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Il ne m'aime pas


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Il ne m'aime pas.
De quatrains en alexandrins gominés
De rimes embrassées en assonances genrées...
 
Il ne m'aime pas.
De formules oniriques en poésie didactique
De roulements de mécanique en contes psalmodiques...
 
Il ne m'aime pas.
De balades lubriques en versets dithyrambiques,
De sonnets sonnants et trébuchants, parfois magiques
En pamphlets pathétiques, laconiques ou sadiques...
 
Cette poésie mécanique n'a rien de poétique
A chaque vers, ma sensibilité louche
Je n'ai pas la même maîtrise technique,
Mais à la fin de l'envoi, je touche:
 
Je ne l'aime pas.
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Stephane94

Je connais ton aversion pour le classique et ce poème le démontre bien. Oui, trop de contraintes métriques tuent parfois la poésie lorsque les vers deviennent trop mécaniques. Il faut savoir allier la forme et le fond et c'est un exercice très difficile.

J'ai particulièrement apprécié le vers suivant : "Mais à la fin de l'envoi, je touche", connaissant à quoi il fait référence et au fait que j'ai écris il y a quelque temps un sonnet en néo-classique qui parle de la fameuse "Botte de Nevers", d'où la similitude.

Joli travail de composition, bravo @Notabene

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Féludorée

Je ne sais pas s'il est de bon ton de rire, mais j'ai trouvé ton poème très drôle, surtout les "roulements de mécanique". Et puis la référence à l'escrime à la fin explique la grâce et l'élégance de tes strophes qui tels les mouvements du fleuret entre estoc et taille touchent ton adversaire. 

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Joailes

@Notabene et toujours me revient cette lettre à un jeune poète que je relis sans cesse

"Rentrez en vous-même, cherchez la raison qui, au fond, vous commande d'écrire, creusez en vous-même jusqu'à trouver la raison la plus profonde et si, de ce retournement vers l'intérieur, de cette plongée vers votre propre monde, des vers viennent à surgir, vous ne penserez pas à demander à quiconque si ce sont de bons vers".

(Rainer Maria Rilke)

et tout est dit. 

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Pierre Brandao

Il y a d'excellents vers libres comme il existe d'excellents poèmes classiques. Rimbaud s'est essayé aux uns comme aux autres avec succès, et c'est l'évolution logique d'une base "travaillée" qui nous permet de libérer avec musicalité notre verbe et notre verve poétiques.

Cependant, dans ce poème qui rejette la "règle", et qui par définition se voudrait libre, pourquoi user de rimes, l'une des obligations du vers classique ? Est-ce une forme d'ironie pour pousser à rire ?

Merci pour cet instant de partage et de réflexions 🙂

 

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Il y a 9 heures, Pierre Brandao a dit :

Il y a d'excellents vers libres comme il existe d'excellents poèmes classiques. Rimbaud s'est essayé aux uns comme aux autres avec succès, et c'est l'évolution logique d'une base "travaillée" qui nous permet de libérer avec musicalité notre verbe et notre verve poétiques.

Cependant, dans ce poème qui rejette la "règle", et qui par définition se voudrait libre, pourquoi user de rimes, l'une des obligations du vers classique ? Est-ce une forme d'ironie pour pousser à rire ?

Merci pour cet instant de partage et de réflexions 🙂

 

Pourquoi utiliser de la rime? Parce que j'aime démesurément jouer avec les mots et faire des rimes est une sorte de jeu 🙂

Je ne rejette pas la poésie classique  dans le sens où j'aime énormément les poètes reconnus en leur temps (pas tous mais beaucoup), mais je pense qu'à chaque époque correspond son "type" de poésie... et que celui qui s'évertue aujourd'hui de faire comme Rimbaud, Baudelaire, Apollinaire, etc, etc... sans arriver à les égaler (logiquement) n'exprime pas -à proprement parler- la poésie qu'il a en lui. Je ne sais pas si je suis claire... En matière de poésie, je pense qu'il vaut mieux travailler le fond (=faire passer un message à portée poétique) que la forme qui en soit n'est "juste" qu'une technique d'écriture parmi d'autres... et de mon point de vue, n'est pas poète celui qui sait écrire à la perfection un sonnet par exemple, même si je conçois que cela reste une prouesse car l'exercice n'est pas aisé.


Pour faire vivre la poésie aujourd'hui, je pense qu'il ne faut pas se baser sur des formes des siècles passés, s'entêter à cela de mon point de vue fait mourir la poésie à petit feu car ne cela ne génère pas l'intérêt d'un large public... La poésie n'est pas ringarde et c'est aux personnes qui l'aiment de le prouver... N'est pas poète qui veut et je pense qu'il faut avant tout écrire avec le coeur.

 

En tous cas, merci de votre passage 🙂 et bonne journée!

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Il y a 10 heures, joailes a dit :

@Notabene et toujours me revient cette lettre à un jeune poète que je relis sans cesse

"Rentrez en vous-même, cherchez la raison qui, au fond, vous commande d'écrire, creusez en vous-même jusqu'à trouver la raison la plus profonde et si, de ce retournement vers l'intérieur, de cette plongée vers votre propre monde, des vers viennent à surgir, vous ne penserez pas à demander à quiconque si ce sont de bons vers".

(Rainer Maria Rilke)

et tout est dit. 

Tu as raison, tout est dit 🙂 Et moi aussi je t'aime 🙂
Et même si l'on sait que l'on ne peut pas plaire à tout le monde, cela touche toujours forcément à notre sensibilité quand cela arrive....

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Il y a 11 heures, Féludorée a dit :

Je ne sais pas s'il est de bon ton de rire, mais j'ai trouvé ton poème très drôle, surtout les "roulements de mécanique". Et puis la référence à l'escrime à la fin explique la grâce et l'élégance de tes strophes qui tels les mouvements du fleuret entre estoc et taille touchent ton adversaire. 

A la fin, je fais référence à Cyrano de Bergerac que j'aime beaucoup et que j'ai adapté à ma sauce 😉 ... Et d'ailleurs, il a dit "je ne veux pas être poète, je veux être le poème".... Je crois que cela me correspond assez en fait, l’exubérance en moins 😉

  • Merci 1
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Il y a 12 heures, Stephane94 a dit :

Je connais ton aversion pour le classique et ce poème le démontre bien. Oui, trop de contraintes métriques tuent parfois la poésie lorsque les vers deviennent trop mécaniques. Il faut savoir allier la forme et le fond et c'est un exercice très difficile.

J'ai particulièrement apprécié le vers suivant : "Mais à la fin de l'envoi, je touche", connaissant à quoi il fait référence et au fait que j'ai écris il y a quelque temps un sonnet en néo-classique qui parle de la fameuse "Botte de Nevers", d'où la similitude.

Joli travail de composition, bravo @Notabene

J'aime le classique "d'époque", ce que je n'aime pas c'est le classique copié et pas vraiment égalé...
Pour le reste, nous sommes d'accord.

Merci Stéphane pour tes commentaires toujours avisés 🙂

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  • Administrateur
Eathanor

Tout en nous faisant sourire sur le propos, tu parviens à engendrer une réflexion sur ce qui serait ou ne serait pas de la poésie. Il est bien dommage que je ne puisse plus pour le moment déposer des coups de cœur car ce poème le mériterait amplement. Je tâcherai de revenir dessus.

  • Merci 1
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Oui une jolie petite boite à musique aux rouages bien huilés peu avoir son charme, ce n'est pas le même que celui d'un Jacques Prévert ou d'un Antoine de Saint-Exupéry. Merci pour ce poème avec de belles sonorités et un texte qui touche.

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Les cœurs brisés produisent des merveilles, et ta référence à l'un d'eux n'est pas anodine. Le dernier vers interrompt cet adagio en retournant joliment le rôle de la victime... Bravo pour la forme et le fond ! 😉

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Pierre Brandao

En vérité, Notabene, je partage en bien des points votre vision de la poésie, comme le fait que le poème doit d'abord venir du coeur et du ressenti plutôt que de la forme. Nous ne sommes plus à jouer avec les Oulipiens bien qu'ils aient servi la cause avec ferveur et même intelligence. Leur volonté était bien de faire sortir de son carcan le vers classique, habillé dans un tailleur ultra serré (bien que son charme opère encore lol).

Quant à se servir de la forme pour donner au poème une musicalité propre, même au vingt-et-unième siècle, c'est possible encore. J'espère vous le prouver par la suite, en exposant des poèmes de cette essence.

Le partage, il n'y a rien que tel, et vous dire mon ressenti ne veut pas dire que je n'apprécie pas votre plume, loin de là 🙂

 

  • Merci 1
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Il y a 3 heures, Ludovic H. a dit :

Les cœurs brisés produisent des merveilles, et ta référence à l'un d'eux n'est pas anodine. Le dernier vers interrompt cet adagio en retournant joliment le rôle de la victime... Bravo pour la forme et le fond ! 😉

Merci beaucoup Ludovic 🙂

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il y a une heure, Pierre Brandao a dit :

En vérité, Notabene, je partage en bien des points votre vision de la poésie, comme le fait que le poème doit d'abord venir du coeur et du ressenti plutôt que de la forme. Nous ne sommes plus à jouer avec les Oulipiens bien qu'ils aient servi la cause avec ferveur et même intelligence. Leur volonté était bien de faire sortir de son carcan le vers classique, habillé dans un tailleur ultra serré (bien que son charme opère encore lol).

Quant à se servir de la forme pour donner au poème une musicalité propre, même au vingt-et-unième siècle, c'est possible encore. J'espère vous le prouver par la suite, en exposant des poèmes de cette essence.

Le partage, il n'y a rien que tel, et vous dire mon ressenti ne veut pas dire que je n'apprécie pas votre plume, loin de là 🙂

 

Oui, les Oulipiens ont permis, je pense, de décrasser bien des rouages.

Quant à la musicalité, bien sûr qu'elle opère encore aujourd'hui et opèrera encore longtemps je l'espère. Je vais aller vous lire avec intérêt 🙂

Et merci pour cet échange 🙂

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@Notabene Personnellement, je ne me pose pas ce genre de questions. J'aime autant les formes libres que les classiques. Certains des auteurs sur ce site proposent des textes de différentes formes et avec beaucoup de réussite (je ne te donne pas de noms, mais tu les connais).

Bien sûr, quelques intégristes sont venus faire la leçon dans la communauté, mais ils sont repartis la qu... entre les jambes😉

 

A part ça, ton texte m'a plu.

 

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Il y a 20 heures, Yguemart a dit :

@Notabene Personnellement, je ne me pose pas ce genre de questions. J'aime autant les formes libres que les classiques. Certains des auteurs sur ce site proposent des textes de différentes formes et avec beaucoup de réussite (je ne te donne pas de noms, mais tu les connais).

Bien sûr, quelques intégristes sont venus faire la leçon dans la communauté, mais ils sont repartis la qu... entre les jambes😉

 

A part ça, ton texte m'a plu.

 

Coucou Yguemart, ce que personne n'a compris de mon poème est écrit dans le titre: il ne m'aime pas car je n'écris pas selon lui de la poésie digne de ce nom 😉

Passe une bonne journée!

  • Merci 1
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Papy Adgio

Comme souvent, je rejoins Yguemart : quelle que soit leur forme j'aime les vers qui ont une âme. Car en fait, quoi de plus simple que d'écrire un alexandrin ? Peu de choses. Mais combien d'alexandrins ont une âme ? Bien peu ! Alors, on le sait ici, je me moque de la forme, je cherche des âmes et tu en es une qui fait effectivement mouche à chacun des textes que tu nous offres. Alors merci...

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