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Reflets de fables 29) La Mort et le faux Stoïcien

Featured Replies

Posté(e)

Un Homme avait l’esprit on ne peut plus stoïque,

Réfléchissant beaucoup, parlant encore mieux,

Affirmant que le monde est un champ harmonieux

Que l’on doit accepter et s’y montrer pratique.

« Ce qui dépend de toi, tu dois le maîtriser ;

Ce qui n’en dépend pas, tu dois l’amenuiser,

Aimait-il professer devant un camarade

Qui l’écoutait sans plus tant il était malade.

- Ne constates-tu pas que je souffre beaucoup ?

Un peu de réconfort aide à tenir le coup !

Tenta celui-ci pour réponse.

- La mort est naturelle, accepte son annonce »

Disputa le Cruel. Celle qu’on vient nommer

Entend ce terrible précepte

Et décide de sermonner

A sa façon celui qui se veut Épictète.

Elle ne le frappe pas

Mais lui fait sentir son souffle :

Dès lors la peur du trépas

Fait réfléchir ce maroufle.

-----

Cette morale me plaît

Tant je n’en peux plus d’entendre

Cette espèce de couplet

Que beaucoup aiment reprendre.

Combien entendons-nous de ces faux stoïciens

Qui n’usent que de théorie

Et prêchent pour leurs paroissiens

Sans se questionner sur leur propre aporie ?

Ils viennent énoncer devant nous leur discours

Sans proposer un seul secours :

Oui, la mort est la fin : là-dessus, je ne juge

Et gageons que, contre elle, aucun n’aura refuge.

Je n’entends cependant pas un de ces sermons

Qui ne proviennent que d’adroits caméléons :

Autrui peut bien souffrir, on lui fait la morale

Mais que soi-même on souffre et c’est tout un scandale !

J’ai connu de ces gens qui dans leur boniment

Prétendaient réunir et Sénèque et Montaigne

Et je crains de subir, de leur part, un long règne :

Jamais de tels discours n’auront un sentiment.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Belle dénonciation des donneurs de leçons et des prétentieux bavards !

J'ai bien aimé cette nouvelle fable et sa moralité.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

La force de cette fable réside dans son renversement : ce n'est pas l'homme qui domine la mort par sa sagesse, mais la mort qui, par une simple visitation, révèle la vacuité de ses beaux discours.

Le "maroufle" (mot savoureux, à la connotation un peu archaïque, presque rabelaisienne), découvre la peur, là où il prêchait l'acceptation. J'aime !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Vous avez l'art de reprendre chaque fable en approfondissant la morale, Nills Exo.

Cette fable philosophique dénonce les pseudo- stoïciens, les donneurs de leçons mais aussi la souffrance non reconnue. Ce dernier aspect est troublant.

Une nouvelle fable d'une grande densité, Nills Exo.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Il est plus facile d’être stoïque pour les autres que pour soi-même. C’est bien vrai !

Posté(e)
Il y a 16 heures, Nils Exo a écrit :

Un Homme avait l’esprit on ne peut plus stoïque,

Réfléchissant beaucoup, parlant encore mieux,

Affirmant que le monde est un champ harmonieux

Que l’on doit accepter et s’y montrer pratique.

« Ce qui dépend de toi, tu dois le maîtriser ;

Ce qui n’en dépend pas, tu dois l’amenuiser,

Aimait-il professer devant un camarade

Qui l’écoutait sans plus tant il était malade.

- Ne constates-tu pas que je souffre beaucoup ?

Un peu de réconfort aide à tenir le coup !

Tenta celui-ci pour réponse.

- La mort est naturelle, accepte son annonce »

Disputa le Cruel. Celle qu’on vient nommer

Entend ce terrible précepte

Et décide de sermonner

A sa façon celui qui se veut Épictète.

Elle ne le frappe pas

Mais lui fait sentir son souffle :

Dès lors la peur du trépas

Fait réfléchir ce maroufle.

-----

Cette morale me plaît

Tant je n’en peux plus d’entendre

Cette espèce de couplet

Que beaucoup aiment reprendre.

Combien entendons-nous de ces faux stoïciens

Qui n’usent que de théorie

Et prêchent pour leurs paroissiens

Sans se questionner sur leur propre aporie ?

Ils viennent énoncer devant nous leur discours

Sans proposer un seul secours :

Oui, la mort est la fin : là-dessus, je ne juge

Et gageons que, contre elle, aucun n’aura refuge.

Je n’entends cependant pas un de ces sermons

Qui ne proviennent que d’adroits caméléons :

Autrui peut bien souffrir, on lui fait la morale

Mais que soi-même on souffre et c’est tout un scandale !

J’ai connu de ces gens qui dans leur boniment

Prétendaient réunir et Sénèque et Montaigne

Et je crains de subir, de leur part, un long règne :

Jamais de tels discours n’auront un sentiment.

« Fais ce que je te dis »pour ma part je ne l’assume pas 😉🙃 …. ceux qui prêchent ,souvent, ne savent pas de quoi ils causent et causent le tourment dans l’esprit qui les écoute … le savoir théorique est superficiel …

Merci Nils Exo pour cet excellent « pamphlet » 🙌💫

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Deux critiques en une: des maîtres qui feignent et qui manquent de sentiment. Bien visé, car la pratique est difficile et le discours trop systématique.

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Le 16/03/2026 à 03:40, Nils Exo a écrit :

Je n’entends cependant pas un de ces sermons

Qui ne proviennent que d’adroits caméléons :

Ces caméléons, s’ils ont toujours existé, n’ont rien perdu de leur pouvoir…

Maroufles, ils resteront… La lecture de vos fables @Nils Exo est un véritable plaisir.

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