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La ville tue

Featured Replies

Posté(e)

Je sais

A travers les façades ternes

Aux volets mi-clos

Entre les briques rouges se fissure

Le ciment des âmes

Qu’au loin baignent les rues

De lacets distordus

Vers les segments osseux

Et les tours ancrées défiant l’horizontal

Aux jambes lisses s’élèvent

Pleines de promesses

Vers un ciel désaxé

Et les globes occultés se reflètent en miroir

Sur les vitres bleuies

De cités démentielles

Dans l’effervescence des jours glauques

Où s’étalent les écueils

Le long d’artères à l’agonie

Sales

Et les étals démesurés

Au rythme de la fourmilière

Immuable

 

Je sais

Les scories

Le long des rues tentaculaires

Et les murs blêmes

Frappés d’ombres creuses

Qui s’étirent

Aveuglées de soleil

Le bruit des pas qui heurtent les trottoirs

Comme autant de silence

Versé au rang d’écume

Dans l’étouffement des sens

Et les yeux inaudibles

Le spectre du bitume sur les lèvres nouées

Les visages défaits au contour d’incertain

Pressés de va et vient

L’épanchement du vide

Dans l’arène éphémère

Et les gares atrophiées

Dans la noirceur de longs tunnels

Pétris de bouches asphyxiées

Vomissant la marée

M’effraie

 

Je sais

L’ogre

La pieuvre sourde qui palpite

La solitude des murailles

Au fond d’usines disgracieuses

La plaie qui sourde des entrailles

Et l’eau qui berce les néons

D’enseignes à tout jamais noyées

Le vent diurne au fond des caniveaux

Balayant les feuillages échus

Le temps d’une bourrasque

Et les pas qui s’enfuient

Au détour d’un immeuble

La pensée qui s’efface

Au gré du macadam

Le souffle qui s’éteint

Aux dernières lueurs

Les blessures de l’absence

Au milieu de nulle part

Chaque jour

La ville tue

Posté(e)

Une tableau de la ville bien en accord avec le titre " la ville tue ",car la ville avec son aspect géométrique, sa froideur n'invite pas à la convivialité et la solitude y est pesante.

Posté(e)
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Posté(e)
  • Semeur d’échos
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Posté(e)
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Posté(e)
Le 05/01/2019 à 13:56, Stephane94 a dit :

Les visages défaits au contour d’incertain

Pressés de va et vient

Il me vient en tête : et tous ces regards qui ne se regardent plus.

C'est une très belle et profonde description de la froideur d'une ville. Bravo 

Posté(e)
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