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Il était une fois ou jamais

Featured Replies

Posté(e)

Il était une fois, ou peut-être était-ce une autre fois, ou bien n'était-ce aucune fois du tout, après tout on s'en fout, un animal qui s’appelait Alain Cohérent.

Il n’avait ni queue ni tête.

Ça lui facilitait vachement les choses, car il n’avait jamais à se demander s’il devait faire demi-tour.

Aller de l’avant, pour lui, était une notion abstraite.

Il se contentait d’être là, et parfois, sans prévenir, il était là-bas.

Un matin, ou peut-être un soir, un caillou lui parla :

Tu es bien étrange, dit-il. Tu n’as pas de tête pour me regarder, ni de queue à remuer pour exprimer ta joie ou ta colère, comme le feraient chiens et chats.

C’est toi qui es étrange, répondit Alain Cohérent, d’une voix qui sortait de nulle part en particulier.

Tu es tout dur et tout petit, et tu restes là, inerte, à la merci de pieds qui te bousculent ou de mains qui te ramassent ...

Moi, je peux me passer de commencement et de fin.

Le caillou réfléchit (ce qui, pour un caillou, est une activité extrêmement douloureuse, car il doit faire un effort surhumain).

Par où commences-tu pour me parler ? Et par où finis-tu ?

Alain Cohérent ne répondit pas tout de suite.

Il n’était pas sûr.

Il essaya de se toucher, mais ses pattes (il avait quatre pattes, ou peut-être six, réparties de manière aléatoire sur son pourtour) ne rencontraient que du vide, sans jamais trouver le bord.

C’est à ce moment-là qu’une chaussette tomba du ciel.

Une chaussette en laine, à rayures, légèrement humide, qui atterrit pile au milieu de son corps bizarre.

Alain Cohérent, ne sachant pas s’il était dessus ou dessous, se sentit soudain et malgré en sécurité.

Merci, dit-il, regardant le ciel, sans savoir vraiment à qui il s'adressait.

Je ne savais pas que j’avais besoin d’être au milieu de quelque chose.

Le caillou, qui n’avait pas bougé, trouva ça parfaitement logique et devint rouge brique.

Alain Cohérent, avec sa nouvelle chaussette, continua à être, ni d’un côté ni de l’autre, sans queue ni tête, pour l’éternité, ou pour le temps d’un clin d’œil, histoire de faire un pied de nez aux oiseaux noirs qui planent sur la planète.

Puis un petit vent se leva, un de ceux qui n'a pas de figure mais qui, en ébrouant ses ailes, exhale des parfums de pommes tièdes et de cannelle, et tout cela s’envola comme une poussière de songe, une sorte de pluie d'étoiles filantes.

Des fées vêtues de robes multicolores agitèrent frénétiquement leur baguette dans les airs, et ce fut le silence qui mit enfin fin aux guerres sans cohérence.

(joailes -) 7 mars 2026 - 20h

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Si les guerres pouvaient avoir une fin...

Hélas ! Elles n'ont que des commencements.

(+_+)

Posté(e)

On aurait effectivement bien besoin de plus d'Alain Cohérent en ce monde, hélas !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Cet être incohérent est digne de Kafka! 💫 Son dialogue avec le caillou a un sens bien plus profond qu'on ne pourrait le croire. J'espère qu'il ne faudra pas compter sur les fées pour arrêter le massacre.

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