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Qu'un dieu vous serve (V, 4 & 5)

Featured Replies

Posté(e)

Scène 4 – Arès, Jacques, Juliette, Julien, Caius, Volubile, Matamore

 

Caius, Volubile et Matamore entrent en poussant devant eux Julien. Juliette suit, ne sachant que faire pour venir en aide à son petit frère.

 

Volubile : Votre enfant nous a insultés, nous sommes venus nous plaindre auprès de vous !

 

Caius : Votre enfant nous a bousculés, nous attendons une réaction de votre part !

 

Matamore : Votre enfant nous a souillés, nous exigeons qu’il soit puni !

 

Jacques (faisant signe à Julien de se taire tout en les regardant) : Que signifie ?

 

Julien : C’est pas vrai…

 

Jacques : Tais-toi, laisse parler les adultes. (A Caius Volubile et Matamore.) Je vous ai demandé de m’expliquer.

 

Matamore : Il n’y a rien à expliquer, nous avons été clairs, je crois…

 

Caius : C’est qu’il ne nous croirait pas, le président du tribunal… Il a pris de l’importance, le petit Jacques, depuis que les divinités de l’Olympe lui font les yeux doux… Mais on ne nous la fait pas, à nous autres !

 

Volubile : Permettez, ces gens ont des droits… (A Jacques.) Hier, Monsieur, mes amis et moi étions venus pour parler au Seigneur Arès qui était en train de balayer, un de vos ordres d’après ce que j’ai compris. Vos enfants se cachaient pour l’observer, nous avons fait de même, il est vrai. Mais quand Arès nous a surpris, nous demandant ce que nous faisions là, votre fils s’est précipité. Nous lui avons alors fermement, mais gentiment je vous prie de le croire, demandé de se tenir tranquille. Il n’a rien voulu entendre et s’est mis dans une colère noire. Il a même déclaré qu’il crachait sur nos statuts, nos fonctions et nos uniformes ! Quel scandale, nous attendons que vous réagissiez !

 

Jacques, à Julien : Et toi, quelle est ta version ?

 

Julien : C’est vrai que j’ai dit que je crachais sur tous leurs machins qui ne signifient rien parce que ce ne sont que des prétentieux qui abusent de leur force parce que je suis le plus petit ! Mais je n’ai pas craché en tant que tel, c’était une façon de parler, une image comme tu nous l’a déjà expliqué, à Juliette et à moi. J’en ai assez d’eux : tu nous dis tout le temps qu’il faut respecter l’autorité mais eux, ils ne nous respectent pas ! Arès nous a d’abord parlé, à Juliette et à moi, je te le jure ! Nous allions lui répondre quand ils nous sont tous passés devant, agitant la main comme si nous n’étions rien !

 

Volubile : Quel tissu de mensonges !

 

Caius : Belle éducation que voilà, des hommes de notre rang agir ainsi !

 

Matamore : Je te lui collerais une raclée, moi !

 

Jacques : Il est difficile de juger, Messieurs. Les paroles de mon fils sont certes dures, malpolies et excessives. Pour cela, sa mère et moi aurons une conversation avec lui et il ne recommencera pas, croyez-moi, du moins sous cette forme. En son nom, je vous prie de nous excuser, car la faute du fils est aussi celle du père. Reconnaissez néanmoins que si ce qu’il dit est vrai, vous vous êtes fort mal comportés : trois adultes contre deux enfants…

 

Volubile : Que ne devons-nous pas entendre !

 

Caius : Tel père, tel fils !

 

Matamore : Nous, tout de même, nous !

 

Jacques (réfléchissant) : Et si nous faisions appel à un témoin ?

 

Volubile : La bonne affaire, on sait ce que vaut la parole d’une sœur pour son frère…

 

Jacques : Pas Juliette.

 

Caius : Je vois, Arès alors. Mais il est à votre service, il dira ce que vous lui ordonnerez…

 

Jacques : Arès non plus.

 

Caius : Alors qui ? Il n’y avait personne d’autre !

 

Jacques : Poséidon.

 

Caius, Volubile & Matamore : Il n’était même pas là !

 

Jacques : Justement. (Il parle plus fort.) Seigneur Poséidon !

Scène 5 – Arès, Poséidon, Jacques, Juliette, Julien, Caius, Volubile, Matamore

 

Poséidon : Que se passe-t-il encore ? L’accusé a été condamné, je dois me rendre auprès des autres Olympiens pour la sentence.

 

Jacques : Nous avons un petit démêlé…

 

Volubile : Dites plutôt que vous perdez la raison…

 

Caius : Votre témoin ne témoignera pas grand-chose…

 

Matamore : Vous devez être bien à plaindre pour agir de la sorte…

 

Jacques : Nullement. Vous n’étiez donc pas au courant ? C’est bien dommage, je m’en vais donc vous informer : les dieux sont, dirons-nous, omniscients.

 

Volubile (dédaigneusement) : Si votre dieu est si omniscient, alors pourquoi a-t-il laissé le hasard décider du sort d’Arès ? Je n’irais pas jouer avec lui au casino si j’en juge les résultats de sa prétendue omniscience !

 

Poséidon : Parce que nous autres, les divinités, abandonnons les mortels à l’obscurité de nos décisions pour les laisser à la lumière de leurs responsabilités. Maintenons, je vous prie de changer de ton car si vous voulez jouer à qui a la plus grosse autorité, vous allez vite perdre, mon ami. Monsieur Jacques, je vous écoute.

 

Jacques : Pouvez-vous nous faire une petite démonstration, Seigneur Poséidon ? Je pense qu’il est inutile de vous dire pourquoi je vous fais venir…

 

Poséidon : Certainement. Ce bavard (en désignant Volubile) a déclaré dans le dos de ces deux-là (il désigne Caius et Matamore) qu’ils s’inversaient tout le temps et cet agitateur (il désigne Caius) a déclaré qu’avec eux, la gloire du pouvoir lui était assurée et ce fier-à-bras (il désigne Matamore) en a fait tout autant en parlant simplement de ses galons. Un beau trio d’hypocrites si vous voulez mon avis.

 

Arès, à Volubile qui sursaute : Quant à toi, ose encore parler comme tu l’as fait de celle qui naquit des eaux et la déesse elle-même viendra te livrer à la pire des prostitutions. Ai-je suffisamment bien nommé les choses à toi qui aimes tant nommer les choses ?

 

Jacques, à Caius, Volubile & Matamore : Convaincus ?

 

Un temps. Les trois se regardent d’un air maussade.

 

Jacques : Votre verdict, Seigneur Poséidon ?

 

Poséidon : L’enfant dit vrai.

 

Jacques : Les enfants, laissez-nous.

 

Poséidon, à Arès : Quant à toi, je vais discuter avec les miens.

 

A suivre.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une intéressante confrontation entre les dieux et les hommes. les dieux ont le beau rôle...

Ils laissent la farce et la médiocrité aux humains. Jacques navigue avec habileté entre ces deux univers qui s'opposent et se complètent.

Tout cela donne une densité certaine à la pièce, façon mille-feuille (pardon pour la métaphore gustative, je suis gourmande !).

( ͡~ ͜ʖ ͡° )

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Parce que nous autres, les divinités, abandonnons les mortels à l’obscurité de nos décisions pour les laisser à la lumière de leurs responsabilités.

Edifiant. Ce discours n'a pas changé.

Excellent, entre autres, ce retour des trois comiques. Ce sont des idiots utiles.

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