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Stigmates

Featured Replies

Posté(e)

Je suis entré dans cette vieille église,

Toute de granit, plantée dans la lande.

Les gargouilles me fixaient avec malice

Sur le haut du fronton, réunies en bande.

 

L'édifice n'était que silence et vide.

Seule une forme agenouillée devant l'autel

Baignait dans cette atmosphère aride,

Sa tête levée vers des cieux arides.

 

Mon regard a plongé sur le lugubre bénitier.

De l'eau croupissait lentement au fin fond.

En face, le messie sur sa croix d'Éternité.

À travers les vitraux pleuraient des rayons.

 

Ô Dieu, ces stigmates sur mes paumes damnées!

Des rigoles rouges ont coulé sur les doigts.

Des perles de sang sont tombées dans le bénitier.

La sinistre eau bénite virait au pourpre foncé.

 

Je me suis signé de ce triste sang purificateur.

Mes pas me portaient jusqu'au morbide autel.

Mes pieds souillaient le sang du sauveur.

En lui, je venais glorifier ma vie de mortel.

 

Le prêtre devant l'autel n'était que charogne.

Des miasmes de puanteur émanaient de sa soutane.

Déjà, les vers avaient entamé leur besogne.

D'un poing rageur, au visage, je l'ai cogné.

 

L'homme de foi s'était écrasé sur les dalles nues,

Ses orbites vides fixant le néant absolu.

Dans le sang de son sauveur, il se noyait.

Je me suis trouvé devant la vieille croix de bois.

 

Ma hache est venue décapiter la tête du messie.

Celle-ci s'est disloquée sur le sol de l'église.

Mes stigmates hurlaient, souffrance honnie,

Chaque croix sonnait en forme de traîtrise.

 

Une à une, toutes, je les fracassais de ma haine.

Mes paumes trouées étaient rutilantes de sang

Tandis que les saintes statues éclataient sans peine.

Dans ma tête résonnait le rire de Satan.

 

Je suis ensuite sorti de l'église.

Dehors soufflait une légère brise.

Loin dans le profond océan; j'ai jeté

La tête de ce triste Seigneur décapité.

 

 

(Poème écrit il y a une quinzaine d'années)

Posté(e)

Je rejoins Eau de brume. Dans ce texte, il y a la volonté de jeter l'anathème. Je trouve, qu'il y a un manque de retenue, voire de discernement dans les mots employés. Je suis surpris, de tant de haine viscérale. On peut ne pas apprécier le monde religieux, mais  je pense que la mesure sur un site comme AP est bienvenue. Ce qui n'empêche nullement d' exprimer ses idées, sensibilités et autres. Certes, c'est un texte ancien. Mais le choix, il est d'aujourd'hui. 

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Je ne sais pas pourquoi mais quand je lis votre rapport à votre personnalité à ce moment de votre vie vous me faites penser à Bernard Werber....

Ceci dit je prefère votre style actuel. Merci @Eathanor de partager avec nous ce qui fait de nous tous des êtres pluriels.

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Tu sais quoi Guillaume, et peut être que je vais te faire hurler de rire,

j'ai l'impression de voir une scène gore de jeu video qui se passe dans une église ... pas taper hein 😘

Posté(e)

Un texte iconoclaste dont l’atmosphère lourde transpose en ces temps du Roman de la Rose de Jean de Meung, des années d’aveuglement des purifications par le feu des sorcières ou des années de Sainte inquisition… Le propos irrévérencieux ne me révulse pas, il est brutal comme le rêve hallucinatoire d’un écorché.

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Bonjour @Eathanor,

Je crois qu’il est bon de faire confiance aux gens. Ne pas vouloir les enfermer dans des cases. Ce qui a été dit et seulement, c’est l’excès dans cette écriture. L’excès favorise l’intolérance, le rejet de l’autre. Il stigmatise et caricature. Il n’apporte rien à la réflexion. C’est une insulte à l’intelligence. Les Maximes des pères proclamait déjà : « Quel est l’homme fort ? C’est celui qui domine ses pulsions. » Et puis, vouloir faire d’un personnage, quel qu’il soit, une sorte de paria m’incite à soumettre à ta sagacité, ces lignes de Germaine de Staël (écrites en 1796) citée dans un article de Eleni Varikas : « Je relis sans cesse quelques pages d’un livre intitulé « la Chaumière indienne ». Je ne sais rien de plus profond en moralité sensible que le tableau de la situation du Paria, de cet homme d’une race maudite, abandonné de l’univers entier (...), faisant horreur à ses semblables sans l’avoir méritée par aucune faute ; enfin le rebut du monde...C’est ainsi qu’existe l’homme sensible sur cette terre ; il est aussi d’une race proscrite, sa langue n’est point entendue, ses sentiments l’isolent, ses désirs ne sont jamais accomplis et ce qui l’environne ou s’éloigne de lui ou ne s’en rapproche que pour le blesser ».

Enfin, je termine par Lucien Jerphagnon (historien de la philosophie grecque), dans l’homme qui riait avec les dieux, il dit : « que le génie grec, c’est le sens toujours présent de la mesure. Car si chacune de ces écoles propose du monde sa vision bien à elle, aucune ne prétend pour autant, comme le feront nos modernes systèmes, délivrer le dernier mot sur la nature des choses, et mettre un point final à une aventure qui n’aurait que trop duré ». Et il ajoute plus loin, en citant Saint Augustin, ce qu’il faut, c’est « chercher comme si nous devions trouver, et trouver pour chercher encore »

Je pense que AP est un site de qualité, où l’expression littéraire et poétique s’enrichit des différences de chacun, dans toute sa complexité. Tu es le créateur et concepteur de cet outil culturel, et tu en es aussi le premier modérateur. Cette particularité oblige.

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Modifié par Filae77

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eb8179e03cbd69178265ab9fe6fea65c.jpg

[https://www.pinterest.ie/pin/559642691190801554/]

 

Ton texte, Guillaume, s'inscrit dans un courant littéraire, celui du gothique fantastique, qui plonge ses racines dans le romantisme finissant du XIXe siècle, dont les continuateurs sont évidemment H.P. Lovecraft et  R. E. Howard. Je songe, en lisant ton poème au cycle de  Solomon Kane et aux illustrations de Frazetta. 

  Les éléments de langage que tu utilises renvoient à un champ lexical où les figures surnaturelles sont contestées, combattues (démons, vampires, loup-garous) et où la figure du prêtre maléfique trône en bonne place.

  Cependant, cette dénonciation des croyances et des superstitions te conduit à une forme de radicalité jusqu'à l'iconoclastie. Et la chute de l'image du christ en fracas final.

  Cette expression romanesque d'un athéisme affirmé a la vertu de ses défauts et réciproquement. La violence, en tant que mode d'expression littéraire, l'horreur exprimée dans la figure immaculée d'une religion à laquelle on prêterait de l'innocence ne saurait choquer quand on sait à quel point les religions du Livre ont elles même du sang sur les mains.

 

 Ce texte n'a tué qu'un prêtre squelette de pacotille et on s'indigne de la violence du propos...

 

« Tuez-les tous ! Dieu reconnaîtra les siens ! »

 

Arnaud AMAURY (1160-1225), avant le sac de Béziers, 22 juillet 1209

 

Dialogi miraculorum (posthume), Césaire d’Heisterbach, savant et religieux allemand du XIIIe siècle

 

Ordre attribué à Amaury (ou Amalric), abbé de Cîteaux et légat du pape, chargé de ramener les cathares à la vraie foi.

 

Chef spirituel de la croisade contre les Albigeois, Amaury écrit dans une lettre au pape Innocent III : « Sans égard pour le sexe et pour l’âge, vingt mille de ces gens furent passés au fil de l’épée. » Catholiques et cathares confondus, et Dieu reconnaîtra les siens…

 

Le Midi de la France en garde encore la mémoire.

 

[https://www.histoire-en-citations.fr/citations/arnaud-amaury-tuez-les-tous-dieu-reconnaitra-les-siens]

 

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