Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

Les draps d'herbe noire

Featured Replies

Posté(e)

Pas une promesse mais un repli d’ombre, tiède et disponible,

que parfument des mensonges anciens.

Pas d’éclat sacré, seulement la lueur crue d’un désir en maraude.

 

Là, sous la lumière brisée, il t’accueille.

Ses lèvres posées juste avant le seuil

pour embrasser le silence d’usage.

 

Sa main effleure ta nuque

comme un prêtre trouverait son autel

dans cette même avidité tranquille.

Les peaux tremblent,

errance des novices qui s’abandonnent.

 

Pas de parole claire :

des souffles, des consignes murmurées,

l’eau sournoise du culte qui glisse dans les replis.

De fièvre, de promesses, de caresses exactes.

De rites sans mémoire.

 

Sens ce parfum,

union bancale de chair inquiète.

Il borde les rivages d’une terre d’offrande,

terre mouvante, terre sans serments.

Nuits froissées.

Étoffes glissant lentement

sur la pente tremblante de tes hanches.

Et ces soupirs,

dressés,

fragiles,

peupliers noirs plantés dans le soir qui vacille.

 

Il pleut sur ton ventre.

Non pas une pluie d’aube,

mais cette bruine trouble qui brouille les certitudes.

Tu t’ouvres, glissante et offerte comme une morte vivante

dans un théâtre sans public.

 

Le faux prophète, connaît la route.

Celle qui mène aux chambres désordonnées du corps.

Combien de peurs vides, de clartés vermoulues ?

Combien de volets ont claqué dans ta gorge ?

 

Il cherche tes seins sous la mousseline qui se débat.

Sa bouche cueille la pointe rose entre deux fleurs fanées.

Et toi, tu gémis,

gémissements de fer froid dans un évier de pierre

où personne n’a bu depuis longtemps.

 

Ses doigts serpentent.

Ils vibrent,

ils fouillent dans les replis du doute.

Eux aussi connaissent les chemins

cent fois pris,

puis tracés,

puis effacés,

puis repris encore.

 

Aux portes d’une écluse encore tiède,

dans la buée d’un soir qui n’ose pas se refermer,

ils lutinent les certitudes, pistant l’aveu de l'âme pale.

 

Devant ton vertige il s’arrête.

Il goûte ton trouble avec le calme d’un bourreau poli.

Pas de transcendance, juste une mécanique bien huilée

pour croire encore à l’orage sous une peau docile.

 

Vos corps sont des terriers de hasard.

Le tien se tend, se cambre, se brise presque.

Ton cri monte.

Il l’étouffe.

Le tient en laisse.

L’empêche de naître.

Un seul baiser efface l’horizon et sa clarté de nacre.

 

Devant toi, le jour.

Mais il reste derrière, tapi dans les draps roussis,

reprenant souffle et empire,

reprenant ton cœur de terre en friche.

 

Dans le lit froissé, tes cuisses encore humides d’illusions.

Lui est déjà ailleurs, lavant ses mains dans l’ombre,

prêt à bénir la prochaine qui cherchera

Dieu dans les doigts d’un homme.

 

Il te fallait croire.

Lui ne croyait qu’à ta croyance.

 

Et la nuit, complice,

referme sur vous

ses draps d’herbe noire.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une vision très personnelle de la relation intime, les images sont fortes et les mots, suggestifs !

Posté(e)

Quelle ambiguïté entre sensualité et violence! L'intimité se mêle à la sacralité et nous offre ce poème sombre et troublant, gothique!! Je suis fascinée par vos mots Eathanor!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

La langue est sensuelle, précise, presque chirurgicale, explorant les corps comme des territoires de conquête et de déroute.

On y sent la fragilité de l'un face au cynisme de l'autre, le tout baigné d'une lumière crue, sans transcendance, où ne subsiste que le goût amer de l'éphémère et des illusions dissipées.

Un texte puissant, sombre et magnifiquement maîtrisé et le titre est très eathanorien.


Posté(e)
  • Semeur d’échos

Ce faux prophète a des manières de violeur récidiviste, voire de nécrophile méticuleux. Mais une autre hypothèse est celle d'une âme prête à reprendre espérance. Foi en l'amour. Le fossoyeur semble occupé à la bâillonner, sorte de Dom Juan infernal..

Et toi, tu gémis,

gémissements de fer froid dans un évier de pierre

où personne n’a bu depuis longtemps.

Terrible torture , mais de la part de qui tient la plume, du grand art!

Posté(e)
Il y a 4 heures, Eathanor a écrit :

Pas une promesse mais un repli d’ombre, tiède et disponible,

que parfument des mensonges anciens.

Pas d’éclat sacré, seulement la lueur crue d’un désir en maraude.

 

Là, sous la lumière brisée, il t’accueille.

Ses lèvres posées juste avant le seuil

pour embrasser le silence d’usage.

 

Sa main effleure ta nuque

comme un prêtre trouverait son autel

dans cette même avidité tranquille.

Les peaux tremblent,

errance des novices qui s’abandonnent.

 

Pas de parole claire :

des souffles, des consignes murmurées,

l’eau sournoise du culte qui glisse dans les replis.

De fièvre, de promesses, de caresses exactes.

De rites sans mémoire.

 

Sens ce parfum,

union bancale de chair inquiète.

Il borde les rivages d’une terre d’offrande,

terre mouvante, terre sans serments.

Nuits froissées.

Étoffes glissant lentement

sur la pente tremblante de tes hanches.

Et ces soupirs,

dressés,

fragiles,

peupliers noirs plantés dans le soir qui vacille.

 

Il pleut sur ton ventre.

Non pas une pluie d’aube,

mais cette bruine trouble qui brouille les certitudes.

Tu t’ouvres, glissante et offerte comme une morte vivante

dans un théâtre sans public.

 

Le faux prophète, connaît la route.

Celle qui mène aux chambres désordonnées du corps.

Combien de peurs vides, de clartés vermoulues ?

Combien de volets ont claqué dans ta gorge ?

 

Il cherche tes seins sous la mousseline qui se débat.

Sa bouche cueille la pointe rose entre deux fleurs fanées.

Et toi, tu gémis,

gémissements de fer froid dans un évier de pierre

où personne n’a bu depuis longtemps.

 

Ses doigts serpentent.

Ils vibrent,

ils fouillent dans les replis du doute.

Eux aussi connaissent les chemins

cent fois pris,

puis tracés,

puis effacés,

puis repris encore.

 

Aux portes d’une écluse encore tiède,

dans la buée d’un soir qui n’ose pas se refermer,

ils lutinent les certitudes, pistant l’aveu de l'âme pale.

 

Devant ton vertige il s’arrête.

Il goûte ton trouble avec le calme d’un bourreau poli.

Pas de transcendance, juste une mécanique bien huilée

pour croire encore à l’orage sous une peau docile.

 

Vos corps sont des terriers de hasard.

Le tien se tend, se cambre, se brise presque.

Ton cri monte.

Il l’étouffe.

Le tient en laisse.

L’empêche de naître.

Un seul baiser efface l’horizon et sa clarté de nacre.

 

Devant toi, le jour.

Mais il reste derrière, tapi dans les draps roussis,

reprenant souffle et empire,

reprenant ton cœur de terre en friche.

 

Dans le lit froissé, tes cuisses encore humides d’illusions.

Lui est déjà ailleurs, lavant ses mains dans l’ombre,

prêt à bénir la prochaine qui cherchera

Dieu dans les doigts d’un homme.

 

Il te fallait croire.

Lui ne croyait qu’à ta croyance.

 

Et la nuit, complice,

referme sur vous

ses draps d’herbe noire.

Cet instant de la rencontre des corps, d’êtres qui s’abandonnent a ce côté d’union sacrée que vous exprimez ici pourtant avec « éclat » : «  pas d’éclat sacré, seulement la lueur crue d’un désir en maraude » même si les ombres sont tapies dans les replis en prédatrices , le décor est sombre et cela annonce avec précision la fin où tel Pilate il s’en lave les mains 💫

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Toute l’abjection du viol subi par une victime tremblante sous l’emprise d’un prédateur se lit dans ces vers de haute tenue qui ont valeur de dénonciation d’un ordre moral totalement hypocrite.

Modifié par Jeep

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Les commentaires sont si différents et en même temps, il y a des convergences. Sensualité et puissance des mots.

Tant de fils s'entretissent... désir, sacralité, violence, désillusion...

Il te fallait croire.

Lui ne croyait qu’à ta croyance.

Une écriture qui creuse les mots @Eathanor

 

Posté(e)

Il s'agit en effet d'un poème dans lequel l'interprétation varie : pour ma part, j'avais d'abord pensé à la description sordide d'une relation de prostitution puis j'ai pensé à un viol conjugal pour conclure au crime d'un violeur récidiviste. Difficile de faire la part des choses mais l'on ne ressort pas indemne d'une telle lecture.

Posté(e)

J'ai pensé à l'union du diable en personne avec une malheureuse fille plutôt naïve? Un poème troublant avec comme toujours chez son auteur de superbes images. Le titre est très bon. En tout cas, un texte à lire et à relire car il interpelle vivement le lecteur par son aspect glauque et gothique, voire même terrifiant car ici l'amour est mort!

Posté(e)
Le 21/11/2025 à 16:45, Eathanor a écrit :

Ses lèvres posées juste avant le seuil

pour embrasser le silence d’usage.

Beaucoup de lucidité dans ce beau poème.

Et de désenchantement peut-être dans une union qui semble être une union de hasard.

Et un jeu de dupes.

Ça me rappelle Valéry :

"Alors les yeux fermés à l’éternel éther
Ne voient plus que le sang qui dore leurs paupières ;
Sa pourpre redoutable obscurcit les lumières
D’un couple aux pieds confus qui se mêle, et se ment.
Ils gémissent… La Terre appelle doucement
Ces grands corps chancelants, qui luttent bouche à bouche,
Et qui, du vierge sable osant battre la couche,
Composeront d’amour un monstre qui se meurt…"

Posté(e)
  • Semeur d’échos

La citation précédente de PauL Valéry éclaire ce poème écrit dans une style où vous excellez @Eathanor .

Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.