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Duo à quatre mains - (Daniel Muller-Ferguson - Kurauh) - Un train, un signe, un geste

Featured Replies

Posté(e)

Il est dix-neuf heures, jour d'octobre morose ;
Adieu, histoires de jeunesse à l'eau de rose,
La nuit placide me couvre de son chandail,
Le train avance sur ses invisibles rails.
 
Padam, padam, padam, qu'il me berce,
Le souffle de l'acier sur le rail perce.
Padam, padam, padam, tu t'assieds à mon côté,
Le souffle de ta bouche me fait frissonner.
 
Un train, un signe, un geste
Et roule le serpent de métal.
Mon banc, ton banc, empestent
L'abandon d'une huître sur l'étal.
Tes yeux, les miens, à l'est,
Direction Paris tout s'emballe.
  
La nuit vampire suce nos rythmes, le cœur s'apoplexie,
Le souffle coupé je me perds de question,
Lentement, ta main s’enroule et serpente.
Le dieu Néon couronne de sale nos deux asphyxies
Quand tes doigts griffent le tissu que ma robe ne cache plus ;
Ta main vorace en moi fourrage mon plaisir goulu.
 
L’esprit chavire, le monde déraille
Quand tes phalanges trouvent des mots sulfureux ;
Continue, car je suis désormais ta femme-braille,
Ombre et lumière nous flashent,
Ta main a osé, ta main serpentin, arobase et antislash.
 
Un train, un signe, un geste,
Serpente le monstre de velours.
Mon banc, ton banc, empestent
Les folles galipettes à rebours.
Tes yeux, les miens, à l’est,
Direction les allers et retours.
 
Ma langue susurre,
Ses mots humides s’infiltrent dans tes tympans,
Frisson de luxure,
Ma proie, mon sang, mon désir impertinent.
 
La nuit complice dévoile nos deux corps en nage :
Je cherche encore à quel point tu peux être hermétique ;
Médusé de toutes mes trouvailles, tu deviens bien sage
Et t’abandonnes à ton sort fatidique.
 
Le délice de notre voyage coulant de nos veines
Cambrures d’un jeune âge
Banquette aquatique
Dentelles de rires étouffés, essoufflés
À exercer nos cordes
Aux harmoniques.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un voyage en train mémorable, sans nul doute !

 

Une rencontre sans borne et sans limite superbement écrite !

 

Bravo à tous les deux !

Posté(e)
Il y a 3 heures, Alba a écrit :

Un voyage en train mémorable, sans nul doute !

 

Une rencontre sans borne et sans limite superbement écrite !

 

Bravo à tous les deux !

100 bornes ?….nul doute alors qu ils soient arrivés épuisés par le voyage 🤣

Posté(e)

"Un train, un signe, un geste
Et roule le serpent de métal.
Mon banc, ton banc, empestent
L'abandon d'une huître sur l'étal.
Tes yeux, les miens, à l'est,
Direction Paris tout s'emballe."

 

Bravo, c'est un rythme somnifère dans le refrain parfumé de souvenirs pour moi...

les trains de nuit de mon enfance... et de mon adolescence

j'adore...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Chronique sulfureuse et réjouissante d’un voyage à quatre mains baladeuses sur la banquette d’un train. Bravo aux deux auteurs !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

On entend le rythme du train et... de mille choses! L'amour en train est un fantasme de choix. Quel entrain, ces deux plumes!

  • 2 semaines plus tard...
Posté(e)
  • Auteur

Merci à tous pour vos retours sur cette expérience, qui était inédite sur bien des points me concernant. 😁

  • 2 semaines plus tard...
Posté(e)
  • Semeur d’échos

Bravo à vous deux pour ce duo enflammé !

Posté(e)
Le 11/10/2024 à 20:30, Kurauh a écrit :

Il est dix-neuf heures, jour d'octobre morose ;
Adieu, histoires de jeunesse à l'eau de rose,
La nuit placide me couvre de son chandail,
Le train avance sur ses invisibles rails.
 
Padam, padam, padam, qu'il me berce,
Le souffle de l'acier sur le rail perce.
Padam, padam, padam, tu t'assieds à mon côté,
Le souffle de ta bouche me fait frissonner.
 
Un train, un signe, un geste
Et roule le serpent de métal.
Mon banc, ton banc, empestent
L'abandon d'une huître sur l'étal.
Tes yeux, les miens, à l'est,
Direction Paris tout s'emballe.
  
La nuit vampire suce nos rythmes, le cœur s'apoplexie,
Le souffle coupé je me perds de question,
Lentement, ta main s’enroule et serpente.
Le dieu Néon couronne de sale nos deux asphyxies
Quand tes doigts griffent le tissu que ma robe ne cache plus ;
Ta main vorace en moi fourrage mon plaisir goulu.
 
L’esprit chavire, le monde déraille
Quand tes phalanges trouvent des mots sulfureux ;
Continue, car je suis désormais ta femme-braille,
Ombre et lumière nous flashent,
Ta main a osé, ta main serpentin, arobase et antislash.
 
Un train, un signe, un geste,
Serpente le monstre de velours.
Mon banc, ton banc, empestent
Les folles galipettes à rebours.
Tes yeux, les miens, à l’est,
Direction les allers et retours.
 
Ma langue susurre,
Ses mots humides s’infiltrent dans tes tympans,
Frisson de luxure,
Ma proie, mon sang, mon désir impertinent.
 
La nuit complice dévoile nos deux corps en nage :
Je cherche encore à quel point tu peux être hermétique ;
Médusé de toutes mes trouvailles, tu deviens bien sage
Et t’abandonnes à ton sort fatidique.
 
Le délice de notre voyage coulant de nos veines
Cambrures d’un jeune âge
Banquette aquatique
Dentelles de rires étouffés, essoufflés
À exercer nos cordes
Aux harmoniques.

Vos mots sont des délices à lire , ils se sont accordés parfaitement au rythme de ce voyage 🤩

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