenant à appeler choix ce qui n’en était pas

Dans nos poches : des preuves de passage

Rien qui mérite d’être gardé.

  • 4 semaines plus tard...
Posté(e)

Un texte qui me parle, il est universel je pense. Merci @Eathanor pour cette lecture tristement belle dépeignant les affres de l'amour.

  • 3 semaines plus tard...
Posté(e)

Un poème dans lequel l'auteur se livre avec lucidité sur le couple qu'il fait avec celle qui l'accompagne dans sa vie depuis longtemps. On se tolérait à cause d'habitudes qui ruinent l'amour. Mais l'autre ici semble être accepté tel qu'il est malgré tout.

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