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Accents poétiques

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Featured Replies

Posté(e)

Scène 2 – Arès, Jacques, Jacqueline

Arès : Bonjour, mes maîtres, me voici.

Les premières répliques de Jacques et Jacqueline sont prononcées à part.

Jacques : Ça y est, les ennuis commencent…

Jacqueline : Je trouve son salut de bon augure. Au moins ce dieu a la courtoisie de nous considérer, ce qui n’est pas rien pour des gens comme nous : rappelle-toi ton premier entretien d’embauche…

Jacques : L’on m’avait salué ! Je m’en souviens très bien : une main moite, un menton hautain, un regard fuyant ! Il m’a suffi de remonter le cours du visage pour comprendre immédiatement que j’allais descendre encore plus bas ! J’ai tout de suite saisis que j’allais rester au port et que la barque de l’emploi partirait sans moi ! Un contact vaut mille mots, tu peux me croire !

Jacqueline : Justement, l’expérience t’a appris comme à moi qu’il y a trois façons de saluer : celle de devant, celle de derrière et celle de la promesse. Tu as vu le mépris de la première, tu as goûté le suc amer de la deuxième quand l’on te rapporta les propos tenus dans ton dos et quant à la troisième, on ne te rappela jamais ! Ces sensations, les ressens-tu devant ce dieu ?

Jacques : C’est Arès, c’est assez : il faut lui causer, il est temps.

Jacqueline : C’est un fait, nous n’avons déjà que trop parlé, nous sommes tant habitués à nous taire. Souhaiterais-tu peut-être aussi parler de baleines, de parapluies ou vas-tu te décider à lui rendre son salut ?

Jacques : Oui, bien sûr… (A Arès.) Excusez-moi Monsieur Arès…

Arès : Serviteur, Monsieur.

Jacques : Plaît-il ?

Arès : Appelez-moi « serviteur » ou « dieu-servant », c’est ainsi que l’on fait généralement. (A part : Décidément il faut tout leur dire à ceux-là, vivement mon treizième mois !)

Jacques : Oui, bien sûr…

Jacqueline : Serviteur, veuillez nous en excuser mais mon mari et moi ne faisons pas autant de manières. Vous dérangerait-il que nous vous appelions « Arès », tout simplement ? Le Messager nous a expliqué les termes du contrat et, si je l’ai bien compris, nous pouvons vous faire faire tout ce que nous souhaitons.

Arès : En effet, Madame. Et permettez-moi de vous remercier car redonner son nom à quelqu’un, c’est un peu lui redonner de son être. (A part : Par tous les Olympiens dont je ferai bientôt à nouveau partie, si c’est une femme qui mène ce ménage, je suis perdu !)

Jacques : Oui, bien sûr… C’est un état de fait que nous autres, les gens qui ne sont rien, comprenons aisément… Le mépris, vous voyez, la bassesse, tout ça… C’est dur à vivre… Mais bref… Le Messager a été clair, Jacqueline vous l’a dit. Nous souhaitions cependant revoir avec vous les termes de ce contrat un peu, disons, « particulier ».

Juliette entre au même moment qu’Arès parle.

Arès : Le Psychopompe est toujours clair, je ne vois pas ce que nous devons revoir. J’ai souvent travaillé avec lui, vous savez.

Juliette (détaillant Arès de la tête aux pieds) : Le voilà donc, notre dieu-servant…

Jacques, à Juliette : Rentre immédiatement à la maison !

Juliette (en s’en allant contre son gré) : Ça va, ça va, je pars ! (A part : J’ignore ce qu’il en est de sa psychologie mais je le pomperais bien !)

Jacques : Maintenant, Arès, je vous prie de nous laisser : mon épouse et moi avons à nous entretenir sur ce que nous attendons de vous.

Arès : Entendre, c’est obéir, Monsieur.

A suivre.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Voilà une scène subtile, originale et riche au comique de situation très sûr !

La société et ses conventions sont questionnées à travers ce renversement de situation cocasse auquel le spectateur assiste.

Voilà de quoi faire progresser l'action et retenir l'attention, tout en suscitant la réflexion.

À suivre avec intérêt...

Posté(e)

Les dialogues sonnent vrais : ce mélange de réalisme social et de mythologie est très intéressant, on attend la suite bien sûr: qu'adviendra t-il d'Arès dans ce monde?

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le paradoxe est lancé, on lui cherche une explication. Le personnage impertinent qu'est Juliette promet!

Posté(e)

Je lis là une scène qui tient à la fois de la fable antique et de la comédie de boulevard, où les dieux sont bureaucrates et les humains, des stratèges de la survie sociale.



Posté(e)
  • Auteur

A nouveau merci pour vos commentaires, @Alba, @Vol Au Vent, @Thy Jeanin et @Joailes !

Effectivement, j'ai opéré un brusque changement de ton avec la deuxième scène qui nous fait basculer dans le comique.

Je me suis inspiré d'un épisode de la mythologie dans lequel Arès est condamné à servir les mortels et je me suis demandé ce qu'il se passerait s'il débarquait au XXIe siècle...

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