Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

Cousin Gontran et la Vie éternelle [Première partie]

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Cousin Gontran et la Vie éternelle

Récit policier

 

Première partie

 

Sur le trottoir en contrebas, une foule se pressait, en ce beau soir de printemps. Les passants faisaient leurs dernières courses avant le retour au foyer et la soirée paisible en famille. Un spectacle mobile pour un regard immobile.  Impossible également de soupirer ou de montrer sa peine et sa tristesse. La séparation était définitive et l’exil, implacable. Le sourire de pierre qu’il arborait n’était pas le sien mais il faudrait rester ainsi, pour l’éternité, sur la corniche disjointe, au milieu des pigeons roucoulants, parmi d’autres masques figés et nombre de mascarons difformes qui peuplaient, immobiles, le toit de cette demeure maudite.

***

- Maman, Maman ! J’ai retrouvé le cousin Gontran ! Il est sur le toit ! Il faut aller le chercher et le ramener !

- Voyons, ma chérie, que dis-tu ? Ce pauvre Gontran a quitté sa chambre d’étudiant et a disparu depuis deux mois maintenant. Il a été impossible pour la police de retrouver sa trace et toi, tu prétends l’avoir vu ? Et sur un toit, qui plus est ? Explique-toi ! Donne quelques détails !

La petite fille, tout sourire, se lança dans un grand discours. C’était ce matin, en allant à l’école, qu’elle l’avait surpris. Cousin Gontran l’avait suivie des yeux un long moment pendant qu’elle passait dans la rue. Il avait l’air triste, triste, c’était fou ! Elle regardait le ciel et ses jolis nuages de coton quand son regard s’était posé par hasard sur la corniche de l’hôtel particulier de la rue Lefranc-Lemelle. C’était bizarre quand même, qu’il soit sur le toit, au milieu des pigeons. Qu’est-ce qu’il faisait là ?

Sa mère, Sofia Lestrang, sourit avec gentillesse. En effet, c’était plutôt bizarre, cette attitude et cette ressemblance, mais enfin, les coïncidences, cela arrive tous les jours, n’est-ce pas ? Victoria n’en démordait pas. C’était bien Cousin Gontran, cet étudiant en master d’astrophysique qui lui racontait toujours de belles histoires du cosmos. La force de conviction de la petite fille ébranla quelque peu Sofia. Elle promit à l’enfant d’aller faire un tour sous les fenêtres de l’édifice ancien, rue Lefranc-Lemelle. Elle éluciderait le mystère, c’était juré, et mènerait l’enquête avec le plus grand soin.

C’est au moment où le soleil se couchait, ce soir-là, que Sofia mit sa promesse à exécution. Arrivée sur les lieux, elle leva le nez en l’air et constata qu’effectivement, la ressemblance était tout à fait troublante entre une sculpture décorative de façade, fixée près d’un pignon, et son cousin disparu, Gontran, au prénom un peu ridicule. Le mascaron arborait un sourire figé et son regard de pierre était perdu dans le lointain. Mais comment en savoir davantage ? Si l’affaire était suspecte, une offensive frontale devait être évitée. Il fallait ruser, s’informer en toute discrétion.

La jeune femme constata que le portail de la vaste demeure était resté entrouvert. Particulièrement mince, elle se faufila rapidement à l’intérieur, sous le porche. Elle savait que ce qu’elle faisait n’était pas très légal, mais après tout, s’il y avait eu mort d’homme, elle ne voulait pas être la victime suivante. En catimini, elle gagna un escalier dérobé et monta les marches à pas de loup. Personne ne la vit ni ne l’arrêta, tant mieux. Elle pourrait repartir aussi discrètement qu’elle était entrée.

Arrivée dans le couloir en haut de l’escalier, elle perçut une vive discussion entre un homme et une femme inconnue. Elle risqua un coup d’œil par la porte entrouverte. Le maître des lieux, Jacques Lemercier, notaire retraité de son état, s’entretenait avec une dame entre deux âges devant une tasse de ce ressemblait à du thé.

- Mais enfin, chère amie, je vous ai montré les sculptures de façade, vous avez apprécié, et même admiré ces réalisations, pourquoi vous opposer à ce que je prenne vos mesures en vue d’une création future ?

- Non, cher ami, cela va trop loin, il n’en est pas question. Trop de choses ne vont pas chez vous, et puis, il court de drôles de bruits à votre sujet. Pourquoi ma cousine Victorine, par exemple, est-elle représentée sur votre toit ? Elle a disparu depuis six mois, on ne l’a pas revue et voilà qu’elle est là, figée pour l’éternité, en façade, masque parmi les masques. Et maintenant, c’est mon tour ?

 

(À suivre…)

 

Modifié par Alba

Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.