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Accents poétiques

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Bourlinguer

Featured Replies

Posté(e)

(à Blaise Cendrars)

 

Un train ivre trimballe de tristes malandrins tous en route pour l’ailleurs. Il traîne des rêves électriques sur les rives torses du départ sans retour.

 

Sur les rails sapés par les passages éraillés de bolides avides d’aventure, se reflètent les mille splendeurs des aurores de là-bas où se tient la fortune.

 

A l’extrémité de la gare de Brest, des paquebots polis patientent, cordages débonnaires arqués au-dessus d’un océan de gas-oil patibulaire.

 

Ils absorbent lentement leurs passagers puis les digèrent dans des coursives interminables le long desquelles s’alignent des portes anonymes.

 

Dans le silence feutré de la moquette, les employés du bord, épaulettes guillerettes, déclinent leurs bagages à la gymnastique de l’arithmétique.

 

Une sirène retentit, les moteurs enflent leur soif de large et, la fumée tendue vers les cieux, David emporte à pas mesurés Goliath vers d’intangibles avenirs.

 

La nuit tombe sur la mollesse du voyage, la terre signifie parfois sa présence de quelque feu grégeois posé sur un insondable horizon.

 

Longtemps de mer, longtemps de palabres, longtemps d’oisiveté dans les transats du pont supérieur, longtemps d’ennuis dans les hamacs ivres de soleil.

 

Puis un jour des oiseaux multicolores tournent autour du navire, on rit à leurs appels, on débarque, on se presse à la recherche de l’oiseau bleu.

 

Coupe-coupe en l’air, on avance dans un inextricable lacis de lianes et de végétations luxuriantes et dans les cris envoûtants de la forêt.

 

La rivière indigène apparaît, lascive, couleur de feuillage et observe les intrus de ses multiples yeux carnivores.

 

Une pirogue s’installe sur l’immensité sombre et emporte les étrangers à longs coups de certitudes dans l’âme hésitante de l’eau.

 

Ils ne trouveront pas l’or du colonel Sutter dans ces contrées inhospitalières mais ils s’initieront au langage stupide de perroquets verdâtres.

 

Quelques aras flamboyants accompagnent la démesure des voyageurs et devancent leurs haltes de recommandations pressées.

 

Le crépuscule les hisse sur la crête des nuages afin d’écouter siffloter l’oiseau pervenche aux ailes mordorées.

 

Instants de bonheur dans une anse cervicale où s’inventent les antipodes irisées et chantent dans l’absence les doux oiseaux boréaux.

 

Ah ! Bourlinguer !         

 

Bourlinguer au cœur du poème !

 

Bourlinguer sur le transsibérien de Cendrars !

 

Bourlinguer dans le Paname de Prévert !

 

Bourlinguer dans les Baléares de Cocteau !

 

Bourlinguer dans les abers de Ponge !

 

Bourlinguer entre les icebergs de Michaux !

 

Bourlinguer sur la Seine d’Apollinaire !

 

Bourlinguer…

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Avant que mon petit stock de cœurs ne s'épuise, j'en dépose un ici aussitôt ! Le titre était prometteur : je ne fus pas déçue ! J'ai aimé bourlinguer en te lisant et d'ailleurs, je bourlingue encore, les yeux pleins d'images ... Merci @Papy Adgio

Posté(e)

Découvrir un texte de @Papy Adgio, c'est à chaque fois parcourir des kilomètres. Vos écrits devrait être remboursés par la Sécurité Sociale tant ils permettent de faire un minimum de 10 000 pas quotidien 😉 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

@Eathanor Ouais ... c'est pas la sécu qui remboursera, ce sera Décathlon ! 😉 

Posté(e)
  • Auteur

Merci à tous les deux. On lutte contre l'arthrose comme on peut. N'étant plus sportif, j'ai choisi de faire marcher les autres pour me tenir en bonne santé !!!

Posté(e)

Nouveau coup de coeur @Papy Adgio. Vous m'avez fait voyager avec ces mots plus sublimes les uns que les autres et je vous en remercie 🙂

Modifié par Stephane94

Posté(e)

Pour bourlinguer, on bourlingue!!
C'est très joli, comme d'habitude 🙂

Posté(e)
  • Auteur

Merci à toi. Comme dirait Joailes, je peux avoir des prix chez Décathlon !!!

Posté(e)

Merci Papy, j'ai bien voyagé d'autant plus que j'envisage d'aller au brésil, je m'y voyais déja 🙂

bravo pour ce texte qui nous ramène à la littérature.

Posté(e)

On embarque et le dépaysement est total. De jolies images habillées de verves poétiques. Des tournures de phrases étonnantes font une fois encore la part belle à la saveur des mots.

Une anse cervicale...

Pure merveille. 

Bravo Papy 

Posté(e)

@Papy Adgio Je te remercie pour ce voyage sans bouger de mon lit. Prendre la mer sur un paquebot à touristes, trop peu pour moi. Je préfère voir les grosses perruches vertes, évadées d'on ne sait où, dans les arbres d'ici.

Des phrases superbes, comme d'habitude... je dirais même mieux : "Des phrases succulentes".

Posté(e)

Une atmosphère que l'on ressent à distance et cette peinture avec des mots " qui font mouches " et aussi cerise sur le gâteau, le zest d'humour qui nous enchante à chaque fois.

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