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Figures féminines (5), Pandore

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Les maux défroissent leurs ailes—

Aux liserés de l’attente

 

L’eau de ses yeux franchit la nuit,

Son cœur s’égoutte aux plaies

 

Le doute brûle au sel de ses lèvres

Dans l’entaille nue

 

Un mot cousu—fils de sa soif

S’endort dans le velours rouge

 

L’espoir—est-il illusion 

Capitonnée dans la fibre ?

Pleurerons- nous l’oubli— 

 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un portrait douloureux, vibrant, intense, tout en attente et en métaphores prenantes.

Quel sort nous réserve l'avenir ? Mille questions, mille angoisses avec le retour de Pandore...

Posté(e)

"Les maux défroissent leurs ailes

Aux liserés de l’attente »

Sophie, tu nous dis avec beaucoup de sensibilité ce moment suspendu où le doute anime Pandore. On ressent l'avenir encore incertain bien que tout soit joué.

Ton écriture poétique nous donne toujours ce plaisir de revisiter la mythologie. Merci !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Des vers riches en images qui trahissent la douleur aiguë de celle que la légende rend responsable des maux de l'homme. Comme Eve dans d'autres mythes. D'une grande densité.

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Il y a 5 heures, Sophie a écrit :

Les maux défroissent leurs ailes—

Aux liserés de l’attente

Pandore va les libérer, les libère, les a libérés.

Des moments d’attente cruciaux en quatre distiques et un tercet de profonde poésie.

Il y a 5 heures, Sophie a écrit :

Pleurerons- nous l’oubli

d’un temps lointain qui précédait le mal ?

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos
Il y a 5 heures, Alba a écrit :

Un portrait douloureux, vibrant, intense, tout en attente et en métaphores prenantes.

Quel sort nous réserve l'avenir ? Mille questions, mille angoisses avec le retour de Pandore...

Pandore interroge toujours. L'avenir est si incertain... Le monde brûle intérieurement et extérieurement. Les maux sont profonds.

L'humanité se fissure. La menace est protéiforme. Espérons ne pas connaître un tel désastre...

Il y a 3 heures, Ameline a écrit :

"Les maux défroissent leurs ailes

Aux liserés de l’attente »

Sophie, tu nous dis avec beaucoup de sensibilité ce moment suspendu où le doute anime Pandore. On ressent l'avenir encore incertain bien que tout soit joué.

Ton écriture poétique nous donne toujours ce plaisir de revisiter la mythologie. Merci !

Ton commentaire me touche... , Ameline.

Il y a 2 heures, Thy Jeanin a écrit :

Des vers riches en images qui trahissent la douleur aiguë de celle que la légende rend responsable des maux de l'homme. Comme Eve dans d'autres mythes. D'une grande densité.

J'imagine que sa douleur devait être intense. Les dieux ont créé Pandore pour se venger des hommes. Le rapprochement avec Eve est pertinent, Thy Jeanin.

il y a 5 minutes, Jeep a écrit :

Des moments d’attente cruciaux en quatre distiques et un tercet de profonde poésie.

d’un temps lointain qui précédait le mal ?

Ce retour est intéressant, Jeep.

Je ne songeais pas à un temps lointain qui précédait le mal.

Pleurerons- nous l'oubli est une réflexion en résonance avec le vers précédent.

Tout d'abord, quel est le sens attribué à l'espoir contenu dans la boite de Pandore?

Deux interprétations coexistent. Il peut être envisagé comme un bien ou un mal.

L'espoir est-il assimilé à l'un des maux ? En ce cas, il serait illusion, forfaiture ...

Ou l'espoir est-il préservé pour les humains ?

L'interrogation reste ouverte.

Enfin, le vers précité laisse sous-entendre que si l'espoir était une illusion, il ne nous resterait plus que l'oubli contre la douleur.

Ce mythe est puissant. La lecture de l'espoir est ambiguë.

Le sens appartient à chacun.

Merci infiniment @Alba , @Ameline , @Thy Jeanin , @Jeep pour vos ressentis.

Modifié par Sophie

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Il y a 8 heures, Sophie a écrit :

L’eau de ses yeux franchit la nuit,

Son cœur s’égoutte aux plaies

Ces deux vers sont de toute beauté.

Les larmes lavent la nuit et le cœur peut s’ épandre…

Merci chère @Sophie

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos
Il y a 9 heures, Tarentaise a écrit :

Ces deux vers sont de toute beauté.

Les larmes lavent la nuit et le cœur peut s’ épandre…

Merci chère @Sophie

Ces mots sont le corps et la conscience après le geste.

A la relecture de mon poème, je m'aperçois de l'intensité des mots mais ses maux sont extrêmes ...

Mon écriture devient sensorielle et organique. Dans mon approche du mythe, Pandore est une figure sensible.

J'aime l'esthétique symboliste, de plus en plus.

Merci infiniment cher Tarentaise. Chaque commentaire est une source de réflexion.

Merci beaucoup Estérina pour ta réaction.

Ce mythe est bouleversant.

Modifié par Sophie

Posté(e)

Pandore, qu'on accuse en effet de tous les maux, est réhabilitée dans votre poème avec toute sa fragilité et sa lucidité.

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos
il y a une heure, Nils Exo a écrit :

Pandore, qu'on accuse en effet de tous les maux, est réhabilitée dans votre poème avec toute sa fragilité et sa lucidité.

Je ne sais pas si on peut parler de réhabilitation... C'est juste une lecture moderne du mythe de Pandore.

Merci infiniment Nills Exo.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Pandore, sœur ou cousine de Eve, a ouvert la jarre ... la parabole est la même et puisqu'il s'agit de figures féminines, il semblerait qu'une certaine culpabilité leur colle à la peau depuis le départ ! ( ͡~ ͜ʖ ͡° )

Ton poème a dû trouver son origine dans une peinture, ou s'en inspirer et le velours rouge m'a fait penser à celle de Dante Gabriel Rossetti, mais n'ayant pas lu les commentaires et tes réponses, je suis peut-être complètement à côté de la plaque ! Tant pis, je prends ce risque !

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos
il y a 8 minutes, Joailes a écrit :

Pandore, sœur ou cousine de Eve, a ouvert la jarre ... la parabole est la même et puisqu'il s'agit de figures féminines, il semblerait qu'une certaine culpabilité leur colle à la peau depuis le départ ! ( ͡~ ͜ʖ ͡° )

Ton poème a dû trouver son origine dans une peinture, ou s'en inspirer et le velours rouge m'a fait penser à celle de Dante Gabriel Rossetti, mais n'ayant pas lu les commentaires et tes réponses, je suis peut-être complètement à côté de la plaque ! Tant pis, je prends ce risque !

Dans ce poème, mon inspiration vient du mythe lui-même. Aucune oeuvre picturale....😉

L'oeuvre de Dante Gabriel Rosetti est presque hypnotique. J'ai déjà dû l'apercevoir.

Auparavant, J'avais posté un tanka sur le forum inspiré d'une toile de John William Waterhouse, Psyché ouvrant la boite.

(La réinterprétation artistique de ce mythe est d'une grande douceur.)

Merci infiniment Joailes pour ta lecture et cette prise de risque. Grâce à toi, j'ai pu redécouvrir cette oeuvre.

Ton commentaire rejoint celui de Thy Jeanin relativement à la culpabilité.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

"Dans ce poème, mon inspiration vient du mythe lui-même. Aucune œuvre picturale....😉"

Comme quoi l'inspiration peut bien rester secrète, quand elle n'a pas d'illustration, et permet à chacun d'aller à sa guise sans se focaliser sur une image.

C'est, pour moi, le pouvoir de la poésie : faire naître de l'émotion juste à partir des mots, sans avoir recours à du visuel.

C'est précisément cette autonomie du langage qui fonde sa puissance spécifique : les mots ne sont pas de simples substituts d'images mais des opérateurs de pensée à part entière.

Et tu y réussis fort bien, chère @Sophie .

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Ta lecture est très fine, Joailes.. Je comprends ton raisonnement. J'aime quand tu parles d'opérateurs de pensée.

Oui...le langage a une puissance spécifique. Je pense même que cette puissance est décuplée quand il est épuré.

Une image, une sensation visuelle, tactile, olfactive... peuvent nourrir l'inspiration.

Ecrire est un territoire si vaste...

Merci infiniment chère Joailes pour la densité de ton propos.

Modifié par Sophie

Posté(e)
Le 21/03/2026 à 16:32, Sophie a écrit :

Les maux défroissent leurs ailes—

Aux liserés de l’attente

 

L’eau de ses yeux franchit la nuit,

Son cœur s’égoutte aux plaies

 

Le doute brûle au sel de ses lèvres

Dans l’entaille nue

 

Un mot cousu—fils de sa soif

S’endort dans le velours rouge

 

L’espoir—est-il illusion 

Capitonnée dans la fibre ?

Pleurerons- nous l’oubli— 

 

Ou est-ce la désespérance une illusion ? 😉 ces vers Sophie ressemblent à une estampe, ils sont autant expressifs qu’esthétiques, 😌💫

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos
Il y a 3 heures, Nâau a écrit :

Ou est-ce la désespérance une illusion ? 😉 ces vers Sophie ressemblent à une estampe, ils sont autant expressifs qu’esthétiques, 😌💫

J'aime ce renversement, ou ce basculement... chère Naau. 😉Ce questionnement est profondément philosophique.

L'espoir peut être une illusion et la désespérance peut être une illusion. ( chaque proposition n'exclut pas l'autre.)

L'espoir est-il une fuite ou une force lucide et la désespérance, un enfermement ou une forme de vérité nue ?

Doit-on trancher... absolument ? Et, le peut-on...

Ce sont des états qui nous traversent et non des vérités.

N'y a-t-il pas dans l'espérance une part d'illusion et dans la désespérance un souffle ou une étincelle qui perdure....

Merci infiniment Naau pour tes mots d'une belle densité.

J'adore les estampes. 😉

Modifié par Sophie

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