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Accents poétiques

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Fresque des meneurs de Marolles

Featured Replies

Posté(e)

A Vagabond

 

Qu’est-ce qu’un cheval

 Point d’interrogation traçant son encolure

Au-dessus de la porte  l’animal disait

Que se passe-t-il maintenant

 J’encense j’insiste

Tu m’as mis dans la boîte

Il faut que tu m’en sortes

 

Tire le cylindre du verrou

Tu sais comment ça marche

Tu n’es pas bête

Entre dans mon réduit

Cloisons de bois

 Paille de blé

Gâteau de fumier

 

Oublie les grottes mystérieuses

Leur sonore goutte- à -goutte

 J’y  naissais des parois

Sous des grains  de couleurs

 

Je suis un géant qui piétine

Vois-tu  je ne t’en veux pas

 Je t’accorde une place je déplace 

Cette partie de mon corps que tu nommes arrière-main

Quel culot

Il est vrai qu’avec toi créature manuelle

Entre ta bouche et tes mains

On ne sait jamais où donner de la tête

 

 Vais-je d’emblée

Fourrer le nez dans le cuir

Ou bien te ferai-je tourner

Lever les bras

Boucler le licol à la va comme j’te peux

Je trouve un entre-deux

Je dépose mon chef sur l’auge

Car  par là  tu  me tiens

 

Et le sabot claquait

Claquait claquait claquait

Et aussitôt cette bonté des choses

Le rituel du sortir

Cette royauté de l’habitude

Le monde sur ses jambes

Ce bel ébranlement  

Ce consentement de tout

Il fallait voir

Il fallait écouter

Cette  redite de l’accord

Ce pas qui sonnait comme un pacte

 

Attache-moi à la barrière

J’observerai se perpétuer  dans la carrière

L’art du califourchon

Moi le gros

Le tireur de voiture

Le  postier breton

 Je suis ferré en toutes les chevaleries

Allez

Etrille brosse et cure

A force d’écurie je suis plein de poussière

Si tu veux que je bouge

Pousse- moi de tout ton poids

 

Et cette bonne humeur autour des bêtes alignées

Ramaïka Taïga Orage

Sultan Vagabond Poupy

Six cavales de toutes tailles

Deux servants pour chacune

Il y avait des jeunes gens

Des adultes des enfants

On s’ appelait  on se moquait

Quel aiguillon nous titillait

Spontanément l’entraide était de mise

 

Je mâchouillerai le mors

 Tu mâchouilleras tes mots

 Va-t’en quérir  le chevalet

Cette  copie  de moi qui porte mon habit

Tu le trouveras dans la sellerie

C’est lui le dictionnaire

 

Sur le poitrail la bricole

Sur le garrot la sellette

Sur le derrière  croupière et reculement

Sous la queue le culeron

La bride sur la tête

Et n’oublie pas les guides

Qu’il faut passer dans les anneaux

 

Me costumer

C’est une  cérémonie

Et n’attache pas dimanche avec lundi

Sinon tu verseras

Et derrière mes œillères

Je ne répondrai ni pas

Ni plus de rien

 

Endossant une livrée de fierté

Nous amenions à sa voiture

Chaque bête harnachée

Un groom se tenait à la tête

Nous engagions les brancards

Nous y attachions le reculement

Nous fixions les traits

 

D’accord meneur n’en fais pas trop

Il est temps de monter

Allez cocher dis-le

Puisque tu mènes à la voix

Mais attention

Pas de juron de charretier

 Une parole calme et droite

N’agite pas les bras

Guette  de mes oreilles

Le délicat signal

 

Vagabond marcher

 

Et le sabot claquait

Claquait claquait claquait

Et derechef cette bonté des choses

Le rituel du sortir

Cette royauté de l’habitude

Le monde sur ses jambes

Cette lente mise en branle

Ce consentement de tout

Il fallait voir

Il fallait écouter

Cette  redite de l’accord

Ce pas qui sonnait comme un pacte

 

Nous équipages de tous âges

En  ribambelle de carrioles

Robes alezanes rouannes  ou isabelle

Sous les avions d’Orly largueurs de  décibels

Nous manifesterons en faveur du cheval

L’horloge nous l’affolerons

Et  le Bois Notre- Dame nous l’investirons

Par la Route Royale

 

Sultan Vagabond Ramaïka Taïga Orage Poupy  trotter

 

Quel pompon quelle danse des grelots

Il y avait des  appuis des propulsions

Des diagonaux la pulsation

Surprenante légèreté

De quelques mille kilos

 

Mais aussi  grand brimbalement de la voiture

Les roues fracassaient les graviers

Les promeneurs les joggeurs tout le monde se garaient

Et pour tout un chacun sur le bord du chemin

Ce n’étaient  que sourires

 Saluts  applaudissements  vivats

 Un sacré coup de joie en travers des figures

 

OOOOh  le pas

 

Sous  mon large chanfrein au rythme de la marche

Repartent les questions

Qui sont vraiment ces truculents primates

Ces pirates du temps à bord de leurs charrettes

Ils  trompent leur époque

Ils s’enivrent de mots

Parlent aux animaux

Seraient-ce des poètes

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Belle célébration du cheval, compagnon irremplaçable de l'homme !

Une complicité réelle apparaît dans ces vers hors du commun.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

On est dans un univers d'homme, pas seulement dans celui de certains chevaux. Les mots le démontrent, qui approchent au plus familier de cette superbe bête et des métiers où agit ce précieux (ou ex-précieux) collaborateur malgré lui. Le point de vue est essentiellement le sien, et ça me fait chaud au cœur. Un texte poétique inspiré et efficace, vivant et savoureux. 💫

Posté(e)

Une relation homme-cheval d'une grande justesse, mêlant tendresse, humour (les deux voix s'expriment, c'est d'une belle sensibilité) et quelle justesse dans les gestes techniques et de soins apportés au cheval! J'imagine bien ces équipages qui se suivent. Votre poème a une respiration presque musicale comme un rot régulier. Le plus : cette comparaison du cheval avec le point d'interrogation, tout simplement brillant, comme votre texte!! Merci pour ces vers! Je suis une passionnée des chevaux et vous leur rendez un bel hommage.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un lien si puissant unit l'homme et le cheval. Les pensées se tissent et s'entretissent dans vos vers. (belle approche)

Le point d'interrogation est une fabuleuse métaphore.

Et je songe à l'homme qui parlait à l'oreille des chevaux...après vous avoir lu, @Jean Meilhot

Posté(e)

Le poème célèbre cette connivence comme un acte de résistance joyeuse.

Attelés, formant un équipage bigarré, ils investissent le paysage moderne sous les avions d’Orly pour une manifestation poétique et pacifique en faveur du cheval .

Leurs charrettes deviennent des vaisseaux pirates, leurs gestes une langue oubliée.

La dernière question du cheval « Seraient-ce des poètes ? » retourne le miroir : ceux qui parlent aux animaux, qui trompent l’époque par la lenteur et le soin, ne seraient-ils pas les véritables poètes ?

Le poème lui-même en est la preuve, tissé de cette parole calme et droite qui fait sonner le pas comme un vers.

Ensuite, j'ai cherché d'où pouvait venir le titre, qui au premier abord, m'a fait penser au Maroilles, fromage réputé, mais quel rapport avec le cheval ?

Rien à voir, n'est-ce pas ?

Alors j'ai trouvé : il s'agit d'une peinture murale de grande taille, dans le quartier des Marolles à Bruxelles, qui représente les petits gens ou les figures emblématiques, les meneurs, qui incarnent l'esprit, l'histoire et l'âme populaire de ce quartier.

Je cherche encore le cheval ... ;)


Posté(e)
  • Semeur d’échos

Cette large fresque, brillante et animée, est un hommage vibrant aux hommes et au chevaux. On pense à Bartabas pour la communion entre l’homme et l’animal.

Posté(e)

Pour une fois, c'est le cheval qui mène et ce changement de point de vue est bien pensé, il permet d'interroger l'attitude des "truculents primates" que nous sommes...

Posté(e)

Heuu! J'ai fait une faute de frappe qui prête à sourire: je voulais écrire " comme un TROT régulier" . Pardon!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

2026 sera l’année du cheval dans le calendrier chinois…

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