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Li, le mendiant à la béquille

Featured Replies

Posté(e)

Un mendiant que l’on dit immortel :

Nous avons tous peine à le croire,

N’est-il point vrai ? Pourtant oyez l’histoire

Qui va suivre et jugez s’il faut y faire appel.

Un jour, raconte-t-on, que le ciel était beau,

Un maître de pensée à la belle prestance

Se plut de retirer ce qu’on garde au tombeau

Et se mit à voler où nul n’a de naissance

Ni de mort : point de fin, encor moins de malheur

Dans ce monde où l’on rit dans les moindres vallées.

Rien ne peut y souffrir si ce n’est la douleur

Elle-même. Et le Maître en suivait les allées,

Ne prenant nul plaisir si ce n’est discourir ;

Nous l’avons dit tantôt : il était d’intelligence.

Mais au sol, dans la boue où tout vient mourir,

Un disciple voulut agir de diligence :

- Quoi ? Le Maître est donc mort ! dit qui ne réfléchit

Pas plus loin que ses yeux : quand on regarde à terre,

L’on ne pense au soleil et l’on ne s’enrichit.

Le Disciple, en sanglots, pleure et se désespère

Mais obéit si bien qu’il place les encens,

Installe les fagots, le corps à la flamme

Pour l’y brûler sous peu sans le moindre bon sens.

Revenu du Lointain, le Maître ne le blâme :

- J’ai bien assez vécu dans un corps svelte et fort

Qui me servit longtemps de belle garderie.

L’on se plaît à s’aimer, aimons notre inconfort,

C’est le prix à payer pour notre étourderie :

Qui part sans prévenir se révèle imprudent.

Je m’émeus quand je vois mon Disciple qui pleure

La mère de ses jours morte d’un accident

Et sans doute pour lui mon sommeil fut un leurre.

Il me faut désormais quêter un autre corps

Puisque le mien n’est plus qu’une simple poussière.

Que je choisisse bien pour réparer mes torts

Car un bel agrément ne fera mon affaire :

Or ce vieillard qui dort du sommeil éternel

Me fera souvenir de ma bête bêtise.

Sur ces mots l’Immortel, n’est-il pas comme tel ?,

S’empare du boiteux qui depuis le baptise.

Car l’on parle de Li, le maître débraillé,

Laid, hirsute et blanchi, qui va de sa béquille,

Parcourant l’univers d’un air dépenaillé

Pour y récompenser dans la plus simple ville

Qui peut le mériter. Mais donc l’Insouciant,

Vous demandez vous, quelle récompense

Allait-il recevoir ? Le Maître, souriant,

Lui redonna tantôt l’auteur de sa naissance.

L’histoire étant finie, en voilà les leçons :

Ne jugeons point à la seule apparence ;

Ouvrons-nous à la tolérance ;

Encore un peu : changeons donc nos façons.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un beau poème narratif, d'une grande profondeur et riche d'enseignements, telle une fable !

Soyons tolérants en effet et voyons plus loin que nos préjugés !

Posté(e)

Fort beau! Traiter l'immortalité sous l'angle de l'apparence est intéressant et rare. Votre poème me fait penser aux fables de La Fontaine ou les récits allégoriques de Victor Hugo, la fin, moraliste est philosophique : "Ouvrons-nous à la tolérance", les choses peuvent-elles changer?

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Edifiante histoire parfaitement adaptée à l'esprit de l'Orient.

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