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Apparition


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Zanoni

La brune adolescente qui vers moi s'avançait

Rejoignait dans mon coeur l'image du bébé

Qui, depuis tant de temps, y demeurait gravée.

De douze années de rêve, elle me réveillait.

 

Parée de ses quinze ans, souriante et belle,

Elle me tendit la main et m'appela "Monsieur".

J'aurais voulu l'embrasser, la prendre dans mes bras,

Lui dire que je l'aimais, l'entendre dire"Papa".

Mais je serrai sa main, l'appelai "Mademoiselle".

 

Ses cheveux coiffés courts encadraient son visage.

Ses yeux malicieux se posèrent sur moi.

Je me voyais en eux comme si, en un miroir,

Mes yeux me regardaient et mes yeux me voyaient.

 

Son séduisant visage tant m'avait captivé

Que j'ai tout oublié de ce qui la vêtait

Si ce n'est ses souliers, délicats et désuets

Qu'une petite bride à ses pieds retenait.

 

Aurais-je dû te parler,te dire qui j'étais ?

Mais pour nous le destin avait d'autres desseins

Et nous devions attendre de nombreuses années

Pour qu'en des circonstances par ses soins établis,

Nous retrouver vraiment, il soit enfin permis.

 

Je crois que ce jour-là, si j'avais révélé

Le lien particulier qui moi t'unissait,

Nos relations futures auraient été changées.

Un autre scénario nous était réservé.

Aux arrêts du destin, que pouvons-nous changer ?

 

Nous parlâmes de tout et parlâmes de rien.

Que pouvais-je te dire, que pouvais tu répondre ?

Par douze années de vide, la vie nous séparait.

Le seul sujet sérieux, je ne pouvais l'aborder.

 

Il m'apparut alors qu'il me fallait partir.

Et la fragile main qu'en ma main je tenais,

Il me fut malaisé de la laisser me fuir.

Par un simple "au revoir", nous nous sommes quittés.

J'emportais avec moi ta lumineuse image

A celle du bébé, dans mon coeur associée.

 

Bien des années plus tard, enfin je retrouvais

La douce adolescente en femme transformée.

Belle toujours et brune et souriante et gaie.

Et depuis ce jour-là, dans ma tête, un ballet

D'images obsédantes ne cesse de tourner,

Celles d'une adolescente, d'une femme, d'un bébé.

Entraîné par la ronde folle de mes pensées

Comment trouver la place qui m'était réservée ?

La place du Papa qui me fut usurpée !

.

 

  • Aimé 2
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Margueritte C.

Douloureuse histoire de la vie. J'ai particulièrement  aimé

Il y a 1 heure, Zanoni a dit :

La brune adolescente qui vers moi s'avançait

Rejoignait dans mon coeur l'image du bébé

Qui, depuis tant de temps, y demeurait gravée.

De douze années de rêve, elle me réveillait.

 

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Cardona

Superbe poésie ! sur un sujet tellement délicat et malheureusement très courant.

Bravo j'en ai eu la chair de poule en le lisant. Très émouvant.

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Seawulf
Il y a 20 heures, Zanoni a dit :

Aurais-je dû te parler,te dire qui j'étais ?

Mais pour nous le destin avait d'autres desseins

Et nous devions attendre de nombreuses années

Pour qu'en des circonstances par ses soins établis,

Nous retrouver vraiment, il soit enfin permis.

 

Je crois que ce jour-là, si j'avais révélé

Le lien particulier qui moi t'unissait,

Nos relations futures auraient été changées.

Un autre scénario nous était réservé.

Aux arrêts du destin, que pouvons-nous changer ?

Drame du quotidien. Phénomène sociétal. Ils restent toujours en nous des traces de ces chemins perturbés. 

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