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Accents poétiques

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Je n'avais pour les femmes qui prient

Featured Replies

Posté(e)

Je n'avais pour les femmes qui prient

ni les mots des enfants qui ne le peuvent plus

ni ceux des hommes qui allument l’incendie 

mais qu'auraient-elles besoin de fables !


J'écrivais pour reposer ma tête entre les mains

des chaumières de pierre, la vague du troupeau rentrant

le soir par les creux entre les ombres des barges

la table de bois scarifiée par les crasses du temps


J'écrivais pour vous, pour les mots, les oiseaux

qu'ils s'habillent de vous, ne quittent vos armoires

le lilas, la flouve coupée à l'été, les pétales de sang

comme de vos nappes claires ma gueule de bois


Un jour, longtemps, ce soir peut-être

je gravai sous l'écorce une dernière fois

tant de fois, du silence, la profonde racine

puisant les étoiles noyées sur la chimère des étangs 


J'avais sur les mains plus de terre qu'il n'en faut

plus de bois, plus de restes de pain que n'en peux partager

et sur le dos de ciels, de pluie et de chemins

les contrées traversées les êtres désirables


Pour dénicher sur la neige la note fugace

Je brisai les os cristallins d'un oiseau 

lorsque son cœur fondit en larme sur mes lèvres

et s’envola !


Était-ce vous, était-ce toi, moi

et ce toi ou l'émoi que je suis pas à pas

serrant contre moi l'urne brûlante des mots

qui me crient famine encore !


Tant foules et déserts avaient nourri

cœur et conscience loin des certitudes 

que leur désastre peu à peu fit saulaie sur la dune

nos bras voués à l'office de la solitude


Qu'avais-je compris de la source, vagabond du silence

où m'irriguait ta pudeur, dis

à la joie d'être nue

j'effrontais l'âme désirante


Qu'avais-je compris des violences

qui frappent tambour les corps amoureux, dis

s'il n'existait ailleurs d'autres rivières

pour le chant…


Que ne me suis-je perdu en chemin 

moi qui tant aimais, poète…




Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un très beau poème des confidences, retour sur le passé et réalités-visions d'un univers poétique infiniment émouvant !

Posté(e)

Des images flamboyantes pour décrire l'envie d'écrire mais aussi de se confier et de comprendre.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le besoin d’écriture poétique est largement assouvi dans ce poème éclairé de fulgurances, entre confession et désir amoureux.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un ton plus solennel que d'habitude, comme pour une introspection, une réflexion, un choix. Les mots ne sautillent plus, mais le discours se fait grave et profond. Belle et toujours édifiante écriture!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

J'ai beaucoup aimé votre poème, @O Salto

Pour dénicher sur la neige la note fugace

Je brisai les os cristallins d'un oiseau 

lorsque son cœur fondit en larme sur mes lèvres

et s’envola !

Une émotion intense m'a saisie...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

J'ai savouré ce poème comme le journal de bord naufragé d'un artiste.

C'est une méditation âpre et splendide sur l'impossibilité de capter la beauté sans la détruire, de posséder l'amour sans le violenter, et de se trouver soi-même sans se perdre à jamais.

C'est une œuvre exigeante, âpre et d'une sincérité désarmante.

Un grand merci pour ce partage.

Posté(e)

J'ai perdu prière et pourtant ses yeux ronds, les mots accrochent des étincelles, des flocons de neiges en plein été, les chemins n'existent pas, il me semble que les pensées ne meurent jamais, ce serait donc la peur du corps qui se décompose ? L'âme ira boire avec le cheval et la bécasse.

Posté(e)
Le 24/11/2025 à 18:34, O Salto a écrit :

Était-ce vous, était-ce toi, moi

et ce toi ou l'émoi que je suis pas à pas

serrant contre moi l'urne brûlante des mots

qui me crient famine encore !

Quel tourbillon d'images poétiques.

J'ai toujours l'impression vous lisant d'entendre le chant d'un chœur dans un temple au milieu du désert en pleine tempête de sable brûlant.

Posté(e)
  • Auteur

Vous êtes beaux, et toi plus belle encore ! et qu'emporte les mots comme ils s'envolent !... Merci, merci à tous !

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