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La ceinture dorée du kimono d’été [Première partie]

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  • Semeur d’échos

La ceinture dorée du kimono d’été

 

Première partie

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Iko visite le Musée Pralognan, illustration du récit réalisée avec le concours de l'IA

 

Iko aimait beaucoup visiter les musées, lorsque ses activités professionnelles et ses obligations familiales lui en laissaient le temps. C’est ainsi qu’une après-midi de printemps, elle se retrouva dans la Galerie des antiquités orientales et des estampes japonaises du Musée Pralognan, à Longueil-lès-Donges, près de Lyon. Le musée était assez paisible à cette heure-là et la jeune femme pouvait contempler les œuvres d’art en toute tranquillité. Après avoir admiré plusieurs tableaux et divers objets exotiques hors du commun, elle se figea devant une réalisation en particulier. Il s’agissait d’une estampe ancienne représentant une geisha, semblait-il. La jeune femme représentée était sobrement vêtue d’un kimono orné de milans noirs et se détachait sur un paysage de cerisiers en fleurs. Quelle douceur ravissante !

La ceinture que portait cette geisha retint l’attention de la jeune femme. Curieusement, il ne s’agissait pas de la ceinture traditionnelle d’Extrême-Orient, le obi, large et soyeux. C’était un lien assez fin, d’aspect occidental, finement doré et terminé par une boucle d’argent. Le kimono d’été de la geisha représentée en était illuminé. C’était tout à fait frappant. Au bout d’un instant, Iko allait tourner les talons et s’éloigner lorsque des petits cris perçants attirèrent son attention. D’où provenaient-ils ? La jeune femme tourna la tête en tous sens. C’était incroyable ! Les bruits paraissaient issus de l’estampe qu’elle venait de quitter. Ils montaient et se multipliaient, on aurait dit des oiseaux dans un nid. Mais il n’y avait pas de nid dans ce musée, et encore moins d’oiseaux.

Comment cela était-il possible ? En tout cas, Iko était seule dans cette salle du musée. Avec les tableaux, naturellement. Iko s’approcha de l’estampe justement nommée : La ceinture dorée du kimono d’été. Elle la regarda à nouveau avec attention. Les petits cris ne cessaient pas. Ce qu’elle vit la stupéfia. Les milans noirs peints sur le kimono de la geisha ouvraient largement le bec et battaient des ailes, sans toutefois s’envoler. Un vrai dessin animé, digne de Walt Disney, mais en beaucoup plus inquiétant. Les cris devenaient furieux, suraigus, assourdissants. Soudain et sans prévenir, ils se turent. Apparemment, ils avaient accompli leur office : attirer l’attention d’Iko et l’attirer vers l’estampe.

La suite fut encore plus étonnante. Le personnage féminin représenté sur la toile tourna la tête, se mettant à regarder Iko avec un regard des plus humains. Puis elle prononça quelques mots, qui allèrent, légers comme des papillons exotiques, se poser sur la joue d’Iko :

- La ceinture dorée du kimono d’été…

Elle ajouta, rêveuse :

- La ceinture d’été du kimono d’été n’est pas coupable.

Puis elle se tut et reprit sa posture aussi figée que gracieuse. La jeune femme n’en croyait pas ses yeux, ni ses oreilles. Avait-elle vraiment entendu ces mots, susurrés faiblement plutôt que prononcés ? À cet instant, Iko se sentit brutalement projetée en arrière par une main invisible. Elle tomba sur le sol de la galerie, au comble de la stupéfaction. Reprenant ses esprits, elle constata que nul n’était avec elle dans cette petite salle du musée. Elle y était seule, pour le moment. Et pourtant, quelqu’un l’avait poussée, plutôt brutalement. Qu’est-ce donc que tout cela signifiait ?

Iko se redressa assez difficilement et se remit sur ses pieds. Rien n’avait changé dans la pièce, tout paraissait normal. Elle jeta alors un coup d’œil sur les estampes qui l’entouraient. Quelle horreur ! Tout ce qui était représenté sur chacune d’elle entrait dans un tournoiement étrange, comme pris par un tourbillon coloré. Chacune devenait mobile et bruissante, bizarrement prise de folie. L’estampe à la ceinture dorée était entrée dans le bal maléfique, elle aussi. La jeune Japonaise représentée se livrait maintenant à une ronde folle tout autour des murs de la pièce.

Plus inquiétant encore, la ceinture dorée du kimono d’été s’était détachée de la taille de la geisha, toute seule semblait-il, et, autonome à présent, voltigeait dans la salle comme un serpent diabolique. Cela sifflait et couinait comme une cravache, montait et descendait en virevoltant sans cesse. Iko se sentit terriblement effrayée. Il fallait fuir cette scène d’horreur, absurdement étrange, et vite. Mais les jambes de la jeune femme refusèrent de la guider vers la sortie. Tout se liguait contre elle ! À cet instant, la ceinture dorée de la geisha parut remarquer sa présence. Toujours ondulant dans les airs, elle se rapprocha insidieusement de la jeune femme. Mais, infortunément, sans doute en état de sidération, Iko ne pouvait plus bouger.

 

(À suivre…)

 

Modifié par Alba

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