Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

Le voyage immobile

Featured Replies

Posté(e)
Le voyage immobile
Le fleuve à cet endroit roule des eaux tranquilles,
Ondule en vagues souples au milieu des presqu'îles
Tandis que dans les cieux aux flocons nébuleux;
Au fur et à mesure et à la queue leu leu,
Passe le blanc troupeau des nuées en partance,
Dont j'enviais la belle et lente transhumance.
Médiocre dériveur, triste et désamarré
Je me suis affranchi des navrantes marées
Exécrant de la vie les torpeurs monotones
Tandis que tout s'éteint dans des teintes atones.
J'ai cru appareillé pour d'autres firmaments,
Des épaisseurs de brume et des embrasements
Sombres constellations, champs baignés de lumière
Où se mélangent l'eau, l'argile et la poussière.
Cantilènes épiques et cloches tubulaires
L'abscisse, l'ordonnée, le cercle et l'hémisphère.
Mais le ciel s'est vengé, jaloux de ses mystères.
Tandis que dérivait ma barque solitaire
Et que tout à vau l'eau dans l'onde se noyait; 
L'absinthe qui rend fou lentement distillée,
Pluies et neiges mêlées que les fleuves emportent
Se mêlaient à des flots pleins d'une écume morte.
Las de ce qui m'entoure, mes souvenirs s'effacent
La saison des morts passe. Chaque chose à sa place
 
(GB_14032021) 
 

Modifié par Filae77

Posté(e)
  • Semeur d’échos

J'aime ce quelque chose de lamartinien mêlé à Verlaine. De très beaux vers!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Très beau poème dont j'aime particulièrement les sonorités. Le titre interpelle le lecteur. et met en exergue le voyage intérieur. J'adore "l'eau dans l'onde se noyait". De ce voyage émerge une philosophie de la vie.

Posté(e)

Beau voyage, belles images et belle musique, on on aimerait qu'il ne s'arrête pas.

Posté(e)

Dans une versification impeccable filmé nous livre de très belle images.

Posté(e)
Il y a 13 heures, Filae77 a écrit :
Le voyage immobile
Le fleuve à cet endroit roule des eaux tranquilles,
Ondule en vagues souples et baigne les presqu'îles
Tandis que dans le ciel aux flocons nébuleux;
Au fur et à mesure et à la queue leu leu,
Passe le blanc troupeau des nuées en partance,
Dont j'enviais la belle et lente transhumance.

 

Un joli passage, qui invite au voyage.

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Il y a 14 heures, Filae77 a écrit :
Le fleuve à cet endroit roule des eaux tranquilles,
Ondule en vagues souples et baigne les presqu'îles

Incontestablement de la grande poésie introduite par ces deux vers aux accents hugoliens. Admiration!

Posté(e)
Il y a 21 heures, Filae77 a écrit :
Pluies et neiges mêlées que les fleuves emportent
Se mêlaient à des flots pleins d'une écume morte.
Las de ce qui m'entoure, mes souvenirs s'effacent
La saison des morts passe.

Magnifique. Un thème fascinant complice des poètes joliment dépoussiéré. Un grand bravo.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Bonsoir @Filae77 bien contente de vous relire ; votre voyage immobile m'a entraînée , je ne vais pas tout citer mais franchement, bravo !

 

Posté(e)

Quel plaisir de vous relire cher Filae.

Si chacun de vos silences doit se solder par une petite merveille, je saurais les endurer avec plus de plaisir 🙂 

Posté(e)

Bonjour Filae, j'ai infiniment aimé l'atmosphère qui se dégage de vos vers. Magnifique écriture.

Posté(e)

Simplement beau, scintillant, frais et profond...J'admire d'autant plus que je suis bien incapable d'un tel exercice poétique. 

Merci @Filae77

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 8 heures, Lastcap a écrit :

je suis bien incapable d'un tel exercice poétique

Merci infiniment, mais vous faites autant sinon plus, en étant vous même avec un style et une personnalité qui vous est propre, comme chacun(e) sur ce forum.

Gérard_filae77😋 

Modifié par Filae77

Posté(e)

Bonsoir cher G.

Magnifique ! On « baigne dans le poème de la mer » (expression que je me suis permis d’emprunter à l’auteur du bateau ivre) et dans celui des cieux.  On passe du royaume de Neptune au territoire des anges, ce que montre clairement le vers : «  L'abscisse, l'ordonnée, le cercle et l'hémisphère ».

Voilà un pastiche on ne peut plus réussi du bateau ivre d’Arthur Rimbaud : le lecteur suit votre  "médiocre dériveur" dans sa dérive avec tout autant d’émotion que le bateau  ivre  d’Arthur Rimbaud dans son échouage, les deux embarcations sont  d’ailleurs désignées par le pronom personnel « je ». 

Votre dériveur se délecte lui aussi  du nectar de Bacchus à en perdre la raison : « L'absinthe qui rend fou » tout comme le bateau ivre  d’Arthur Rimbaud (l’absinthe est la boisson préférée de Verlaine et de Rimbaud…).

Le pastiche est aussi beau que l’original !

L’expression proverbiale  « chaque chose à sa place »  qui clôt votre superbe poème et fait écho au titre explique l’oxymore : le voyage immobile. Il s’agit en fait d’un voyage qui se termine par la mort : « La saison des morts passe. Chaque chose à sa place ». La rime intérieure renforce cette alliance contradictoire  entre la mobilité et l’immobilité.

 Les mots à la rime mettent en évidence cette ambivalence,  les uns expriment le mouvement : « queue leu-leu », « partance », « transhumance », « emportent »,  « désamarré ». Les autres traduisent  l’immobilité et la mort : « tranquilles », «  monotones », « s'effacent »,  « se noyait », « poussière ».

Le caractère italique à la manière de Saint-John Perse évoque par ailleurs l’idée de mouvement et de déplacement.

Très belle réussite. Un grand bravo !

Posté(e)

Un superbe voyage intérieur, intime et universel à la fois. S'il s'agit d'un "voyage immobile", il réussit à nous transporter et à nous bouger poétiquement : ça déménage à l'instar du bateau ivre de Rimbaud...

Posté(e)

Bien articulée à voix haute, la lecture de ces vers nous procure un double plaisir, celui de la richesse de ses expressions sonores, ainsi que de son rythme sans défaut. Vous nous offrez donc un texte de haute tenue, subtilement allégorique, sans grandiloquence, et simplement beau. Merci.

Posté(e)

Je découvre.

Une chose est sûre: je reviendrai.

(le ";" du v.3 m'a un peu surpris.)

Posté(e)
  • Auteur

Chers Ami(e)s Poètes,

Bonjour et un grand merci, vous qui m'avez lu , commenté et étoilé. J'aimerais mériter tout-à-fait ces commentaires souvent trés flatteurs et qui me vont droit au cœur.  

@Lina @Joailes, @Sophie, @Eau de brume, @Kanth, @Danivan, @Lastcap, @Ouintenabdel, @Eathanor, @Frédéric Cogno,

@Jeep, @Seawulf, @Zanoni, @Thy Jeanin, @Darius, @Pehache

pour vous remercier une photo de Filae des chats jolis (je crois que parmi vous certain(e) s aiment les chats..

 

Gérard

 

 

 

P1010145.JPG

Posté(e)

Quand la musique est là, il suffit de s'abandonner au requiem. Merci Gérard pour la sérénité de ce crépuscule.

Posté(e)

Une mélancolie bien écrite avec des sentiments qui renvoient tous à la tristesse et à une sorte d'impuissance excepté ces trois mots qui dévoilent une liberté assumée envers et contre tout, même la mort : "je me suis affranchi". 

Le 14/03/2021 à 18:54, Filae77 a écrit :
Médiocre dériveur, triste et désamarré
Je me suis affranchi des navrantes marées
Exécrant de la vie les torpeurs monotones
Tandis que tout s'éteint dans des teintes atones.

 

  • 5 mois plus tard...
Posté(e)

Il se dégage une véritable magie de ces vers qui ondulent sans heurts. Une énième merveille vient encore enrichir votre répertoire. Bravo. Merci !

Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.