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Jeanne, ou plutôt Jeannette [Deuxième partie]

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Jeanne, ou plutôt Jeannette

Conte fantastique

Deuxième partie

 

Jeanne d’Arc ! Noour crut qu’elle rêvait. Oui, il s’agissait à coup sûr de Jeanne. Et cette scène se déroulait en février 1429. Il ne pouvait en être autrement. La jeune femme à la coupe de cheveux bizarre le lui confirma. Il s’agissait pour elle et ses six combattants de rejoindre le roi. Elle avait une mission à accomplir et elle l’accomplirait. Robert, seigneur de Baudricourt, gouverneur royal de Vaucouleurs, l’avait crue, écoutée et aidée. Dans ses habits d’homme, Jeanne avait fière allure. La jeune paysanne qu’elle était paraissait emplie de foi et de conviction et cette passion se communiquait à son entourage.

Noour fut sensible toutefois à sa simplicité. Jeanne, la future sainte, n’avait rien perdu de son humilité, de sa vivacité native. Elle se contentait de servir Dieu et le roi, voilà tout. Guerrière et combattante, elle se sentait avant tout servante des desseins du Seigneur. Des voix lui avaient parlé. Elle les avait écoutées. Noour ne partageait pas cette foi ni cette religion mais elle se sentit emplie de respect et de compassion pour celle qui serait bientôt brûlée vive.

- Merci infiniment de m’avoir confié vos projets et révélé votre mission, Jeanne, ou plutôt Jeannette. Je suis vraiment émue par votre conviction et votre dévouement. Je respecte votre foi et votre sens du devoir. Mais je dois vous mettre en garde. Votre combat sera couronné de succès au départ mais ensuite, une grande épreuve vous attend. On vous traînera sur le bûcher pour être brûlée vive. Il faut renoncer à vos projets pour sauver votre vie !

- Eh bien, la belle ! Vous m’en annoncez, des bonheurs ! Je ne sais pas d’où vous venez ni ce que vous faites ici. Le savez-vous vous-même, d’ailleurs ? Tout ce que je sais, moi, c’est que je me moque éperdument de ce qui m’arrivera, ou ne m’arrivera pas.

Jeanne riait. Elle ajouta avec une sincérité touchante :

- Mes voix ne mentent pas. Elles m’ont appelée, je leur réponds, en toute humilité. Vous me semblez bien naïve et bien innocente, ma mie. Vous n’avez pas la figure du Diable, même si vous parlez comme lui. Je ne crois pas toutefois que vous soyez mal intentionnée. Mais la lâcheté, voyez-vous, est une sorte de péché mortel. Et ce n’est pas le genre de péché que je suis encline à commettre. Ce n’est pas dans ma nature.

La jeune femme se tut. Elle jouait maintenant avec un brin d’herbe, un peu rêveuse. Noour ne savait que penser, ni que dire. Les vocations ne se discutaient pas. Elle en avait un exemple vivant devant elle. Toutes ses mises en garde seraient négligées par Jeanne non par mépris, mais par courage. Elle allait vers son destin les yeux ouverts. Elle avait choisi la fidélité à ses convictions. Elle irait jusqu’au bout. Noour s’excusa encore une fois et lui souhaita bonne chance, ce qui amusa Jeanne. Le XVème siècle ne connaissait pas la chance, mais uniquement les desseins de la Providence.

Noour tourna les talons et quitta la rive du lac. Elle s’enfonça un peu au hasard dans les buissons. Que faire à présent ? Elle avait, semble-t-il, voyagé dans le temps jusqu’à Jeanne. Il fallait maintenant revenir à son point de départ. Elle ne pouvait rien pour la Pucelle du Seigneur. Mais comment retourner dans le passé, qui était en fait son présent avant de débouler dans cette étrange époque peuplée de rêves et d’aspirations mystiques ? Âme des cathédrales… Désespérée, affreusement abattue à nouveau, la jeune fille ferma les yeux.

À cet instant, elle se sentit comme aspirée par un courant d’air puissant. Le passage ! La sortie ! Elle quittait ce monde pour revenir dans le sien. Son intuition ne la trompa nullement. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle était debout dans son environnement familier, et se trouvait comme auparavant, devant son ouvrage d’histoire. Jeanne, ou Jeannette, brûlerait donc éternellement dans son livre, et dans son cœur. Noour n’oublierait pas sa foi, son courage et son sourire d’une belle franchise. À cet instant, la voix de ses parents retentit :

- Noour, c’est l’heure de dîner, descends donc, tout le monde passe à table ! Et pense à te laver les mains.

La routine reprenait ses droits. Inexplicablement, la jeune fille avait voyagé dans le temps. Était-ce un rêve, une illusion, un mirage ? Comment savoir ? Elle avait toujours été rêveuse, mais medium et dotée de pouvoirs fabuleux, c’était bien autre chose. Le passé avait répondu à ses interrogations. Peut-être que l’avenir serait porteur, à son tour, des réponses qu’elle espérait ? Il fallait attendre patiemment, humblement, comme Jeanne, ou plutôt Jeannette. Le destin déciderait pour elle, comme il l’avait fait pour la jeune sainte médiévale.

m15v.jpg

Photographie personnelle, statue de Jeanne d'Arc

 

FIN

Modifié par Alba

Posté(e)
  • Semeur d’échos

On ne change pas le passé, quand bien même on rêverait de le faire. Mais une telle rencontre est propre à faire mûrir! Une jolie petite histoire d'autant plus sympathique que la jeune fille n'est pas - comment dit-on, encore? - "de souche". Et pourtant, elle méritait certes toute la sympathie de Jeanne.

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci Thierry pour ta lecture et le partage de ton ressenti.

Oui, l'humanité n'est pas affaire de nationalité ou de religion.

C'est un conte fantastique très humaniste, en définitive, et empli de compassion. Les voyages (dans le temps) forment la jeunesse...

( ͡^ ͜ʖ ͡^ )

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