Posté(e) mercredi à 19:533 j Semeur d’échos comment_214222 L’hiver est un alligatorSous les cieux d’onyx froids où le gel se dépose,L'hiver impitoyable étouffe un bâillement,Son rire tout en dents cascade vivement,Et l'espoir, blessé d’ombre, abandonne la rose.Sous le ciel étouffé plane une nuit morose,Et le vent met à bas le pâle vêtementOù se drapait la fleur, ultime voilementTranspercé par l'oeil noir de la saison forclose.Les arbres sont témoins de son dernier appel,Dans l'angle du froid pur se réjouit Machiavel,Prince des temps glacés, puissance dominante.Ô saison sans gaîté, servante de la mort,Ton souffle endort les pleurs à l'âme frissonnanteEt déchire la vie en rire croque-mort. Envoyer une note adhésive
Posté(e) mercredi à 22:323 j comment_214239 Houlala ... un hymne à la froideur victorieuse, servi par une langue précise et coupante.La comparaison est forte et met bien en avant la froideur de l'animal alligator-hiver.Un travail de densité et d'atmosphère qui met bien en avant la différence entre le crocodile et l'alligator : c'est caïman la même chose ! Modifié mercredi à 22:453 j par Joailes Envoyer une note adhésive
Posté(e) mercredi à 22:373 j Semeur d’échos comment_214241 L’hiver est glacial à souhait dans ce beau sonnet, classique pour la forme, et ferait fuir un alligator des Everglades ! Envoyer une note adhésive
Posté(e) jeudi à 05:013 j Auteur Semeur d’échos comment_214244 Merci à vous pour vos commentaires avisés, Joailes et Jeep !Une animalisation peu commune de cette saison qui présente une face bien figée dans bon nombre de productions poétiques. C'est aussi un symbole très parlant, une image qui convient parfaitement à l'hiver : ne parle-t-on pas souvent d'un froid "coupant" ? Filer la métaphore réserve des surprises, parfois.Quand l'hiver met de l'ambiance, cela réchauffe l'atmosphère... Envoyer une note adhésive
Posté(e) jeudi à 10:042 j comment_214253 J'ai davantage pensé à l'alligator qu'à l'hiver en lisant ton sonnet ! J'ai même eu peur que l'hiver revienne sans prévenir au bord de la rivière qui coule au fond du jardin...( ͡°_ʖ <)Et toujours ton art du sonnet dont je ne me lasse pas d'observer la maîtrise, @Alba ! Envoyer une note adhésive
Posté(e) jeudi à 19:062 j Semeur d’échos comment_214268 Un portrait sombre de l'hiver aux traits vifs.... De belles trouvailles lexicales émaillent tes vers. Les images semblent emprunter à l'art baroque de par leurs contrastes saisissants. Une ambiance toute particulière, mordante comme l'alligator et le froid de l'hiver, Alba. Envoyer une note adhésive
Posté(e) jeudi à 19:532 j Auteur Semeur d’échos comment_214276 Merci Ameline et Sophie !La majesté des alexandrins se déploie comme un voile ténébreux et cruel, tout poisseux de mort, au long de ces vers empoisonnés.Un théâtre de la cruauté (cf. A. Artaud) ruisselant de délices putrescents chers à Baudelaire : tel est l'Hiver en son marigot.Il ne manque même pas la pauvre Rose éplorée...( ͡^ ͜ʖ ͡^ ) Envoyer une note adhésive
Posté(e) vendredi à 03:112 j Semeur d’échos comment_214279 Un sonnet impétueux envers ce pauvre hiver qui en sort plus froid encore… Envoyer une note adhésive
Posté(e) vendredi à 05:442 j comment_214282 Quelle cruauté envers ce pauvre hiver @Alba délicieusement écrite, presque par Machiavel lui-même 🙂.Un sonnet sombre et puissant, où l'hiver n'a rien de féérique : c'est un tueur à sang froid ici. La noirceur est totale, magnifiquement maîtrisée. Envoyer une note adhésive
Posté(e) vendredi à 06:502 j Auteur Semeur d’échos comment_214285 Merci pour vos commentaires et vos lectures de ce sonnet, Tarentaise et Vol Au Vent !La face tout en dents du terrible Hiver vous inspire pitié et compassion ! Heureuse saison !Mais je vois que la rose, cette victime sans défense (et qui a peut-être écrit ce sonnet, qui sait ?) vous regarde avec un air boudeur...( ͡~ ͜ʖ ͡° ) Envoyer une note adhésive
Posté(e) vendredi à 07:202 j comment_214286 il y a 26 minutes, Alba a écrit :Merci pour vos commentaires et vos lectures de ce sonnet, Tarentaise et Vol Au Vent !La face tout en dents du terrible Hiver vous inspire pitié et compassion ! Heureuse saison !Mais je vois que la rose, cette victime sans défense (et qui a peut-être écrit ce sonnet, qui sait ?) vous regarde avec un air boudeur...( ͡~ ͜ʖ ͡° )Mais chère @Alba , une rose noire baudelairienne ne boude pas son bourreau, elle l'embrasse§ C'est dans le froid que je m'épanouis le mieux. Ton hiver-alligator et moi sommes de vieilles, très vieilles connaissances ... 🖤😘 Envoyer une note adhésive
Posté(e) vendredi à 15:241 j comment_214298 Il ne manque plus que les larmes de crocodile dans ce beau sonnet qui personnifie l'hiver comme un carnivore et fait de la rose la métaphore de la proie... que nous sommes tous. Modifié vendredi à 15:261 j par Nils Exo Envoyer une note adhésive
Posté(e) vendredi à 15:531 j Auteur Semeur d’échos comment_214306 Merci beaucoup, Sylvie, pour ces précisions qui apportent sagesse et savoir ! Ce câlin avec l'hiver me rappelle une autre embrassade, plus néronienne, celle-là :"J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer",Racine, Britannicus( ͡~ ͜ʖ ͡° )Merci, Nils, pour ces mots très justes. Ah ! S'il pouvait pleurer, de rage ou de tristesse, qu'importe ! Mais l'hiver ne pleure jamais, il fait pleurer, hélas !⊙▽⊙ Envoyer une note adhésive
Posté(e) vendredi à 18:501 j Semeur d’échos comment_214312 La métaphore est inédite. On ne verse certes pas des larmes de crocodile en s'apitoyant sur le sort de la rose. Il fut un temps où l'on croyait que l'hiver pût être vainqueur et, finalement, c'est la raison d'être des festivités de fin d'année. Ton sonnet est impeccable et sa chute glace d'effroi! Envoyer une note adhésive
Posté(e) Hier à 07:431 j Auteur Semeur d’échos comment_214334 Merci à toi, Thy Jeanin de souligner que l'hiver apparaît ici sons des traits peu ordinaires !Ce qui est surprenant,, c'est que finalement, le lecteur trouve que cette panoplie de saurien va comme un gant à l'hiver. Je crois bien que cette saison est une histoire de dents (cf. le froid mordant). Ceci explique cela...L'hiver pourrait aussi être représenté comme un requin croisant en eaux froides. Brrrrrrrr... !( ͡^ ͜ʖ ͡^ ) Modifié hier à 07:441 j par Alba Envoyer une note adhésive
Posté(e) il y a 19 heures19 h comment_214349 Tristement beau. L’hiver est décrit avec autant de précision que de poésie. « Son rire tout en dents », « en rire croque-mort » : ces rires méphistophéliques donnent de réels frissons. La voix de l’hiver personnifié sous votre belle plume résonne lugubrement à nos oreilles. La saison froide, « servante de la mort », est habituée à décimer, à tuer, on le sait. Mais, sous votre plume, il semble qu’elle se réjouisse du trépas de ses victimes, elle est vraiment sadique, machiavélique par son plaisir de se hisser au-dessus des autres saisons beaucoup moins violentes que « l’hiver impitoyable ». Merci Alba du partage Envoyer une note adhésive
Posté(e) il y a 1 heure1 h Auteur Semeur d’échos comment_214408 Merci beaucoup pour ces mots si pertinents et si empathiques, Ouintenabdel !L'hiver est ici présenté comme un prédateur impitoyable qui ne se contente pas de détruire, il y prend plaisir.Bien des visions de la saison froide sont possibles, de la plus scientifique à la plus subjective. À chacun de faire son choix !͡° ͜ʖ ͡ – Envoyer une note adhésive