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Dans les Ardennes

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Souvenir des Ardennes belges, vers 1975.

I Transinne


C'était une maison grise, au charme discret,
Le toit pentu, le seuil usé, des murs de pierres,
De vieux meubles luisants aux grinçantes charnières,
Un agreste jardin, les ruines d'un muret.

Avec ma sœur, j'allais marcher dans la forêt,
Et Coquin reniflait les troncs, grattait la terre ;
Il surprenait soudain un chevreuil solitaire
Qui fuyait, bondissant vers un sous-bois secret...

Dans le vallon chantaient les grives, les fauvettes ;
Nous écoutions, assis sur le bord du ruisseau,
Le roulis des cailloux, le chuchotis de l'eau.

Dans l'herbe, des boutons d'or, d'humbles pâquerettes...
Nous sommes revenus sous le soleil couchant,
Dont la douce clarté dorait les bois, les champs.

II La Forêt

Quelques jours plus tard...

On marchait dans ce bois solitaire et secret,
Parmi les hauts sapins qui filtraient la lumière ;
Notre chien musardait le long de la rivière,
Reniflant les fourrés, se mettant à l’arrêt…

Nous sommes arrivés dans un vallon discret,
Havre que tapissaient la mousse et les bruyères,
Les millepertuis d’or, les mauves salicaires ;
En contrebas, un ru dont l’eau fraîche courait.

À la fin du sentier, des étangs, des marais,
Et nos pieds s’enfonçaient dans la molle tourbière...
Installés au milieu d’une vaste clairière,
On écoutait le chant vif de chardonnerets.

Traversant une sente où les fleurs prospéraient,
Nous avons aperçu de jaunes primevères,
Et des muguets cachés sous d’immenses fougères,
Un chêne au tronc fendu, dont les branches mouraient.


Loin au-dessus de nous frissonnaient les feuillages ;
On  entendait, couchés dans l’herbe, au bord de l’eau,
Le chuchotement doux des cailloux du ruisseau.

Les rayons de soleil caressaient nos visages ;
Des oiseaux nous berçaient, derrière les buissons,
Les fauvettes, les geais, les grives, les pinsons.

Sur le flanc d’un talus, les humbles violettes
Et les reines-des-prés, aux si tendres couleurs ;
On respirait l’humus, tant de bonnes odeurs !

Pour Maman, j’ai cueilli de simples pâquerettes…
Et nous sommes rentrés, délaissant à regret
Les fleurs et les chemins perdus de la forêt.


Août 2026.

Modifié par Jean-Paul

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