Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

Cousin Gontran et la Vie éternelle [Deuxième partie]

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Cousin Gontran et la Vie éternelle

Récit policier

 

Deuxième partie

 

 

- C’en est trop, Estelle ! Voyons ! Reprenez-vous ! Vous abusez de ma patience. Voilà que vous insinuez que j’ai assassiné votre cousine pour voler son portrait. Quelle nécessité de tuer quelqu’un pour créer une sculpture à sa ressemblance ? Et d’ailleurs, quelle ressemblance, je vous le demande.  Fariboles que tout cela ! C’est parfaitement stupide, et diffamatoire.

- Jacques, votre regard me dit le contraire. Cette lueur perverse que vous avez au fond des yeux est le signe d’autre chose. En effet…

L’invitée du manoir ne put terminer sa phrase. L’homme se jeta sur elle, les mains en avant. Il se mit à l’étrangler sous les yeux hagards de Sofia. Il fallait intervenir d’urgence. La jeune femme entra dans la pièce en poussant un hurlement. Surpris, interloqué, le maître des lieux lâcha sa victime et se précipita vers la jeune femme. Tandis qu’Estelle se sauvait à toute allure par la porte restée ouverte, Sofia se dépêcha elle-même de fuir pour échapper au forcené déchaîné. Ce fut une course-poursuite rapide dans les étages.

Au passage, dans une pièce du dernier niveau, Sofia, vit une scène épouvantable : un cadavre démembré, sanguinolent, était couché sur le sol, posé sur une bâche en plastique, et en face de lui, se dressait un support présentant son visage de plâtre, copié à l’identique. Mais le modèle était mort depuis bien des jours. La jeune femme poursuivit sa fuite. Elle avait compris la situation en un éclair : ce notaire retraité était un tueur en série, un dément livré à l’obsession de la création de masques et autres mascarons. Autant de trophées pour ce prédateur qu’il exposait fièrement en façade. Quelle horreur ! La cavalcade dans l’hôtel particulier se poursuivit. Sofia était une sportive accomplie et elle n’avait nulle envie de devenir le prochain trophée de cet artiste d’un genre particulier.

La jeune femme dégringola les escaliers au galop et se retrouva dans la cour intérieure du manoir. Là, un gros chien de garde se mit à aboyer fortement. Heureusement qu’une chaîne épaisse l’immobilisait. Décidément, le retraité maniaque ne manquait pas de figer tout le monde, bêtes et gens. Sur cette pensée humoristique, très peu opportune en de telles circonstances, Sofia se dépêcha de rejoindre la sortie. Ce fut presque trop tard. Le dément réussit à l’empoigner par un bout de sa manche flottante, qu’elle lui abandonna sans regret. Le tissu se déchira d’un coup sec.

Mais enfin, ce fut la sortie, le porche et la rue. Sofia se mêla prestement à la foule du soir qui déambulait sur le trottoir. Le vieux notaire à la retraite ne se montra pas. Il n’y avait pas de trace non plus de cette dame Estelle qui avait échappé de peu à la gloire éternelle, en décoration de la façade du manoir. La jeune mère de famille était ravie de lui avoir sauvé la vie mais il fallait maintenant faire vite : alerter les enquêteurs avant que le vieil artiste dément fasse disparaître toutes traces de ses exploits.

Victoria, sa petite fille adorée, avait donc raison : il y avait des choses bien suspectes dans cet hôtel particulier. Ce serait à la loi d’éclaircir les sombres agissements du maniaque obsessionnel. Justice serait rendue au pauvre cousin Gontran et à tous ceux qui, sans aucun doute, avaient perdu la vie dans ce lieu maudit hanté par la folie criminelle. Sofia se hâta de sonner à la porte du commissariat de quartier pour raconter, en hâte, son effrayante aventure dans la funeste maison de la mort.

***

C’est le soir. Un de plus. Le soleil se couche sur cette belle journée de printemps. Cette jeune femme qui court en contrebas, on dirait bien la cousine Sofia. Quelle importance, maintenant. Tout cela ne me concerne plus. Les jeux sont faits et j’ai perdu la partie de poker menteur. Certains jugeraient que la curiosité est un vilain défaut. Personnellement, je dirais plutôt que c’est la vie qui est une maladie mortelle. Avec ses multiples granges et dépendances, ses conséquences et ses faux-pas. La Lune va bientôt se lever, éclairant de sa lueur blafarde le toit et sa collection de masques véridiques. Quelle dérision ! Des morts-vivants, voilà ce que nous sommes. La mort est bien une vie éternelle, en somme. Mais tout le monde ignore ses modalités.

 

FIN

Modifié par Alba

Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.