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Parfois je crois

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Posté(e)

Parfois je crois ranger au fond de moi-même,

Au bout d’un grand escalier des mortes saisons,

Un ciel bleu, un volet que l’on  referme,

En criant dans d’étranges silences, ton nom.

 

Puis je vais, timide, en l’air secret du jour,

En  disant que la nuit, le jour, se ressemblent,

Que le vent malin, emportant les amours,

Ne viendra pas là où nous marchons ensemble.

 

Mais de nouveau, lorsque parait la lumière,

Ce matin dont la robe s’endeuille des heures,

Je sens l’affreuse torpeur, son œil sévère,

Et je m’enferme en  de vieilles douleurs.

 

Parfois je crois ranger au fond de moi-même,

L’enfant nu qui ne voulait pas d’un éveil,

Ce gouffre d’où je viens, où je vais mon terme

Et l’ombre se penchant sur tous mes soleils.

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  • Semeur d’échos
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Modifié par Myrtille

  • The sujet was featured
Posté(e)
Le 13/07/2018 à 22:39, thierry demercastel a dit :

Parfois je crois ranger au fond de moi-même,

L’enfant nu qui ne voulait pas d’un éveil,

Ce gouffre d’où je viens, où je vais mon terme

Et l’ombre se penchant sur tous mes soleils.

On lit ces lignes avec stupéfaction tant elles semblent nous concerner intimement. Certes, moi-même j'ai du être cet "enfant nu qui ne voulait pas d'un éveil" certes, ce "grand escalier des mortes saisons" fait immédiatement image en moi.

Votre poème touche en cela à l'universel des sentiments partagés, dans la première enfance, avant les mots, quand le monde n'était que sensations, quand la parole n'était que sons.

Merci et bravo pour ce remarquable opus.

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Modifié par thierry demercastel

Posté(e)

 

Le 13/07/2018 à 22:39, thierry demercastel a dit :

" Parfois je crois ranger au fond de moi-même,

L’enfant nu qui ne voulait pas d’un éveil,

Ce gouffre d’où je viens, où je vais mon terme ... "

C'est difficile d'expliquer la beauté, d'ailleurs, le faut il ? J'ai aimé ce poème, pour la part de mystère qu'il contient. Pour la manière dont les deux principaux interprètes ont de s'ignorer...

Lequel des deux est-il, cet enfant qui ne voulait pas d'un éveil ?

Posté(e)
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Posté(e)

"De la musique avant toute chose et pour celà préfére l'impair"

Essentiellement écrit en hendécasyllabes, vote poème est une belle illustration du conseil de Verlaine.

Quelques décasyllabes et décasyllabes viennent rompre le rythme, mais savamment, à la façon des contrerimes de Paul Jean Toulet.

 

Dans vos rimes s'invitent parfois de simples assonnances : même/referme, heures/douleur, même/terme

 

mais associés à de douces sonorités, ces libertés n'altèrent au rien la suavité et la musicalité de vos vers 

 

Respect 

 

 

 

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