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Featured Replies

Posté(e)

j'ai vu les mains creusées
j'ai vu les mains emplies de sang
je doute sur cette humanité
qui tue sa progéniture
j'ai fermé les yeux
les enfants morts
n'avaient pas disparu
je titubais de cette perte
ils dansaient sans danser
devant mes yeux fermés
même quand les larmes
ont humidifié la vision
je suis allé me baigner
pour essayer de me laver
de cette horreur
mettre du sel sur les blessures
sur mon âme qui saigne
pour essayer pour essayer
à la nuit a coulé l'eau
de mes yeux
j'ai vu les mains pleines de sangs
qui n'étaient leurs

20250910

Modifié par Errances

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème intense emplies de visions tragiques et cruelles. Le spectacle est déchirant, la douleur palpable.

Voilà un poème d'une immense humanité et d'une grande sensibilité.

Posté(e)
Il y a 13 heures, Errances a écrit :

je doute sur cette humanité
qui tue sa progéniture
j'ai fermé les yeux
les enfants morts
n'avaient pas disparu

Un poème douloureux, tout empreint d'empathie et de compassion.

Une écriture forte qui sait nommer l'horreur indicible tout en évitant le pathos.

Posté(e)

Le doute est salutaire car il est une expression de l'intelligence foisonnante qui nous pousse à avoir un regard neuf sur les choses mais il suscite aussi le désenchantement et pire encore, la peur.

Il peut conduire à la discorde, au renoncement, à l'isolement, à l'incapacité d'agir, à la manipulation et nous rendre vulnérables.

Au delà de cette sensibilité tienne sans filtres et entière, j'aime ta tournure d'esprit loin des poncifs du " prêt à penser" .

Le doute demande au final du courage et nous force à être sincère et cohérent avec nous-mêmes.

Merci @Errances pour ce texte sous-tendu de questionnements essentiels 🩵

Posté(e)
  • Auteur

Je ne sais que répondre @Alba @Danivan @Lina

Les commentaires, les votres, ceux à venir, sont à chaque fois inattendus, surprenants, d'une richesse qui me fait me relire.

Je ne sais comment pourquoi j'arrive, par mes écrits à vous toucher. Je n'ai pas fait d'études littéraires. Cependant, je sais l'écriture attachée à mes tripes, viscérale. Viscérale dans la beauté comme dans le côté sombre de l'humanité.

Douter, c'est se remettre en cause. Ne pas rester assis sur sa compréhension ou bien son incompréhension du monde actuel. Comme je me remets en cause à chaque fois que j'écris (bien que je me fasse de plus en plus confiance dans ce domaine - cependant rien ne me semble acquis).

Et il y a cette actualité qui ne cesse d'être sang et morts depuis le 7 octobre et/ou depuis le 28 février (2014) et je ne parle que du continent européen.

Je doute que la paix soit la volonté des grands de ce monde. Je crains que le dit de Malraux "le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas" soit en train de basculer dans la partie négative de la citation. Un quart de siècle déjà que nous vivons dans le XXIe et l'esprit des armes se fait toujours plus entendre que la spiritualité de notre descendance humaine. L'esprit des Lumières n'est pas ce qui brille le plus sur l'hominidé actuellement. J'espère me tromper. Ou que notre avenir proche démentira mon ressenti.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Si on la prend dans sa globalité, en effet: de quoi frémir! Et c'est ce qu'on fait en lisant ces lignes horrifiées.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Cette eau qui coule des yeux à la nuit et ce sel pour panser les blessures, des métaphores profondément émouvantes, @Errances

Une douleur si intense... que leurs mains tachées de sang deviennent vôtres. (si j'ai bien compris)

On peut douter de l'humanité... tout en espérant...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Expression de l’horreur ressentie, de l’impuissance et de la  douleur que suscite la violence faite aux enfants, le poème revient sur l’image obsédante du sang, plaie ouverte dont la vision hante l’âme du poète :

Le 10/09/2025 à 22:18, Errances a écrit :

de mes yeux
j'ai vu les mains pleines de sangs
qui n'étaient leurs

Posté(e)

Ce poème est un cri. C'est un texte qui refuse la consolation, la beauté formelle ou l'espoir. Sa force réside dans sa simplicité crue, son recours à une grammaire brisée (sangs, n'étaient leurs) pour mimer l'effondrement de la raison face à l'horreur. C'est la poésie comme ultime recours pour dire l'indicible et tenter, en vain peut-être, d'exorciser l'inacceptable.

C'est un poème nécessaire. Ces mains pleines de sang ne sont pas seulement celles des bourreaux directs. Elles sont les nôtres, collectivement, par notre indifférence, notre incapacité à agir, notre silence complice.

Très puissant, on n'en sort pas indemne ...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Osons pourtant encore espérer et surtout agir à notre modeste niveau… et votre écriture y contribue.

Posté(e)
  • Administrateur

Votre poème est d'une force bouleversante. Il ne cherche pas à enjoliver la douleur ni à la dissimuler mais à la dire telle qu’elle est : insupportable. L’image des “enfants morts qui dansaient sans danser” est d’une tristesse glaciale qui reste dans la mémoire à l'issue de la lecture.

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