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Le Rêvin transais (3/3)


Thy Jeanin

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Eglise de Pâques-au-Mont  Bâtie sur les restes d’un des premiers lieux de culte de la région, elle dissimule en sa crypte les vestiges d’un hypogée paléochrétien dont on persiste à chercher le plan matriciel d’origine. Trois femmes passionnées d’archéologie auraient disparu là par une nuit de triple syzygie. La légende veut qu’à la lueur d’une torche, elles auraient perçu trois cris sourds sous un porche, râles, de leur aveu, d’un bon apôtre qui, sous leurs propres yeux à la vie revenu, leur aurait prédit comme proche le retour à l’Eden ; mais, lui riant au nez, chacune aurait murmuré : « Reste ! » Plus prosaïquement, ces femmes ont peut-être découvert le trésor caché de petites gens qu’elles ont épuisé par la suite, d’aucuns disent : épousés, pour se faire pardonner. C’est que chaque mot est un compte. Les enfants des environs, d’ailleurs, manifestent d’étonnantes dispositions à la curiosité et se livrent avec enthousiasme à des jeux de fouilles financées bien involontairement par les poches des voyageurs dans la lune.

 

 

   Descendre par la côte 99, qui plonge cinq fois à fleur d’horizon le douzième mois. Puis suivre la sapinière.

 

 

Chauvin-en-Fluxion (2 hab.)  Entourés des vingt châteaux dressés en quelques semaines par un baron sourcilleux. Deux hères vivent ici à l’intérieur de tonneaux qu’on visite de bon matin, selon leur humeur. On remarquera la richesse improbable du mobilier, unique exemplaire d’un ensemble de bois et de ferronnerie rares, très futuriste car conçu pour un usage perpétuel par un philanthrope minimaliste lapon de retour d’Afrique. On signale son intention de visiter en aboyant deux fois.

 

 

   Revenir par La Fontaine-le-Lavoir en contournant, dos au soleil, les plantes vénéneuses qui foisonnent sur la chaussée d’antan. Puis fermer les yeux en acceptant son sort. On arrive alors aux Gisants.

 

 

Les Gisants-Mort-Nés (- ¥ hab.)  Sis sans ordre depuis l’orée des temps, ce lieu, qui semble perdu en une fosse, ouvert à tout venant, est un passage obligé dont il est coutume de dire que tous les chemins, tôt ou tard, y mènent. Il n’y a pourtant rien de remarquable à cet endroit désolé, sinon qu’on y trouve le calme le plus absolu, comme éternel. Ses jardins ombragés font oublier les fatigues itinérantes. On s’y couche parmi les violettes, les pensées et des fleurs dorées qui incitent à un repos dont il faut se garder de préjuger de la qualité réparatrice autrement qu’en expert charbonnier. Il ôte en effet toute énergie à qui s’y livre au point de lui faire perdre la notion du temps et tout souvenir de la route accomplie. D’où son surnom de lieu sans retour, -méritant en cela de conclure, peut-être définitivement, ce voyage.

 

 

 

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