Poésie
183 poèmes dans cette catégorie
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« — Mon beau chien, mon bon chien, mon cher toutou, approchez et venez respirer un excellent parfum acheté chez le meilleur parfumeur de la ville. » Et le chien, en frétillant de la queue, ce qui est, je crois, chez ces pauvres êtres, le signe correspondant du rire et du sourire, s’approche et pose curieusement son nez humide sur le flacon débouché ; puis, reculant soudainement avec effroi, il aboie contre moi en manière de reproche. « — Ah ! misérable chien, si je vous avais offert un paque
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I Ô Versailles, par cette après-midi fanée, Pourquoi ton souvenir m'obsède-t-il ainsi ? Les ardeurs de l'été s'éloignent, et voici Que s'incline vers nous la saison surannée. Je veux revoir au long d'une calme journée Tes eaux glauques que jonche un feuillage roussi, Et respirer encore, un soir d'or adouci, Ta beauté plus touchante au déclin de l'année. Voici tes ifs en cône et tes tritons joufflus, Tes jardins composés où Louis ne vient plus, Et ta pompe arborant les pl
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Ton Souvenir est comme un livre bien aimé, Qu'on lit sans cesse, et qui jamais n'est refermé, Un livre où l'on vit mieux sa vie, et qui vous hante D'un rêve nostalgique, où l'âme se tourmente. Je voudrais, convoitant l'impossible en mes vœux, Enfermer dans un vers l'odeur de tes cheveux ; Ciseler avec l'art patient des orfèvres Une phrase infléchie au contour de tes lèvres ; Emprisonner ce trouble et ces ondes d'émoi Qu'en tombant de ton âme, un mot propage en moi ; Dire qu
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Voici d'anciens désirs qui passent, Encor des songes de lassés, Encor des rêves qui se lassent ; Voilà les jours d'espoir passés ! En qui faut-il fuir aujourd'hui ! Il n'y a plus d'étoile aucune : Mais de la glace sur l'ennui Et des linges bleus sous la lune. Encor des sanglots pris au piège ! Voyez les malades sans feu, Et les agneaux brouter la neige ; Ayez pitié de tout, mon Dieu ! Moi, j'attends un peu de réveil, Moi, j'attends que le s
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Au clos de notre amour, l'été se continue : Un paon d'or, là-bas, traverse une avenue ; Des pétales pavoisent - Perles, émeraudes, turquoises - L'uniforme sommeil des gazons verts Nos étangs bleus luisent, couverts Du baiser blanc des nénuphars de neige ; Aux quinconces, nos groseilliers font des cortèges ; Un insecte de prisme irrite un cœur de fleur ; De merveilleux sous-bois se jaspent de lueurs ; Et, comme des bulles légères, mille abeilles Sur des grappes d'argent vibrent au long des treill
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Ô qu'il est doux, le plaisant jeu d'aimer ! Qui eût pensé une telle délice? Si c'est cela que l'on appelle vice, Le vice ainsi joie se peut nommer. Il fallait donc le faire plus amer, Chagrin, pleurant, mauvais, plein d'artifice, Non gai, riant, naturel, sans malice, Comme est l'amour quand me fait enflammer. Si le vice est d'avoir douce allégresse, La vertu donc est pleine de tristesse, "Chaque chose a sa contrariété. Si vertu pleure et que le vice rie, Le philo
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Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage, Traversé çà et là par de brillants soleils ; Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage, Qu’il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils. Voilà que j’ai touché l’automne des idées, Et qu’il faut employer la pelle et les râteaux Pour rassembler à neuf les terres inondées, Où l’eau creuse des trous grands comme des tombeaux. Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve Trouveront dans ce sol lavé comme une grève Le mystique aliment qui fer
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Je t’ai vue un soir me sourire Dans la planète des Bergers ; Tu descendais à pas légers Du seuil d’un château de porphyre. Et ton œil de diamant rare Éblouissait le règne astral. Femme, depuis, par mont ou val, Femme, beau marbre de Carrare, Ta voix me hante en sons chargés De mystère et fait mon martyre, Car toujours je te vois sourire Dans la planète des Bergers.
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Parmi les doux transports d'une amitié fidèle, Je voyais près d'Iris couler mes heureux jours : Iris que j'aime encore, et que j'aimerai toujours, Brûlait des mêmes feux dont je brûlais pour elle : Quand, par l'ordre du ciel, une fièvre cruelle M'enleva cet objet de mes tendres amours ; Et, de tous mes plaisirs interrompant le cours, Me laissa de regrets une suite éternelle. Ah ! qu'un si rude coup étonna mes esprits ! Que je versais de pleurs ! que je pouss
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Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées, Des montagnes, des bois, des nuages, des mers, Par delà le soleil, par delà les éthers, Par delà les confins des sphères étoilées, Mon esprit, tu te meus avec agilité, Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde, Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde Avec une indicible et mâle volupté. Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ; Va te purifier dans l’air supérieur, Et bois, comme une pure et divine l
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Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, Ou comme cestuy-là qui conquit la toison, Et puis est retourné, plein d'usage et raison, Vivre entre ses parents le reste de son âge ! Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village Fumer la cheminée, et en quelle saison Reverrai-je le clos de ma pauvre maison, Qui m'est une province, et beaucoup davantage ? Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux, Que des palais Romains le front audacieux, Plus que le marbre dur me pl
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Fagoté plaisamment comme un vrai Simonnet, Pied chaussé, l'autre nu, main au nez, l'autre en poche, J'arpente un vieux grenier, portant sur ma caboche Un coffin de Hollande en guise de bonnet. Là, faisant quelque fois le saut du sansonnet, Et dandinant du cul comme un sonneur de cloche, Je m'égueule de rire, écrivant d'une broche En mots de Pathelin ce grotesque sonnet. Mes esprits, à cheval sur des coquecigrues, Ainsi que papillons s'envolent dans les nues, Y cherchant que
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Aux galets le flot se brise Sous la lune blanche et grise, Ô la triste cantilène Que la bise dans la plaine ! — Elfes couronnés de jonc, Viendrez-vous danser en rond ? Hou ! hou ! le héron ricane Pour faire peur à la cane. Trap ! trap ! le sorcier galope Sur le bouc et la varlope. — Elfes couronnés de jonc, Viendrez-vous danser en rond ? Au caveau rongé de mousse L’empereur à barbe rousse, Le front dans les mains, sommeille ; Le nain guette la corneille. — Elfes couronnés de jonc, Viendrez-vou
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Nice, trop petite naguère, S'agrandit, libre de tout mur, Ni port marchand, ni port de guerre, Toute blanche au bord de l'azur. Nice a pour orgueil d'être blanche Dès que luit le soleil levant ; Les vaisseaux vont à Villefranche Qui veulent s'abriter du vent. Son quai nouveau n'est que la plage. Qu'importe un navire en danger ? Pourvu que dans son vert feuillage Blanchisse sa fleur d'oranger ; Pourvu que le brick de plaisance, Le brick élancé de mylord, Lui du moins, tienne avec aisance Dans
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Je me propose, sans être ému, de déclamer à grande voix la strophe sérieuse et froide que vous allez entendre. Vous, faites attention à ce qu’elle contient, et gardez-vous de l’impression pénible qu’elle ne manquera pas de laisser, comme une flétrissure, dans vos imaginations troublées. Ne croyez pas que je sois sur le point de mourir, car je ne suis pas encore un squelette, et la vieillesse n’est pas collée à mon front. Écartons en conséquence toute idée de comparaison avec le cygne, au moment
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Dans le vent qui les tord les érables se plaignent, Et j'en sais un, là-bas, dont tous les rameaux saignent ! Il est dans la montagne, auprès d'un chêne vieux, Sur le bord d'un chemin sombre et silencieux. L'écarlate s'épand et le rubis s'écoule De sa large ramure au bruit frais d'eau qui coule. Il n'est qu'une blessure où, magnifiquement, Le rayon qui pénètre allume un flamboiement ! Le bel arbre ! On dirait que sa cime qui bouge A trempé dans les feux mourants du soleil rouge ! Sur le feu
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Dans la forêt étrange c’est la nuit ; C’est comme un noir silence qui bruit ; Dans la forêt, ici blanche et là brune, En pleurs de lait filtre le clair de lune. Un vent d’été, qui souffle on ne sait d’où, Erre en rêvant comme une âme de fou, Et, sous des yeux d’étoile épanouie, La forêt chante avec un bruit de pluie. Parfois il vient des gémissements doux Des lointains bleus pleins d’oiseaux et de loups ; Il vient aussi des senteurs de repaires ; C’est l’heure froide où dorment les vipères,
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Ne me console pas. Cela est inutile. Si mes rêves qui étaient ma seule fortune quittent mon seuil obscur où s’accroupit la brume je saurai me résoudre et saurai ne rien dire. Un jour, tout simplement (ne me console pas !) devant ma porte ensoleillée je m’étendrai. On dira aux enfants qu’il faut parler plus bas. Et, délaissé de ma tristesse, je mourrai.
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Merd’ ! V’là l’Hiver et ses dur’tés, V’là l’ moment de n’ pus s’ mett’ à poils : V’là qu’ ceuss’ qui tienn’nt la queu’ d’ la poêle Dans l’ Midi vont s’ carapater ! V’là l’ temps ousque jusqu’en Hanovre Et d’ Gibraltar au cap Gris-Nez, Les Borgeois, l’ soir, vont plaind’ les Pauvres Au coin du feu… après dîner ! Et v’là l’ temps ousque dans la Presse, Entre un ou deux lanc’ments d’ putains, On va r’découvrir la Détresse, La Purée et les Purotains ! Les jornaux, mêm
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Ainsi le jeune amant, seul, loin de ses délices, S’assied sous un mélèze au bord des précipices, Et là, revoit la lettre où, dans un doux ennui, Sa belle amante pleure et ne vit que pour lui. Il savoure à loisir ces lignes qu’il dévore ; Il les lit, les relit et les relit encore, Baise la feuille aimée et la porte à son cœur. Tout à coup de ses doigts l’aquilon ravisseur Vient, l’emporte et s’enfuit. Dieux ! il se lève, il crie, Il voit, par le vallon, par l’air, par la prairie
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Oh ! combien de marins, combien de capitaines Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, Dans ce morne horizon se sont évanouis ! Combien ont disparu, dure et triste fortune ! Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune, Sous l'aveugle océan à jamais enfouis ! Combien de patrons morts avec leurs équipages ! L'ouragan de leur vie a pris toutes les pages Et d'un souffle il a tout dispersé sur les flots ! Nul ne saura leur fin dans l'abîme plongée. Chaque vague en p
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Mes remparts sont fondés…. ville aux larges contours, Quel tremblement de terre ébranlerait tes tours ! Pour les foyers nouveaux, ainsi qu’aux jours antiques, Je taillai de mes mains quelques dieux domestiques ; Puis, afin de savoir s’il ne renfermait pas D’autres hommes encore échappés au trépas, Je voulus, en volant, faire le tour du globe. Aux premières lueurs que laissa poindre l’aube, Devant tous mes sujets je forçai, sans trembler, Le prodige d’Icare à se renouveler. De son funeste sort je
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La très-chère était nue, et, connaissant mon coeur, Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores, Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures. Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur, Ce monde rayonnant de métal et de pierre Me ravit en extase, et j’aime à la fureur Les choses où le son se mêle à la lumière. Elle était donc couchée et se laissait aimer, Et du haut du divan elle souriait d’aise A mon amour profond et doux
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« Que je porte d’envie à la troupe innocente De ceux qui, massacrés d’une main violente, Virent dès le matin leur beau jour accourci ! Le fer qui les tua leur donna cette grâce Que, si de faire bien, ils n’eurent pas l’espace, Ils n’eurent pas le temps de faire mal aussi. « De ces jeunes guerriers la flotte vagabonde Allait courre fortune aux orages du monde, Et déjà pour voguer abandonnait le bord, Quand l’aguet d’un pirate arrêta leur voyage