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Le mausolée de l'innocence

Featured Replies

Posté(e)

Le mausolée de l’innocence

 

 

L’équinoxe céleste ranime la conque,

Une promesse de tendresse familière

Hisse l’harmatan pressé d’embraser ma jonque ;

L’amante héroïque embarque pour la croisière.

 

 

L’aubade sollicite vingt degrés Celsius,

Je devine l’essaim des larmes d’Aphrodite

Reluire dans ton œil brillant tel le Sirius

Puis ravir la verdure presque smaragdite.

 

 

Dernière nostalgie de l’hiver pastoral,

L’esprit félin félicité par Adonis

Caresse tes lèvres demeurées le Graal

Sublimant l’étrange élixir couleur cassis.

 

 

L’opulente marée des tourments s’amoncelle !

Ma mémoire, humble concubine du péché,

Exorcise l’aube de ton âme jumelle

Et je profane cette chair d’un teint hâlé.

 

 

L’auguste fantôme d’Atlantis ressuscite

Sur tes hanches au mausolée de l’innocence,

La lune, bohémienne albâtre, fuit l’orbite ;  

Fière d’ouvrir le bal des anges à Florence !

 

 

L’excellente vallée des plaisirs nous flagelle,

Je me délecte de toute la courtoisie

Qui enflamme avec tant d’harmonie ta prunelle

Gâtée par quelques vergers azur d’Italie.

 

 

 La toison nacrée de tes cuissardes implore

D’épouser le sentier luxuriant fait nylon,

Germe moult volupté aux confins de la flore

Parfumée sous le bon lavandin d’Avignon.

 

La nature oisive du désir hosanna

Espère border ta majesté diaphane,

L’oasis onirique enseigne le delta

D’une silhouette admirée en filigrane.

Cupidon perce mon cœur d’infimes fléchettes

Jusqu’au peuplier affecté à la lisière,

Mille éclairs de miel colonisent tes mirettes

Dont la teinte évoque les forêts de Bavière.

 

 

Théâtre singulier de l’ardent ciel saphir,

Le printemps exilé de l’ombre après Chloris

Souffre la douceur exaltante du Zéphyr ;

La rivière émeraude berce son iris !

 

 

L’obole marine des récifs éphémères

Bénit bien la rose féerie enchanteresse,

Quatre baisers ivres de passion considèrent

L’étoile d’Orient juste avant que Jésus naisse.

 

 

Une seule légion amoureuse s’élance,

La beauté délivre son fabuleux stigmate

Dans ce preux minois où règne l’effervescence

De tes yeux d’agate fluides comme l’Euphrate.

 

 

Le pouvoir peu vertueux des sorciers Vaudou

Loue un sein édifié en forme de fusée,

Sa surface précieuse vernie d’acajou

Abreuve les suppôts fidèles chez Morphée.

Assoiffée des charmes du vaste baldaquin,

Tu réquisitionnes mon repère secret,

Les volutes fécondes d’un maillot turquin

S’immergent sous maintes profondeurs vers Calais.

 

 

Des colonies d’hirondeaux consacrent Neptune

Lorsque ton visage lancinant se profile,

L’ouvrage sensuel plein d’odeur de callune

Vient fleurir leur prose indigne selon Virgile.

 

 

Je confesse la grâce d’une vahiné

Tantôt couronnée de l’auréole d’opale,

Ta chevelure offerte contre l’oreiller

N’instruit guère ma pénitence nivéale.

 

 

Jamais satisfait du royaume langoureux

D’un galbe délicat ornant le crépuscule,

Lucifer nostalgique prononce ses vœux ;

Agrippé à toi avec la force d’Hercule !

 

 

Le dôme inspiré d’effroi hante Déméter,

Sa complainte exhume le cri de l’alouette

Quand ton spectre exposé au couvent de Nevers

Semble honorer la dévotion de Bernadette.

 

 

La fièvre téméraire décelée jadis

S’estompe malgré la chaleur d’une neuvaine !

Tu entends rejoindre le palais d’Osiris,

L’ondine lacustre dissimule sa peine.

 

 

Le bleu des ténèbres poétise l’abside,

Deux chérubins ailés étendent leur mérite

Sur cette poitrine, brûlant astéroïde

Voué aux vrais mystères du monde spirite.

Vestige charnel d’un corps dentelé d’étain,

L’amère liqueur de tes pommettes d’ivoire

S’écoule lentement le long de ton bassin

Et ta dépouille appréhende le purgatoire.

 

 

Le carillon d’Éden résonne au paradis,

Il salue la pourpre brume remplie de verve !

Je distingue Van Gogh derrière Saint-Rémi

Rechercher la sagesse illustre de Minerve.

 

 

L’horizon agonise pendant notre office,

Un cortège de limbes envoie ton phénix

Glorifier la voûte que le Seigneur esquisse

Dans ce regard empoisonné par l’eau du Styx.

 

 

R-F LEFORT (23/4/2022)                                                                                                                                                                                                                                                                         

 

 

 

 

 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une célébration de l'aimée au foisonnement baroque, quelle luxuriance d'images !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une complexité stylistique poussée très loin.

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