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Accents poétiques

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Featured Replies

Posté(e)

Je ne sais plus quand cela a commencé. Alcools. C'était pour mes genoux qui tremblait face à mon premier sourire féminin.

En cachette, un petit vers. Je n'avais pas l'âge ni pour les sourires, la fièvre, les alcools. Tout était fort. Fort dans la chair. Dans la peau. Dans le cœur. Dans l'âme. Intense. Sans retenue. Comme si demain allait mourir.

Et demain est mort. Doublement. Moi dans cette voiture. Déchiré. Déchiré. Je n'ai pas compris. Alors de plus belle, les alcools, plus forts puisqu'ayant l'âge eux aussi ont mûri.

Les vers se sont fait expiatoires. Passant par des alambics artisanaux de ma fabrication. Les alcools ont pris des goûts étranges. Nervurés. 

Pourtant, je n'avais pas changé. Physiquement, effectivement il y avait mue, des poils, des muscles fins et déliés. La voix a déraillé. Mais toujours cette timidité, maladive. Enfin, c'est ce que tout le monde voulait croire. Et cela en devenait gênant. Cette peur de s'exprimer en public.

Cette peur d'aller vers les autres. Je n'entrais pas dans les cercles. Ils se refermaient et j'étais en dehors. En dehors. Systématiquement. 

La solitude est venue comme une amie. Ado, je prenais le vélo et roulait. J'explorais. Les routes. Et le monde était violent. Un capot a bien failli. En rentrant, je voulais du chemin. De la terre, du caillou. Plus de bitume.

J'avais grossi. Fin des études. Premiers boulot. Mal bouffe de l'époque qui ne portait pas encore ce nom. La vie facile. Il y avait du boulot. Je ne m'interrogeais pas.

Les alcools avaient presque disparues. Les jeunes femmes aussi. Le sport est revenu. L'apparence a évoluée.

Les alcools ont repris au détour d'une rencontre. C'était un sourire. Je n'y ai pas cru. Comme ce sourire pouvait-il trouver en moi quelque chose d'attirant. Elle faisait parti d'un rare groupe d'amis et amies. Rien à voir avec les collègues mes basses œuvres qui me valaient pécule.

Un sourire d'ange. D'ange heureux. Je n'ai pas vu le précipice. Amour et alcools. Mauvais mélange. Mauvais mêle-anges.

Je croyais les précedents vers forts. Mais ceux-ci ! Ceux-ci les réduisaient en douce comptine. Je traçais une route de bars, bars qui n'allaient que se suivrent. Et se répéter. 

D'anges heureux, il n'y eu qu'un an. Un échec d'études de son côté, une déprime chez elle que je ne pouvais réprimer, chasser, en dépit des sorties, des voyages. Rien. Ces yeux tristes me quittèrent. Elle retournait chez ses parents

J'ai frelaté mon existance. Les vers comme des échappatoires. Le boulot allait et venait. En dehors, l'océan me parlait. Je dérivais sur des alcools salés.

Le sable, la plage, les vagues, la musique. La musique, je la découvrais seul de tous les continents. Comme une poésie infinie. Et j'adorais cela. Et mon âme aussi s'en extasiait. Elle vibrait. Et les vers volaient. Volaient à moi et je les gobais. Comme des alcools.

Il y eut le passage à l'âge adulte. Une naissance et une renaissance, une nouvelle séquence d'un sourire. Un carnet pour elle. Et un pour moi. Je comptais les vers. Les vers de bonheurs et d'infortunes.

Je n'ai pas maîtrisé une trajectoire après un dernier vers. Découplage du couple. Les alcools furent maudits. Des larmes à nonente degrés. Les vers s'enchaînaient alors que l'on m'enchaînait au rôle d'homme. Non ! Non ! J'ai été père. Je le suis resté malgré les infamies. Je le suis resté.

Parfois le temps assagit. Mais sur une partie de mon être. Cela ne fonctionne pas. Les alcools déchirent toujours. Le calme est revenu. Il a fallu le temps. 

Et la vie fut à nouveau miracle. Un miracle qui cachait un secret. Mais ce n'était pas le mien. Et ce nouveau miracle criait. Les alcools furent sages et les nuits courtes.

Il faut croire que l'histoire aime me mettre au défi des répétitions. Oui. Encore échecs et alcools. La cure fut plus longue. Parfois, on additionne, on cumule. Et on traîne des trahisons au-delà de l'horizon. Perdre les biens matériels. Mais être coupé de sa filiation. Je fus incapable d'avancer. La brûlure. La brûlure. Aucuns alcools. Aucuns vers. N'efface cela. Surtout quand on active encore le feu sous les fers rouges.

Alors. Alors vous devinez. On perd foi. On perd pieds, vers, carnets. Encres. Réalité. Les alcools. Les alcools et la musique. Vous tiennent. Debout.

Vos vers titubent. Se renversent. Les alcools sont mauvais. Saignent. Saignent. Rouges comme des larmes. Rouges. 

Et noirs comme la nuit. Qui s'est abattue l'hiver. J'ai eu froid au delà des os. Mère. Mère tu as fui. Je te demande de me pardonner.

Et noirs comme la nuit. J'ai marché sur les vers pillés. J'ai ouverts mes sangs. Jusqu'aux pages. Jusqu'à bois des planchers. J'ai tyrannisé la nuit. Regardant les étoiles jusque dans les larmes. Jusqu'aux alcools de garde. Qui frelatent les vers. Qui frelatent les vers.

Les pieds en sang. Sur la plage. Je goûtais le sel.

Le temps prend du temps parfois pour dissiper les errances. Vers contre marée. Qui gagne ? Quand la solitude est le refrain. 

Il y eut pourtant un soleil métissé. Les alcools prirent une tournure si douce. Que les vers furent levés haut. Haut. Mais je suis funanbule. 

Je vous laisse deviner la chute.

Impact. Droit au cœur. Vous n'arrivez plus à respirer. Les nuits sont yeux fixes. Ouverts. Sur le plafond que vous ne voyez pas. Droit au cœur. Qu'en reste-t-il. Les vers furent remplis de ces alcools qui déchirent le corps.

Et l'esprit. Se dissout. Aléatoirement. Aléas. Errements. Vers. Alcools. Vers. Alcools. Vers. Vous connaissez le refrain.

La vie continue. Paraît-il. La désunion. Ne fait pas la force. La farce vous attrape quand vous vous y attendez le moins. On se rattrape aux branches du vieux chène que l'on est soudain devenu. J'ai taillé des vers dans cette écorce. Ma peau en saigne encore.

Et miracle. Je suis devenu accro. Aux petits verts. Qui s'enfilent et s'enchaînent sans que je n'y prenne garde. Comme un chocolat aux sels entre sucré et amère. 

Je m'assomme. En œuvres. Hors de chez moi. Mais quand je reviens. Quotidiennement. Alors... alors les vers reprennent. Dans l'indifférence du temps qui trépasse.

S'enchaîne le refrain. Cloporte qui toque à ma porte. Le déluge descend. Et je le suis. Du verbe être. Et du verbe suivre.

Quand se suivent dans la tombe les repères et le géniteur, il est impossible de s'accroche au vague. J'ai levé mon vers haut pour toi. Là-bas. J'ai décroché je crois.

Quelques repères. Encore. Mes filles. J'ai du mal. Malgré vous. J'ai du mal.

Un carnet s'est achevé. Ai-je tourné toutes les pages. Vais-je le brûler. Avec les alcools. 

Je n'écris plus. Je suis sobre. La tristesse est mon luxe. Que ne suis-je riche. J'ai comme le fumeur une nouvelle addiction. Un stylo à la main. Je ne devrais pas l'écrire.

Je prends des vers en cachette. Des alcools qui font tousser. Punaise. J'avais oublié. La brûlure. J'avais oublié.

Oublié que quand on naît comme je naquis certaines choses, jamais, ne vous abandonneront. Et je ne renie pas cet événement. Il pourrait même être ma force. Quelque chose. Au fond de mon être. Un verbe.

Les alcools ont repris (anti)corps aujourd'hui. Et le monde actuel n'aide pas. Chaque éraflure à sa surface. Chaque éraflure à sa surface est comme une griffure à la surface de mon âme. Quand la terre saigne. Il faut l'alcool pour ne pas que le sang m'envahisse. Le vers réchauffe. L'alcool est un oubli tangible. Palpable. Qui peut se lire. Au fond du vers.

20251111 

Modifié par Errances

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un bel écrit, très touchant, évoquant blessures, amours, faiblesses et tentations, sans fard.

Un retour sur le passé qui témoigne d'une grande solitude profonde, accompagnée d'un regard sur soi exigeant et lucide.

La saga d'un écorché vif.

Posté(e)

Un texte à fleur de peau, la ponctuation fait presque sentir les nerfs à vif dans ce récit sans fioriture.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un tissage intelligent de métaphores édifiantes, où les addictions se croisent périlleusement. L'écriture syncopée trahit une sorte d'ahurissement, celui de la victime qui ne maîtrise pas les causes mais connaît les effets.

Posté(e)

Quelle beau texte intime, une confession poétique brute, traversée par la douleur . Vous avez raison, l'écriture est une ivresse douce et elle devint compagne. Elle ne brûle pas elle soulage...

Ce texte est merveilleusement écrit, on y ressens votre douleur profonde.

Merci!

Posté(e)

Vous avez écrit là une œuvre âpre, sans complaisance, qui refuse toute consolation.

La prose, à mi-chemin entre le journal intime et l'incantation, possède un rythme haletant, essoufflé, qui est celui de la lutte elle-même.

Le dernier paragraphe est terrifiant de justesse : l'alcool et le vers redeviennent un seul et même remède désespéré contre l'éraflure du monde.

Ce n'est pas un texte sur l'addiction, c'est l'addiction même qui se fait langue.

La fusion de l'écriture "le vers" et de la boisson "l'alcool" est bien plus qu'un jeu de mots sur le recueil d'Apollinaire.

C'est le principe structurant du récit, la clé de voûte d'une existence où la création et l'autodestruction sont sœurs jumelles.

Le vers est à la fois remède "expiatoire" et poison "qui frelatent les vers".

Une réussite troublante, qui laisse le lecteur sonné, complice malgré lui d'une confidence qui n'a pas cherché à plaire, mais à dire vrai.


Posté(e)

Une jeunesse errante qui rappelle celle d'un poète célèbre. C'est dans le ton.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Les mots brûlants d’une existence prise au piège de l’alcool, moins toxique en vers qu’en verres, inspirent la compassion.

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