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Cisco

La chevelure des maléfices

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Cisco

Aujourd’hui Suzanne a quitté le bord de sa rivière ensorcelée, arrivée en ville elle marche gaiement. Elles se transforme et sans perdre son charme remonte l’avenue du Maine.


Suzanne aime les hommes et ils le lui ont bien rendu. 
Suzanne frivole se découvre aux inconnus.
Suzanne a quatre enfants tous de pères différents.
Suzanne est libre comme ses cheveux qui volent au vent.
Suzanne a rendez-vous chez Edouard un coiffeur aux doigts de fée, c’est un bel homme et comme d’autres un être blessé, Suzanne a su l’apprivoiser.


Là, aux abords de l’école, elle ouvre la porte du salon.
— Entrez Suzanne, venez vous asseoir tout près de moi !
À chacun de ses rendez-vous, il lui fait la cour, il commence par une conversation légère pleine d’anecdotes. C’est qu’il aime prendre son temps, il n’a d’yeux que pour sa chevelure et retarde le moment délicieux où il plongera ses mains dedans.
Il se penche sur elle, l’effeuille, retire brindilles et feuilles mortes parmi ces fils d’or, la magie des lumières opère. Il regarde ces petits êtres lucioles apparaitre et disparaitre dans la chevelure. Ils sont nombreux et leurs douces voix chantent une comptine qui l’ensorcelle.

Les elfes scintillent et murmurent, « à celui qui l’aimera, elle se donnera et enfantera.
Quand son fruit d’amour sera éclos pour toujours, elle perdra ses sentiments et son amant. »

Edouard s’éprend, mais se reprend, Edouard aux mains d’agent, le beau mâle office. Sans le savoir comme à chacun de leurs rendez-vous, il coupera court au maléfice.

Suzanne tient le miroir, c’est la fin de l’école, ses enfants sont derrière la vitrine, ils se penchent et la regardent, ils se penchent comme ça toujours.

Maintenant, Suzanne rêve à Léonard, c’est un poète, ils ont rendez-vous cet après-midi à l’heure du thé. 
Dans son rêve elle est nue, Léonard est son peintre et son héros. Il se penche vers elle, elle frissonne. Il a su peindre son corps parfait. Il fait durer son plaisir, l’effleure doucement du bout de ses pinceaux.

Edited by Cisco
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Joailes

Super, @Cisco ! Cette allusion à "Edward aux mains d'argent" est on ne peut plus bien tournée ! J'aime !! Et Léonard serait da Vinci que cela ne m'étonnerait point ... Cette créature, cette Suzanne serait-elle donc une certaine Mona ? 🙂 

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Cisco

Ah ah 🙂 non non non, @joailes

oui pour Edouard aux mains d'argent. Pour Léonard 

il était canadien

poète et chanteur très connu

notement pour sa chanson Suzanne

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Joailes

oups ... Léonard Cohen, pardon !! 🙂 Mille millions de mille sabords, un de mes chanteurs préférés ... 

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Guest

J'aime beaucoup cette référence à  Léonard Cohen.

Merci @Cisco, c'est superbe !

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Eathanor

Très sensible à l'oeuvre du grand Cohen, je ne pouvais pas rester indifférent à votre texte que je vois comme un bel hommage à son souvenir.

  • Merci 1

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