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Vénus de Minuit


Vespertile

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De ces soirs sybillins, où la nuit se veut reine,

Le soleil se dissipe au gré du courant d’air,

Et les feuillages, noirs comme brûle la chair,

Succombent lentement sous la lune sereine.

 

Le corbeau s’assoupit, ne montrant que son dos,

Les buissons chuchotant perdent toute parole,

Tandis qu’au ciel obscur une sainte auréole

Étend sur l’horizon sa couche de repos.

 

Le tableau dégagé qu’ôte le crépuscule

Se méprend à l’abîme et se noircit encor,

Laissant se pavaner les ombres de la mort

Tout au long des rameaux d’un chêne à pédoncule.

 

Séléné, de son char, fait s’aplatir les eaux,

Lesquelles ne sont plus qu’une surface lisse,

Et s’incliner les fleurs dont le pétale plisse,

Ferme, quoiqu’un peu moins, d’ici les jours nouveaux.

 

Le parfum de la terre est gardé pour l’aurore,

Quand de l’humidité jaillira le bon goût

Du matin, jumelé avec l’odeur du houx ;

Pour le moment, point d’or, de chant, de pétrichore.

 

Cependant, à bien voir, penché sur ton poitrail,

La nuit n’a pas vaincu l’éclat de la journée,

Le boucan de la brise et de la faune bée,

Ainsi que du zénith le glorieux vitrail ;

 

Tes cheveux, d’un blond d’or, ont saisi la lumière

Pénétrante et sauvage au coin du ciel azur,

Et ton cœur a volé, pour son battement pur,

Le tintamarre doux de l’agreste prière !

 

Les pigments de ta peau sont plus doux que le bois

Et ses troncs glaciaux dont la fibre est trop rude.

Au contraire, ton sein est tonique et peu prude ;

Je le sens sur ma main réchauffer tous mes doigts.

 

Ton baiser a bon goût, il délasse mes fibres,

Et répand dans ma bouche un fort parfum de fleur.

Mon nez s’en remplissant, je lâcherai un pleur

Sur ton corps languissant, ô Vénus des félibres !

 

Enivré de chaleur comme au creux d’un brandon

Que laisserait fumer une cheminée rouge,

Je sens mon cœur vibrer par ta gorge qui bouge

Et de ta volupté s’étendre le faucon !

 

La cloche de minuit sonne à travers tes côtes

Un long cri soulagé que tu ne peux tenir,

Et le soleil, caché, brille par ton désir

D’une flamme intenable et débarrassée d’hôtes.

 

J’extrairai, dès ce soir, de ton corps nu qui luit

Au travers des feuillées comme un brin d’étincelles,

Ton jour ressuscité, plein d’odeurs sensuelles,

Afin d’ironiser le vent froid de la nuit !

 

22 août 2023

 

 

 

Modifié par Diane
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