Alcibiade

Des voix qui passent

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Alcibiade

Frapper les murs sans trouver ses poings
S’éloigner toujours plus du sol dans un silence où plie la ferraille

 

Le ventre où est-ce ?
Quel pays ?

 

Parler sans cesse sans voir sans savoir sans renoncer à exister
Dans le cou mille petits éclats de verre à la place de l’amour

 

Ma sœur est-ce encore toi ?
Née d’une grâce et d’un frémissement du hasard
Pour un long étouffement sur un pied coupé

 

Que fallait-il faire ?
En quoi avons-nous failli ?
Quelles fautes payer ?

 

Avaler le temps
Disparus les jeux
Frontières du visible et de l’invisible noyées sous tes cheveux

 

Tes yeux partis
Pas là

 

Perdue la peau
Abîmés les mots qu’on a trouvé ensemble

 

Le tableau est vide

 

L’air s’écoule comme un filet poisseux
Les manches flottent au vent
Le soleil posé bancal au coin du ciel

 

Ton regard de travers se pose sur les barrières d’où reculent les troupeaux assoiffés

 

Le sang a séché comme un linge oublié

 

Quelles paroles  ?
Plus d’écoute
Hors du temps

 

Finir sans finir
Car je dois te porter comme une enfant blessée
Que fixe un ciel absent

 

L’encre a coulé à force de voir tes larmes creuser ta peau

 

Tu es là-bas maintenant ma sœur
Et ça doit être bien ça
Je suppose

 

Le mal qui grelotte en toi
Celui avec lequel tu tiens tes jours vides
Sur la toile d’un rideau
Ils connaissent

 

On a jeté l’espoir au ciel
A la joue du bon Dieu
Tendra-t-il l’autre joue ?

 

On n’appelle plus notre cœur
Pour forcer ta porte close
On ne sait plus faire
On ne sait plus où mène le chemin qui avance vers toi
L’arbre est sec et sonne le glas de ses branches mortes

 

Où passe la lumière aux longs bras calmes ?
Existe-t-il encore
Ce courant absorbé par tes branches
Nourrissant le fleuve sous la terre qui éclate ?

 

L’horizon écrase aussi celui qui se tourne sans cesse vers l’origine

 

Ton corps s’épuise dans ses chutes
En toi casse le mouvement qui te redresse
Sursauts qui effacent ton visage de longues absences

 

Ta trace file le temps
Et s’échappe vers une cime oubliée

 

Frapper les murs sans trouver ses poings
S’éloigner toujours plus du sol dans un silence où plie la ferraille

  • Aimé 4

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joailes

Un texte très fort qui mérite plusieurs lectures. 

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Margueritte C.

Poème prenant, un chant d'amour poétique, un chant universel, intemporel pour tenter de lutter contre l'inéluctable. Mais l'inéluctable est irréversible.

Merci.

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Fleur de poème

Comme toujours beaucoup de puissance dans votre texte et je partage l'opinion de Joailes, il faudra plusieurs lectures pour en percer toute la profondeur.

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Eathanor

Ce poème me parait contenir de multiples tiroirs dont certains avec des doubles voir des triples-fond. Dans ces conditions, plusieurs lectures s'imposent et encore n'est-il pas certain de découvrir tous les tiroirs. Très fort.

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N'Silina

Un vrai coup de coeur pour moi, quelque chose qui transperce et fait rythme à pleine chair !

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Mafalda

Tes mots pleurent Alcibiade et je ne sais pourquoi mais je les ressens.

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Frédéric Cogno

Vous avez ce don d'exprimer sans être abscons le désenchantement. Je rejoins Joailes il faut plusieurs lectures pour ainsi capturer les petits messages déposés sur la grève. 

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Alcibiade

Merci à vous pour ces retours.

J'ai un peu hésité à publier ce texte très personnel. Mais à quoi bon écrire si c'est pour se cacher ?

Je me rends compte aussi que je publie sur ce site la lie de ce que les jours déposent en moi et qui ne ressemble que très peu à la personne enjouée et blagueuse que je suis au quotidien.

Un jour mes mots s'eclairciront peut-être aussi. 

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Seawulf
Le 07/12/2018 à 18:19, Alcibiade a dit :

Avaler le temps
Disparus les jeux
Frontières du visible et de l’invisible noyées sous tes cheveux

 

Je rejoins déjà exprimés. 

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