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Plume errante

Featured Replies

Posté(e)

Plume errante


Le plus tendre en ce monde domine le plus dur

Seul le rien s'insère dans ce qui n'a pas de faille

À quoi je reconnais l'efficace du non-agir

Lao-Tseu


Hôtel Voyageurs

Les habitués passent par la chatière…


Feu l'automne pendu

Une balle dans la tête

Et détourés les mots anciens

Paupières de toiles peintes

La boîte à bijoux des soleils

Des mots d'avant la parole

Quand ils ne bâtaient plus

Dans les chasses des dieux

Mots comburant à l'envie

Des chaos d'innocence

Conçus dans la cambrure des bermes

Et les rires des blés

Mots qu'efflorent, poètes d'ombre

De leur couteau, copeaux d'ailes blessées

Mots si fragiles qu'ils sont beaux

Quand ils amourent


Au loin il dessinait les monts

Où geint la ramure des âmes fendues

Le ciel calfatait de rose la barque de son dos

Penchée sur le novembre

La roue tournait encore dans le Tao


Quand au jour pâlissant

Sent des dernières fièvres l'abandon

Et n'en peut retenir page à page

Les ors ni le miel ni les larmes heureuses

S’allant dans le couchant gorgé

Des vents et des orages

Peau à peau nuages tirant le Nord

Il s'offrirait à l'âpre hiver !


Les volets du bar ne grincent plus

On dirait que la rouille a scellé l'inventaire

Les saisons ont laissé l'aventure

En miettes et les piafs au second !

La pluie a payé la tournée et les frais du notaire…


Serait-il temps revenir barbare

Laisser la mer monter comme l'entend

La mer entre les hanches

Entre vagues et naufrages

Remonter à cru les forêts bleues

Où les chiens et les loups

Longeaient les mêmes famines

Où la vie sève ruisselante

Bondait au garrot des chevaux

L'odeur poivrée d'insoumission

A la lampe brûlée des reins

Assouplir le cuir les peaux laver

Adorner les captives pour épouses

À ciel ouvert

Le soir venu poser sa joue

Sur la robe de nuit

Attendre la chute des astres

Froissés sur la natte en gourbi

Luire une nuit sans oiseaux

Sans poètes sans rien

Que la vieille sueur

Que le souffle apaisé d'une déflagration

La brèche toute nue du désir

Et son vol en fusion

Poursuivant l'orée des univers

Là, au bout de ses doigts

Au bout de ses pas, là

Comme pierre angulaire sur sa faim

L'horizon poudré de semences

Son bel amour !

Serait-il temps alors 

Fatigué de la marche des mots ?

Vous connaissiez un autre monde !…


Il pleut devant le vide immeuble traîne

Les yeux pliés

Le balai sur le pare brise les papiers

Volés

La voiture cabossée des gendarmes

Au fenestrou du grenier l'effraie

Gonfle son cri

À l'écho du poème


Comme il est difficile de rendre l'âme

Humaine à nos yeux à nos bouches

À nos mains

À nos vieilles parures

Portant l'huile dorée des onctions

Café ?

Le goût de la langue

Le goût de l'existence

Sur les pentes vertigineuses de l'écriture


À la tombée là-bas sur les étangs

Sur les cendres de l'Influenza

Les grues étendent une danse rouge mirifique

Une impuissante ivresse embrase tout l'espace…


Reprendre la route par le jour

En haut de la falaise énième cigarette

Allons

Sur quels ailleurs des vents mener paître

La tendresse des fous

Papillon de poussière à la fenêtre de l'hiver !


La brume tenace ses châteaux

Voler ! jusqu'en Guadalquivir… Oh, pobre !

Dieu, que les ciels à novembre sont beaux 

Et guetter son passage par dessus le toit…


Modifié par O Salto

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un cheminement d'âme dont l'envol des mots éclaire un nouveau chemin, tissé d'incandescence !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une véritable alchimie de l'image et du langage permet ce tourbillon de mots à la rencontre du monde.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

J’admire la liberté des mots « qui sont si fragiles quand ils amourent » et le ton élégiaque du poème qui se situe « sur les pentes vertigineuses de l’écriture ».

Une plume errante qui, pour une fois, a toute sa place dans l’Ombre de vos vers !

Posté(e)
Il y a 16 heures, O Salto a écrit :

Plume errante


Le plus tendre en ce monde domine le plus dur

Seul le rien s'insère dans ce qui n'a pas de faille

À quoi je reconnais l'efficace du non-agir

Lao-Tseu


Hôtel Voyageurs

Les habitués passent par la chatière…


Feu l'automne pendu

Une balle dans la tête

Et détourés les mots anciens

Paupières de toiles peintes

La boîte à bijoux des soleils

Des mots d'avant la parole

Quand ils ne bâtaient plus

Dans les chasses des dieux

Mots comburant à l'envie

Des chaos d'innocence

Conçus dans la cambrure des bermes

Et les rires des blés

Mots qu'efflorent, poètes d'ombre

De leur couteau, copeaux d'ailes blessées

Mots si fragiles qu'ils sont beaux

Quand ils amourent


Au loin il dessinait les monts

Où geint la ramure des âmes fendues

Le ciel calfatait de rose la barque de son dos

Penchée sur le novembre

La roue tournait encore dans le Tao


Quand au jour pâlissant

Sent des dernières fièvres l'abandon

Et n'en peut retenir page à page

Les ors ni le miel ni les larmes heureuses

S’allant dans le couchant gorgé

Des vents et des orages

Peau à peau nuages tirant le Nord

Il s'offrirait à l'âpre hiver !


Les volets du bar ne grincent plus

On dirait que la rouille a scellé l'inventaire

Les saisons ont laissé l'aventure

En miettes et les piafs au second !

La pluie a payé la tournée et les frais du notaire…


Serait-il temps revenir barbare

Laisser la mer monter comme l'entend

La mer entre les hanches

Entre vagues et naufrages

Remonter à cru les forêts bleues

Où les chiens et les loups

Longeaient les mêmes famines

Où la vie sève ruisselante

Bondait au garrot des chevaux

L'odeur poivrée d'insoumission

A la lampe brûlée des reins

Assouplir le cuir les peaux laver

Adorner les captives pour épouses

À ciel ouvert

Le soir venu poser sa joue

Sur la robe de nuit

Attendre la chute des astres

Froissés sur la natte en gourbi

Luire une nuit sans oiseaux

Sans poètes sans rien

Que la vieille sueur

Que le souffle apaisé d'une déflagration

La brèche toute nue du désir

Et son vol en fusion

Poursuivant l'orée des univers

Là, au bout de ses doigts

Au bout de ses pas, là

Comme pierre angulaire sur sa faim

L'horizon poudré de semences

Son bel amour !

Serait-il temps alors 

Fatigué de la marche des mots ?

Vous connaissiez un autre monde !…


Il pleut devant le vide immeuble traîne

Les yeux pliés

Le balai sur le pare brise les papiers

Volés

La voiture cabossée des gendarmes

Au fenestrou du grenier l'effraie

Gonfle son cri

À l'écho du poème


Comme il est difficile de rendre l'âme

Humaine à nos yeux à nos bouches

À nos mains

À nos vieilles parures

Portant l'huile dorée des onctions

Café ?

Le goût de la langue

Le goût de l'existence

Sur les pentes vertigineuses de l'écriture


À la tombée là-bas sur les étangs

Sur les cendres de l'Influenza

Les grues étendent une danse rouge mirifique

Une impuissante ivresse embrase tout l'espace…


Reprendre la route par le jour

En haut de la falaise énième cigarette

Allons

Sur quels ailleurs des vents mener paître

La tendresse des fous

Papillon de poussière à la fenêtre de l'hiver !


La brume tenace ses châteaux

Voler ! jusqu'en Guadalquivir… Oh, pobre !

Dieu, que les ciels à novembre sont beaux 

Et guetter son passage par dessus le toit…


« Sur quels ailleurs des vents mener paître

La tendresse des fous… » un questionnement, un regard qui tisse ce poème de fragments bruts sauvages puissants humains ! Un « hôtel voyageurs » où nous faisons que passer… quelle force O Salto se dégage ici, l’inspiration du Tao s’est infusée en vous et vous l’avez laissée s’exprimer !Et tout ces mots que je ne connais pas et que je pressens être à leur juste endroit…

Votre âme est vive et ivre d’amour pour tout ce qui compose ce monde et au-delà 🙌💫

Posté(e)

Vous avez écrit un texte foisonnant, traversé de visions puissantes, et où la fragilité des mots côtoie la violence du monde. J'ai aimé l'épigraphe de Lao-Tseu, je ne connaissais pas, c'est très beau! Merci!

Posté(e)

Sublime voyage de l’âme fatiguée mais toujours ardente d’un être qui n’abandonne jamais la poésie, même quand tout s’effondre autour.

Posté(e)

"– Café ?"

Volontiers, je vous remercie, et avec d'autres poèmes de votre cru si c'est possible.

Posté(e)
Le 20/11/2025 à 16:12, O Salto a écrit :

La boîte à bijoux des soleils

Le 20/11/2025 à 16:12, O Salto a écrit :

Le soir venu poser sa joue

Sur la robe de nuit

Attendre la chute des astres

Le 20/11/2025 à 16:12, O Salto a écrit :

La brèche toute nue du désir

Et son vol en fusion

Poursuivant l'orée des univers

Le 20/11/2025 à 16:12, O Salto a écrit :

Le goût de la langue

Le goût de l'existence

Sur les pentes vertigineuses de l'écriture

De superbes images.

Et j'aime bien l'influence du Tao.

Posté(e)
  • Auteur

Les mots n'auront jamais la puissance du silence ! Une pensée pour chacun de vous...

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