Poésie
183 poèmes dans cette catégorie
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Je veux peindre la France une mère affligée, Qui est entre ses bras de deux enfants chargée. Le plus fort, orgueilleux, empoigne les deux bouts Des tétins nourriciers ; puis, à force de coups D’ongles, de poings, de pieds, il brise le partage Dont nature donnait à son besson l’usage : Ce voleur acharné, cet Esaü malheureux, Fait dégât du doux lait qui doit nourrir les deux, Si que, pour arracher à son frère la vie, Il méprise la sienne et n’en a plus d’envie ; Lors son Jacob, pressé d’avoir jeûn
- Baroque
- Épique
- Poésie engagée
- Satire
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Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu'il m'en souvienne La joie venait toujours après la peine. Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure. Les mains dans les mains restons face à face Tandis que sous Le pont de nos bras passe Des éternels regards l'onde si lasse. Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure. L'amour s'en va c
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Automne malade et adoré Tu mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraies Quand il aura neigé Dans les vergers Pauvre automne Meurs en blancheur et en richesse De neige et de fruits mûrs Au fond du ciel Des éperviers planent Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines Qui n’ont jamais aimé Aux lisières lointaines Les cerfs ont bramé Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs Les fruits tombant sans qu’on les cueille Le v
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La dame avait une robe En ottoman violine Et sa tunique brodée d’or Était composée de deux panneaux S’attachant sur l’épaule Les yeux dansants comme des anges Elle riait elle riait Elle avait un visage aux couleurs de France Les yeux bleus les dents blanches et les lèvres très rouges Elle avait un visage aux couleurs de France Elle était décolletée en rond Et coiffée à la Récamier Avec de beaux bras nus N’entendra-t-on jamais sonner minuit
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Notre histoire est noble et tragique Comme le masque d'un tyran Nul drame hasardeux ou magique Aucun détail indifférent Ne rend notre amour pathétique Et Thomas de Quincey buvant L'opium poison doux et chaste A sa pauvre Anne allait rêvant Passons passons puisque tout passe Je me retournerai souvent Les souvenirs sont cors de chasse Dont meurt le bruit parmi le vent
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Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant La vie est variable aussi bien que l’Euripe Tu regardais un banc de nuages descendre Avec le paquebot orphelin vers les fièvres futures Et de tous ces regrets de tous ces repentirs Te souviens-tu Vagues poissons arques fleurs surmarines Une nuit c’était la mer Et les fleuves s’y répandaient Je m’en souviens je m’en souviens encore Un soir je descendis dans une auberge triste Auprès de Lu
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I Avant d’entrer dans ma cellule Il a fallu me mettre nu Et quelle voix sinistre ulule Guillaume qu’es-tu devenu Le Lazare entrant dans la tombe Au lieu d’en sortir comme il fit Adieu Adieu chantante ronde Ô mes années ô jeunes filles II Non je ne me sens plus là Moi-même Je suis le quinze de la Onzième Le soleil filtre à travers Les vitres Ses rayons font sur mes vers Les pitres Et dansent sur le papier J’écoute Quelqu’un qui frappe du pied La voûte III Dans une fosse comme un ours Ch
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À André Billy Le chapeau à la main il entra du pied droit Chez un tailleur très chic et fournisseur du roi Ce commerçant venait de couper quelques têtes De mannequins vêtus comme il faut qu’on se vête La foule en tous les sens remuait en mêlant Des ombres sans amour qui se traînaient par terre Et des mains vers le ciel plein de lacs de lumière S’envolaient quelquefois comme des oiseaux blancs Mon bateau partira demain pour l’Amérique Et je ne reviendrai jamais Avec l’argent gagné dans les pra
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Sur le vieux pont verdi de mousse, Et tout rongé de lichens roux, Deux amants parlaient à voix douce : Et c'était nous ! Lui, penché tendrement vers elle, Lui disait l'amour et la foi Qu'il portait en son cœur fidèle ; Et c'était moi ! Elle semblait, pâle, incertaine, Tremblante et pourtant sans effroi, Écouter une voix lointaine ; Et c'était toi ! Sur le vieux pont toujours le même, Deux amants ont pris rendez-vous : Il lui dit, elle croit, qu'il l'aime ; Ce n'e
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Vous surtout que je plains si vous n'êtes chéries, Vous surtout qui souffrez, je vous prends pour mes sœurs : C'est à vous qu'elles vont, mes lentes rêveries, Et de mes pleurs chantés les amères douceurs. Prisonnière en ce livre une âme est contenue. Ouvrez, lisez : comptez les jours que j'ai soufferts. Pleureuses de ce monde où je passe inconnue, Rêvez sur cette cendre et trempez-y vos fers. Chantez ! Un chant de femme attendrit la souffrance. Aimez ! Plus que l'amour la haine fait souffrir.
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Si j’ai le droit de dire, en français aujourd’hui, Ma peine et mon espoir, ma colère et ma joie Si rien ne s’est voilé, définitivement, De notre rêve immense et de notre sagesse C’est que ces étrangers, comme on les nomme encore, Croyaient à la justice, ici-bas, et concrète, Ils avaient dans leur sang le sang de leurs semblables ces étrangers savaient quelle était leur patrie. La liberté d’un peuple Oriente tous les peuples Un innocent aux fers enchaîne tous les hommes et, qui ne se refuse
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À Lucien Marcheix. Je porte des douleurs plus vieilles que moi-même, Mon cœur est encombré de chagrins hérités, Et je sens quelquefois mon front devenir blême De remords que je sais n'avoir pas mérités ; L'angoisse, les regrets, les tares, les faiblesses De ceux d'où nous sortons roulent à travers nous, Pour passer, augmentés de nos propres détresses, Par le cœur des enfants bercés sur nos genoux ; Un fleuve plus chargé de hontes et d'alarmes Descend en emportant dans ses érosions Des oppr
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Tu croîs dans ma Provence, ô divine Immortelle. L'hiver, sur les coteaux que le flot bleu dentèle, On abrite tes plants comme on cache un trésor ; Tes tiges en avril jaillissent sur la touffe, Et quand les blés sont mûrs, aux mois où l'on étouffe, Ta plante grise érige en bouquets tes fleurs d'or. Tous les abandonnés, fils, maîtresses ou mères, Vont, croyant au retour des bonheurs éphémères, Dédier tes bouquets à de chers endormis ; On te connaît au loin, mais tressée en couronne, Non pas quand
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Nice, trop petite naguère, S'agrandit, libre de tout mur, Ni port marchand, ni port de guerre, Toute blanche au bord de l'azur. Nice a pour orgueil d'être blanche Dès que luit le soleil levant ; Les vaisseaux vont à Villefranche Qui veulent s'abriter du vent. Son quai nouveau n'est que la plage. Qu'importe un navire en danger ? Pourvu que dans son vert feuillage Blanchisse sa fleur d'oranger ; Pourvu que le brick de plaisance, Le brick élancé de mylord, Lui du moins, tienne avec aisance Dans
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Cigales, mes sœurs, Qu'importe à nos cœurs La richesse des granges pleines ? Pourvu que nos voix Sonnent par les bois Quand midi flambe sur les plaines ? Laissons la fourmi Se glisser parmi L'amas gisant des blondes gerbes, Et les noirs grillons, Hôtes des sillons, Sautiller dans l'ombre des herbes. Heureuses de peu, Pourvu qu'un ciel bleu Resplendisse à travers les branches, Nous, nous comptons sur La manne d'azur Dont se nourrissent les pervenches. Par les froids hivers Nous n'allons pas vers