Posté(e) 18 juillet 2024 transportées dans leur voyage avec grand élan, les petites graines de l’amour s’envolent au vent ; elles parsèment la voûte céleste d’un semis d’étoiles. habituellement affairé, le jardinier vient sous la toile. assis, et perplexe, il immobilise ses mains et observe, pensif, la métamorphose des grains. comment, désormais, cueillir tout simplement les fleurs de l’amour jusqu’au firmament ? celles-ci finissent par rendre le jardinier fou car elles poussent librement n’importe où. jusqu’alors, persuadé qu’il avait dans sa terre fertile, le lieu où la vie s’enracine pour devenir possible, ce point où la vie donne toutes ses métamorphoses. il contemple cette belle liberté végétale, qui propose une promenade fantaisiste, dans les lointains charmeurs, et qui convie, soudain, à visiter ses paysages intérieurs. la philosophe vient errer entre les allées de ronces pour chercher à identifier par delà les apparences les liens que tisse le couple, avec complicité ; l’énergie qui unit ou désagrège dans l’obscurité ; la relation amoureuse si mystérieuse ; la créativité amoureuse si capricieuse. elle se demande ce qu’est l’amour finalement. que faire du désir du désir, si l’on ne se ment ? afin de cultiver ses secrets, la philosophe plante, les pieds dans la terre, des roses et de la menthe. a l’heure où la lumière devenue bleuté vacille, elle escompte récolter des parfums qui s’émoustillent, et, des formes aux lèvres veloutées de couleurs éclatantes. jardin - oasis, où fleurissent délices et expressions épatantes, il est paré pour ravir tous les sens sollicités des corps. lieu d’assouvissement aux tentations érotiques, elle s’y endort. dans le jardin des pensées, marchent parmi les couleurs la philosophe - fleuriste et le jardinier - penseur. ils recherchent le point de convergence à leurs émotions, pour explorer leurs territoires, labourés de cruelles questions, laissées encore béantes par l’absence de réponses éprouvées. dans cet incessant mouvement, ballottés, ils cherchent à se parler. murs du jardin fissurés par la rupture, comme gravée sur une page ; les pas du retour sont guidés par les filaments des saxifrages. jeux d’eau fécondante, jeux d’étreintes, jeux éternels, les jets de sperme arrosent la terre, matrice universelle de la peau humidifiée, chaude et veloutée de l’utérus. que seront les fruits de leurs amours déposés sur l’humus ? la volupté se ressource dans l’infini festin. loin des rumeurs des oiseaux du jardin, du bruissement du ruisseau, et des feuilles agitées, se joue l’illusion du réel réinterprétée, en secret.
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