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Accents poétiques

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Approche de l'homme aux semelles de vent*

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* Bonjour à toutes et tous, voici un texte écrit il y a une trentaine d'années. Je ne l'ai jamais publié où que ce soit (en tous cas pas que je me souvienne). Les érudit(e)s (le terme n'est absolument pas moqueur) de la rime, de la forme fixe et de ses multiples règles qui écrivent dans Accents Poétiques pourront  s'amuser de mes bévues techniques sans compter le lyrisme dégoulinant du texte.

C'est une expérience amusante qui montre un trajet d'écriture... Bien à vous.     

   

I

On vit bien tristement quand on a trente-quatre ans.

Un soir noir de décembre, au milieu de nos vides,

S'étire sur un fil tissé très lentement

La toile arachnéenne de nos pensées morbides.

 

L'esprit désabusé ressasse les remords,

On ne fait que semblant : la maladie est là.

L'amour est loin ; le cœur est mort ;

Trop loin le visage qui jadis l'affola.

 

II

 

La magie des regards se berce d’illusions.

On y veut croire encore ; encore on veut sourire :

Aller prendre un café, avoir une vision,

Trouver belle la ville, réprimer un fou rire.

 

L’enlumineur d’espoir pathétise notre âme,

Le songe est cauchemar, grimacier le réveil.

La faux n’est pas bien loin, belle et tranchante dame.

On préfère la nuit au vivre en plein soleil.

 

III

 

Tout en nous se dérobe et scelle les maisons.

Tous les murs se lézardent, on n'entend aucun cri :

La poussière y repose, effaçant les saisons.

                 La chair et ses plaisirs n'ont pas donné la vie.

 

La coquille pourrie fatalement se brise.

La toile est arrachée, fatigués sont les yeux,

La folie accompagne cet hiver qui s’enlise

Et donne à chaque image un air de déjà vieux.

 

IV

 

On en vient à souhaiter un Destin

Pour pouvoir le maudire et braver l'interdit.

De l’encens du pardon le croyant fait festin.

La solitude fond sur l'athée qui périt.

 

Tilleuls sur le chemin, embaumez mon désir.

Le roman n'est plus là : le papier reste blanc ;

L'encre sèche à la plume et on la voit gésir.

On vit bien tristement quand on a trente-quatre ans.

 

Modifié par Bollinger

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Modifié par Jeep

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Modifié par Errances

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