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La Caverne aux échos

Featured Replies

Posté(e)

Quand on y entre, on a l’impression d’y avoir toujours vécu. C’est une caverne fort étrange : ses parois sont de chair et si l’on tombe sur une pierre, celle-ci peut couper comme le diamant. Mais les pierres de cette caverne n’ont rien de matériel, elles n’ont aucun texture qui puisse leur donner corps, elles n’ont rien à elles en fait. C’est peut-être le fait de n’être rien qui leur donne de la valeur proposeront certains quand d’autres se livreront à de nouvelles hypothèses. Au fond, qu’importe ?

Le sol de cette caverne n’est pas mieux, pire même en un sens : boueux au mieux, fangeux au pire, mais la mousse qui s’y colle, quand elle a le malheur de vous saisir le pied, ne vous lâche pas. Elle vous emporte au contraire et quand bien même réussiriez-vous, de vos deux mains de marbre, à lui faire lâcher prise, ce serait encore une partie de vous-même qui resterait accrochée à ce sol aux dents qui vous dévorent. Une bien belle balade, n’est-il pas, en particulier quand le choix est absent ?

Cette caverne n’est cependant pas construite en pleine nature, le soleil n’y entre de ce fait jamais et, d’ailleurs, que viendrait-il y faire ? Ce n’est pas non plus l’obscurité qui y règne, contrairement à ce que l’on pourrait croire. Seulement la lumière de cette caverne est sa propre génératrice en quelque sorte. Elle se nourrit d’elle tout comme la caverne se nourrit d’elle, des jumelles si l’on peut dire ou même des siamoises si l’on veut pousser l’image encore plus loin.

Cette caverne est remplie d’échos, autant, voire plus qu’elle ne possède de tunnels, sans compter les ramifications de ces tunnels, quand elles existent, et même quand elles n’existent pas, elles se construisent d’elles-mêmes, il suffit de laisser faire. On peut toujours essayer de garder le contrôle, évidemment, mais ce serait comme utiliser un marteau-piqueur en plein tremblement de terre : une forme d’inutilité incongrue, déplacée, injurieuse même devant les souffrances d’autrui.

Souvent, pour ne pas dire tout le temps, des ombres peuplent ces tunnels. Ce sont si l’on veut les habitantes de cette étrange caverne. Elles vont et viennent, s’enfoncent parfois dans le sol dont on parlait plus haut, volent au contraire au-dessus de lui ou marchent encore sur les parois quand ce n’est pas la tête en bas, comme des stalactites remplies de vaisseaux sanguins et non d’eau calcaire. On pourrait penser qu’elles sont dangereuses mais ce n’est pas le cas, si du moins elles ne bougent pas.

Car c’est leur mouvement qui est terrifiant : sans même avoir à toucher quelque chose (le pourraient-elles puisqu’elles ne sont rien ?), ces ombres font écho entre elles. Quand on visite cette caverne, et l’on n’a jamais le choix, croyez-le bien, elles s’approchent ou s’enfuient, rient ou se taisent, vous doublent dans tous les sens du terme. Leur mouvement n’est pas seul responsable, il y a aussi la chronologie car tout est désordonné dans cette caverne, comme une montre détraquée.

Si une main salvatrice se saisissait de cette breloque tombée à terre et en remontait le mécanisme, elle n’apporterait rien. La caverne aux échos se poursuivrait tout de même, avec ou sans elle, et l’on continuerait d’y rencontrer ces ombres qui la peuplent, et l’on continuerait d’endurer leurs échos. Essayer de vous boucher les oreilles ne vous servirait en rien : vous continueriez de les entendre. C’est agaçant, un écho qui ne s’arrête pas, alors s’il y en a des milliers, voire des millions…

Cette caverne aux échos, nous l’avons tous. Heureux celui qui entre dans cette caverne et n’y rencontre que lui-même ! Il se saisit alors de sa seule ombre et peut avancer.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une très belle allégorie, finement exprimée, une superbe lecture d'une grande subtilité, Nils !

Posté(e)

Comme le dit Alba, très belle allégorie , espace intérieur de l'être humain vivant et incarné, vulnérable.

J'aime particulièrement la fin: "Heureux celui qui entre dans cette caverne et n’y rencontre que lui-même ! Il se saisit alors de sa seule ombre et peut avancer.", c'est lumineux et inquiétant.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Si l'on pense évidemment à la caverne de Platon, c'est tout de même plus mystérieux. Promenade en terrain symbolique, riche de significations.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une exploration vertigineuse de l'intériorité, où le lecteur se reconnaît malgré lui dans cette caverne qui est, effectivement, en chacun de nous.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Belle densité des mots et puissance des métaphores, @Nils Exo Superbe écrit.

Des pierres qui ne sont rien, ce qui leur donne leur valeur, c'est beau.

Une ballade où le choix est absent, c'est si étrange mais en même temps si évocateur...

J'aime cette lumière qui se régénère d' elle-même

Tout semble si mouvant et incertain dans cette caverne vivante. Et cet écho, ces échos...

La fin est magistrale.

Un écrit qui interpelle le lecteur....et l'interroge vivement.

Posté(e)

On pense un peu au mythe de la caverne selon Platon, mais il y manque le monde supérieur de l'Essence. Il y a de l'idée, mais, Sophie, je ne suis pas sûr que tu aies bien travaillé le style. Dommage. Très belle finale.

Posté(e)
  • Auteur
il y a 22 minutes, Ferrandeix a écrit :

On pense un peu au mythe de la caverne selon Platon, mais il y manque le monde supérieur de l'Essence. Il y a de l'idée, mais, Sophie, je ne suis pas sûr que tu aies bien travaillé le style. Dommage. Très belle finale.

Sophie n'est pas l'auteur du texte.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Ce beau texte, je ne l'ai pas écrit, @Ferrandeix Rendons à César ce qui est à César.

Modifié par Sophie

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