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figure féminine (13), Chang'e, l'exil cousu de soie

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Chang'e, l'exil cousu de soie

La lune ne rend pas…

 

Elixir au creux de sa lèvre,

cousu de peau, de fils d’orfèvre,

le jeté liquéfie sa soif—

 

Flottaison de ses pieds de soie

 

L’ombre presque tendre s’agrafe

à sa gorge— où se plie la fièvre,

suspension des grains au teint mièvre,

au froissé de l’heure en paragraphes

 

Flottaison de ses pieds de soie


Son amour, barque de sa foi
vogue au loin sur la terre immense—

Le lapin de jade attend là.

Aux rives de ses yeux sans voix—

les cratères boivent l’absence.

Chang'e boit un élixir d'immortalité et s'élève vers la lune, où elle demeure séparée de son époux.

Seul, un lapin de jade est là, préparant des élixirs d'immortalité.

Elle est à la fois une figure mythologique, culturelle et symbolique moderne chinoise.

Le programme lunaire chinois a repris son nom. ( la déesse habite symboliquement la lune)

Image 30 avr. 2026, 21_24_17.png

(Illustration IA)

Modifié par Eathanor
Ajout de la mention IA sur l'illustration

  • Le titre a été modifié en figure féminine (13), Chang'e, l'exil cousu de soie
Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un très beau poème, délicat et sensible, touchant et dramatique, où s'épanouit une fine mythologie.

Une scène hors du commun éclot sous ta plume, Sophie !

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos
il y a 7 minutes, Alba a écrit :

Un très beau poème, délicat et sensible, touchant et dramatique, où s'épanouit une fine mythologie.

Une scène hors du commun éclot sous ta plume, Sophie !

Merci infiniment Alba pour tes mots.

Plus je lis des récits mythologiques, plus je suis émerveillée... par leur richesse

Celui-ci m'a beaucoup interrogée sur l'immortalité.

Le mari de Chang'e était archet. Il avait abattu neuf soleils. ( Au départ, il y en avait dix) Il reçut un élixir d'immortalité que sa femme but...

Mais, comment définir l'immortalité....

J'ai abordé l'immortalité dans ce poème comme suspension: du corps, du temps, de l'amour.

Elle devient une couture du temps sur lui-même.

Rien ne se rompt, rien ne s’écoule : tout est retenu, fixé, comme dans un tissu trop tendu.

Modifié par Sophie

Posté(e)

J'ai bien aimé lire ce poème mélancolique

Posté(e)
Il y a 6 heures, Sophie a écrit :

Chang'e, l'exil cousu de soie

La lune ne rend pas…

 

Elixir au creux de sa lèvre,

cousu de peau, de fils d’orfèvre,

le jeté liquéfie sa soif—

 

Flottaison de ses pieds de soie

 

L’ombre presque tendre s’agrafe

à sa gorge— où se plie la fièvre,

suspension des grains au teint mièvre,

au froissé de l’heure en paragraphes

 

Flottaison de ses pieds de soie


Son amour, barque de sa foi
vogue au loin sur la terre immense—

Le lapin de jade attend là.

Aux rives de ses yeux sans voix—

les cratères boivent l’absence.

Chang'e boit un élixir d'immortalité et s'élève vers la lune, où elle demeure séparée de son époux.

Seul, un lapin de jade est là, préparant des élixirs d'immortalité.

Elle est à la fois une figure mythologique, culturelle et symbolique moderne chinoise.

Le programme lunaire chinois a repris son nom. ( la déesse habite symboliquement la lune)

Image 30 avr. 2026, 21_24_17.png

(Illustration IA)

Un exil de marbre ou plutôt de jade … tout les mots se fixent dans un temps permanent, l’attitude de Chang’e droite contemplative pétrifiée, captive de la lune… seul son regard lui permet de contempler la terre,

l’éternité nous dépasse, c’est un concept qui échappe à notre entendement… un exercice de style de toute beauté Sophie 💫

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos
Il y a 3 heures, Rousselot a écrit :

J'ai bien aimé lire ce poème mélancolique

Merci infiniment Rousselot. Mélancolique, c'est si juste....une mélancolie lunaire, une mélancolie retenue.

Il n'y a pas de cri ...;mais une absorption du manque.

Il y a 1 heure, Nâau a écrit :

Un exil de marbre ou plutôt de jade … tout les mots se fixent dans un temps permanent, l’attitude de Chang’e droite contemplative pétrifiée, captive de la lune… seul son regard lui permet de contempler la terre,

l’éternité nous dépasse, c’est un concept qui échappe à notre entendement… un exercice de style de toute beauté Sophie 💫

J'aime l'idée que seul son regard permet de contempler la terre, Naau

Chang'e apparaît comme une présence retenue dans un temps qui ne finit pas, une conscience suspendue.

Tu as raison.... Naau,, l'éternité est bien un concept qui nous dépasse. Ce mythe est fabuleux car il interroge sur celle-ci.

Chang'e voulait-elle l'éternité pour elle-même ... ou protéger l'humanité ?

Il est plusieurs lectures de ce mythe. Elle aurait voulu empêcher que l'élixir tombe entre de mauvaises mains:

c' est l'interprétation la plus répandue.

Pour d'autres, c'est un désir de transcendance... dépasser la condition humaine.

On dit aussi qu'il ne s'agirait pas d'un choix mais seulement d'une conséquence. Elle se retrouverait entre deux mondes humain et céleste, bien malgré elle.

Merci infiniment Naau.. ( Je parle beaucoup....😉)

Modifié par Sophie

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Très inspiré et très instructif, ton poème se lit et se relit pour en percevoir toutes les nuances.

(Etonnant qu'une Chine qui se prétend encore communiste s'inspire de la mythologie: j'y vois plutôt un populisme nationaliste, mais ce n'est pas le sujet.)

Posté(e)
il y a 6 minutes, Sophie a écrit :

Merci infiniment Rousselot. Mélancolique, c'est si juste....une mélancolie lunaire, une mélancolie retenue.

Il n'y a pas de cri ...;mais une absorption du manque.

J'aime l'idée que seul son regard permet de contempler la terre, Naau

Chang'e apparaît comme une présence retenue dans un temps qui ne finit pas, une conscience suspendue.

Tu as raison.... Naau,, l'éternité est bien un concept qui nous dépasse. Ce mythe est fabuleux car il interroge sur celle-ci.

Chang'e voulait-elle l'éternité pour elle-même ... ou protéger l'humanité ?

Il est plusieurs lectures de ce mythe. Elle aurait voulu empêcher que l'élixir tombe entre de mauvaises mains:

c' est l'interprétation la plus répandue.

Pour d'autres, c'est un désir de transcendance... dépasser la condition humaine.

On dit aussi qu'il ne s'agirait pas d'un choix mais seulement d'une conséquence. Elle se retrouverait entre deux mondes humain et céleste, bien malgré elle.

Merci infiniment Naau.. ( Je parle beaucoup....😉)

J’aime que tu parles beaucoup 😉 et ces compléments d’informations sont aussi enrichissants qu’ils entraînent par leurs chemins de récits différents , des perspectives également variées sur l’interprétation de ce mythe…. Un mystère que ton poème délicat suggère 😌

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos
il y a une heure, Thy Jeanin a écrit :

Très inspiré et très instructif, ton poème se lit et se relit pour en percevoir toutes les nuances.

(Etonnant qu'une Chine qui se prétend encore communiste s'inspire de la mythologie: j'y vois plutôt un populisme nationaliste, mais ce n'est pas le sujet.)

Merci infiniment Thy Jeanin . Ravie que le poème t'ait donné l'envie d'y revenir.

Cette réflexion sur le recours à la mythologie est fort intéressante. Elle est un continuum civilisationnel.

Les figures mythologiques traversent les époques politiques et deviennent des allégories.

il y a 59 minutes, Nâau a écrit :

J’aime que tu parles beaucoup 😉 et ces compléments d’informations sont aussi enrichissants qu’ils entraînent par leurs chemins de récits différents , des perspectives également variées sur l’interprétation de ce mythe…. Un mystère que ton poème délicat suggère 😌

Cela me touche, Naau. Mercii. 😊

Modifié par Sophie

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Dans la poésie chinoise et japonaise, Chang’e évoque souvent la beauté, la solitude, l’éloignement et le désir de rejoindre ceux qu’on aime. Au Japon, lors de la pleine lune d’automne, on se rassemble le soir en famille ou entre amis pour admirer le reflet de la lune dans l’eau. Dans la culture d’Extrême-Orient, le lien profond entre l’homme et la nature dépasse les courants politiques.

Bravo chère @Sophie pour cette poésie qui jette une passerelle entre le ciel et la terre 🩵.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Au delà du matérialisme, le mythe et l’éternité, le rêve de conquête de l’espace.

Posté(e)

Chère @Sophie

Ton poème « Chang'e, l'exil cousu de soie » mêle mythe et sensualité avec une écriture riche en images tactiles (soie, or, élixir).

La répétition de « flottaison de ses pieds de soie » renforce une impression de légèreté et de mouvement, tandis que les références à Chang'e et au lapin de jade ancrent le texte dans une dimension mythologique profonde.

Les contrastes entre concret et abstrait créent une atmosphère à la fois mystérieuse et émouvante.

Bravo encore pour cette belle exploration des figures féminines !

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos
Il y a 9 heures, Tarentaise a écrit :

Dans la poésie chinoise et japonaise, Chang’e évoque souvent la beauté, la solitude, l’éloignement et le désir de rejoindre ceux qu’on aime. Au Japon, lors de la pleine lune d’automne, on se rassemble le soir en famille ou entre amis pour admirer le reflet de la lune dans l’eau. Dans la culture d’Extrême-Orient, le lien profond entre l’homme et la nature dépasse les courants politiques.

Bravo chère @Sophie pour cette poésie qui jette une passerelle entre le ciel et la terre 🩵.

Ce lien entre l'homme et la nature est si beau... J'adore cette idée de passerelle entre le ciel et la terre.

Chang'e incarne la solitude, l'amour et le sacrifice. La pleine lune devient symbole de réunion et d'harmonie.

J'ignorais que Chang'e était célébrée au Japon. Merci infiniment cher Tarentaise pour cet éclairage.

Les mythes sont intégrés dans la vie quotidienne.

En chine, ce serait une grande histoire d'amour tragique et au Japon, une contemplation presque silencieuse du monde.

Au japon, le lapin de la lune pile du riz pour faire des mochis. 💛

il y a 19 minutes, Jeep a écrit :

Au delà du matérialisme, le mythe et l’éternité, le rêve de conquête de l’espace.

Chang'e représente tant, en effet. J'ai adoré cette découverte.

Merci beaucoup Jeep pour cette belle synthèse.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Tu as tissé une étoffe précieuse et douloureuse autour du mythe de Chang’e. 

Ce poème me dit que nommer une sonde Chang’e, c’est envoyer vers la lune non pas seulement un engin, mais une exilée volontaire, une figure paradoxale de la gloire solitaire, très en accord avec la mélancolie retenue de ton écriture.

Bravo, chère @Sophie il y a là une sensualité tactile et un rapport au corps qui se défait bien incarnés dans ce poème dont chaque mot semble passé dans une navette ... de fils de soie !

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci infiniment chère Joailes pour ton très beau commentaire.

Tu as raison.... Chang'e est ici corporelle, presque textile.

La couture est centrale comme l'indique le titre. C'est une mutation délicate, invisible...

Elle devient immortelle et ses liens humains ne disparaissent pas mais sont marqués par l'inaccessibilité.

En choisissant Chang'e pour leur programme lunaire, ils relient passé et modernité.

 

Il y a 3 heures, Martialys a écrit :

Chère @Sophie

Ton poème « Chang'e, l'exil cousu de soie » mêle mythe et sensualité avec une écriture riche en images tactiles (soie, or, élixir).

La répétition de « flottaison de ses pieds de soie » renforce une impression de légèreté et de mouvement, tandis que les références à Chang'e et au lapin de jade ancrent le texte dans une dimension mythologique profonde.

Les contrastes entre concret et abstrait créent une atmosphère à la fois mystérieuse et émouvante.

Bravo encore pour cette belle exploration des figures féminines !

Désolée, Martialys, nos posts ont du se croiser. Je n'avais pas vu ton commentaire.

Merci infiniment cher Martialys pour ce commentaire qui me touche.

Cette remarque très juste sur le refrain me permet d'apporter quelques précisions. 🙂

Ce poème est un sonnet irrationnel. J'ai du combiner une rigueur architecturale et un effet de dissolution, réunir ordre et dérive...

Le refrain est l'un des caractères de cette forme poétique. Les rimes elles-mêmes sont très structurées.

Cette autre remarque sur les contrastes entre le concret et l'abstrait est également très pertinente, Martialys.

Posté(e)

Je relis avec plaisir votre poème que j'avais découvert dans la section "Résonances poétiques" et les ajouts à la fin en donnent une nouvelle interprétation.

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci infiniment Nills Exo pour cette relecture si fine. Peut-être est-ce là, l'origine de mes ajouts.... ☺️

Un ajout permet un déplacement du regard, apporte une autre respiration.

  • 2 semaines plus tard...
Posté(e)

Poème un peu étrange,, à l'image de cette divinité chinoise méconnue...

J'aime beaucoup

"Son amour, barque de sa foi
vogue au loin sur la terre immense—

Le lapin de jade attend là.

Aux rives de ses yeux sans voix—

les cratères boivent l’absence."

Bravo !

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Ce poème peut paraître étrange... c'est très juste, Jean-Paul. J'ai utilisé une forme poétique, le sonnet irrationnel qui m'invite presque toujours au surréalisme. L'approche du mythe est toute particulière, très organique et la matière texturise les vers.

Je n'explique pas le mythe, j'en extrais une matière sensorielle et mélancolique.

Merci beaucoup Jean-Paul pour ces mots.

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