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Le Petit Bûcheron dans la boîte à chaussures [Deuxième partie]

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le petit Bûcheron dans la boîte à chaussures

Récit fantastique

 

Deuxième partie

 

- Mais c’est invraisemblable, petit bûcheron de carton ! Je suis employée à la banque Richard & Dixon, en tant qu’employée zélée et reconnue. J’ai toujours détesté la fantaisie et la fainéantise. Quant à l’imagination, parlons-en. C’est l’alibi des paresseux et des profiteurs, qui veulent faire travailler les autres à leur place. Et puis j‘ai déjà trois ans d’ancienneté dans mon emploi, je ne suis pas une fée de carnaval !

Euphony, bouleversée, était très en colère. Le petit bûcheron leva une main minuscule pour l’apaiser.

- Pas encore, mais cela viendra, le carnaval, jeune dame. Bon, allez, laissez-moi travailler, à présent, je dois penser à couper du bois pour l’hiver. J’ai à faire.

La petite créature, imperturbable, reprit son travail, la scie à la main. Euphony, pour sa part, était parfaitement incrédule. Que signifiaient toutes ces révélations ? Des signes, des trouvailles, des rencontres à venir ? Elle commença à craindre pour sa raison puis ses yeux se posèrent sur le petit bûcheron qui, bien sage dans sa boîte, avait repris ses activités de bûcheronnage. Il disposait ses bûches en réduction deux par deux, avec soin, sur le sol de la clairière où il s’activait. Comme il était charmant, en fait, si sage et si déterminé ! Que d’application et de concentration pour un résultat quasi nul : des bûchettes de quelques millimètres de long.

Mais tout cela semblait tellement authentique, vrai et profond, constitutif d’une autre réalité que la réalité… Le petit bonhomme anticipait avec sagesse les rigueurs de l’hiver, voilà tout. D’autres valeurs que les valeurs du monde soi-disant réel lui étaient donc à présent proposées. Euphony réalisa à quel point le courage obstiné du petit travailleur dérisoire l’émouvait. Elle réfléchit profondément. Elle avait refermé le couvercle de la boîte à chaussure sur le bûcheron de papier, comme il le lui avait demandé.

Voilà qu’elle réalisait qu’une voie nouvelle s’ouvrait à elle, et qu’elle avait le choix : ignorer le message de l’Autre Monde, qui s’était exprimé par le truchement du minuscule bûcheron, et reprendre le cours de sa vie ordinaire à la banque, en refusant l’irrationnel. Ou devenir fée à son tour, prendre la suite de sa tante, assumer son héritage, son véritable héritage. Et garder la grande maison de feue tante Clara. Elle devinait que les rencontres étranges se multiplieraient, à présent, et que ses pouvoirs allaient augmenter de jour en jour.

La jeune femme hocha la tête. Elle avait choisi. Elle quitta le sous-sol, en prenant soin d’éteindre la lumière. Elle entendait le petit bûcheron chantonner dans sa boîte :

Scie, cloue, cogne,

Dans la forêt du temps,

Il n’est pas de silence,

Pour les oiseaux seconde,

La minute est sciure

Et la branche retombe

Avec elle dans le noir.

 

Scie, cloue, cogne,

Dans la forêt murmure,

Le soleil s’est sauvé,

Il a laissé là-haut

Ses boutons de culotte,

Et sa ceinture dorée

En étoiles de Lune.

 

Scie, cloue, cogne,

Dans la forêt profonde,

Demain il fera jour,

Dors à présent mon cœur,

Les anges vont passer

Pour t’apporter ici

Mille songes étonnés.

 

Euphony remonta au salon. Elle se sentait bizarrement heureuse, toute légère, elle n’avait plus peur, bien au contraire. Sa décision la remplissait de joie. La jeune femme s’installa confortablement dans le grand fauteuil en cuir du salon, là où sa tante avait l’habitude de se reposer. Elle était maîtresse à bord, maintenant, et naviguerait à son tour gaillardement sur les flots de l’Étrange. Non, elle ne vendrait pas la grande maison, elle allait au contraire la meubler à son idée, la rendre encore plus joyeuse, lumineuse et accueillante. Et elle donnerait très vite sa démission à la banque.

Elle savait que l’Autre Monde avait tout prévu. Et elle n’avait pas tort. Elle trouva en effet sur la table basse à côté du fauteuil de sa parente une grappe de raisins d’or fin. Ce merveilleux bijou valait sans aucun doute une fortune. C’était à l’évidence un cadeau d’accueil du Monde Magique. À la bonne heure ! Elle pourrait désormais se consacrer à ce qui avait véritablement du sens à ses yeux : aider et protéger les faibles et les enfants démunis, comme sa tante l’avait fait pour elle. Et bientôt viendrait l’heure des enchantements…

 

FIN

Modifié par Alba

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Voilà qui suggère que notre rationalité ne tient pas à grand chose. Si j'étais Euphony, je demanderais des comptes à l'autre monde quant à la mort de mes parents. Mais justement, sont-ils là-bas? Voilà que mon imagination prend le relais! Merci pour cette lecture, Alba!

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci beaucoup, @Thy Jeanin Thierry, pour cette lecture et ce commentaire si "engagé" et si engageant.

Pourquoi ne pas écrire une suite, ta suite, à ce récit ? Ce serait à coup sûr fort intéressant, un duo de prose après le duo poétique (dans le baobab). Tu ne manques pas d'idées !

( ͡~ ͜ʖ ͡° )

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